Imaginez un peu : demain, votre voiture électrique flambant neuve pourrait être encore plus européenne qu'elle ne l'est déjà. Pourquoi ? Parce qu'Ursula Von der Leyen, la présidente de la Commission européenne, milite pour une idée qui prend de l'ampleur : une « préférence européenne » dans certains secteurs stratégiques.
Un virage stratégique pour l'Europe
En quelques mots, l'idée est simple. Pour soutenir l'industrie locale, les entreprises bénéficiant de fonds publics devront se fournir majoritairement en composants européens. Une manière de booster le « Made in Europe », surtout dans des domaines clés comme l'industrie automobile. Dans une lettre adressée aux dirigeants des Vingt-Sept, Ursula Von der Leyen a souligné la nécessité pour l'Europe de défendre ses intérêts stratégiques. Un peu de protectionnisme à la sauce européenne, en somme.
Le débat s'enflamme entre les États membres
Les discussions autour de cette proposition ne manquent pas de piquant. La France est en première ligne pour soutenir cette initiative, voyant là une opportunité de protéger sa filière des batteries pour voitures électriques. Mais voilà, l'Allemagne n'est pas du même avis. Elle craint que cette politique ne fasse grimper les coûts pour ses constructeurs automobiles, déjà sous pression. C'est un véritable bras de fer qui s'engage au sein de l'Union.
La voie de l'harmonisation européenne
Jeudi prochain, un sommet sur la compétitivité se tiendra en Belgique, et le sujet sera chaudement débattu. La Commission avait prévu de présenter un projet de loi sur la question, mais sa présentation a déjà été repoussée deux fois. Pourquoi ? Les avis divergent trop. Un peu comme si on essayait de faire avancer un troupeau de chats.
La France et l'Allemagne en opposition
La France, fervente défenseure de cette clause, a un allié de taille en la personne de Stéphane Séjourné, vice-président de la Commission. Dans une tribune, il a plaidé avec plus d'un millier de chefs d'entreprises pour l'adoption de cette préférence européenne. De l'autre côté, l'Allemagne, en tête des opposants, s'inquiète pour ses industries. Pas facile de trouver un terrain d'entente quand les enjeux économiques sont aussi importants.
Une vision pour l'avenir
En fin de compte, ce débat pose une question essentielle : comment l'Europe peut-elle rester compétitive tout en soutenant ses propres industries ? La réponse ne sera pas simple, mais ce qui est certain, c'est que les décisions prises dans les prochains mois pourraient bien redessiner le paysage économique européen pour les années à venir.
La "préférence européenne" est une clause qui obligerait les entreprises bénéficiant de fonds publics à se fournir principalement en composants européens.
La France y voit une opportunité pour protéger ses industries locales, notamment dans le secteur des batteries électriques, tandis que l'Allemagne craint une hausse des coûts pour ses fabricants.
Le projet de loi devait être présenté le 25 février, mais il a été repoussé en raison des désaccords entre les États membres.