Le tribunal de commerce de Toulouse a accordé un délai supplémentaire à l’usine Fibre Excellence de Saint-Gaudens (Haute-Garonne), lui offrant jusqu’au 24 août pour déposer une offre de reprise. Cette décision intervient au lendemain de la liquidation judiciaire du site jumeau de Tarascon (Bouches-du-Rhône), deux établissements qui emploient chacun 270 salariés. Selon BFM Business, le tribunal a justifié cette mesure par la réception d’une « offre indicative et préliminaire » accompagnée d’un dépôt de deux millions d’euros, présentée comme une « potentielle avance sur le financement de l’éventuel investissement ».
Ce qu'il faut retenir
- Le tribunal de commerce de Toulouse accorde un délai jusqu’au 24 août 2026 pour déposer une offre de reprise de l’usine Fibre Excellence de Saint-Gaudens.
- Une liquidation judiciaire est prévue pour le 15 septembre 2026 si aucune offre n’est validée, le site étant considéré comme « dans une situation irrémédiablement compromise ».
- Une offre est déjà en cours de formalisation par un industriel alsacien, associé à un papetier belge et à Engie, avec un soutien financier de la région Occitanie et du département de Haute-Garonne à hauteur de cinq millions d’euros chacun.
- L’autre site du groupe, situé à Tarascon, a été placé en liquidation judiciaire la veille, privant 270 emplois d’une perspective de maintien.
- Les offres seront examinées à huis clos le 8 septembre 2026, et la décision sera communiquée dans les jours suivants.
Un sursis fragile pour l’usine de Saint-Gaudens
Le tribunal de commerce de Toulouse a choisi de temporiser pour l’usine de Saint-Gaudens, contrairement à celle de Tarascon, liquidée judiciairement dès le 8 août. La décision du 7 août 2026 marque un répit pour les 270 salariés du site haut-garonnais, dont la situation était jugée « irrémédiablement compromise » sans perspective de redressement. Le sursis accordé jusqu’au 24 août s’accompagne toutefois d’une échéance implacable : si aucune offre de reprise n’est retenue, la liquidation judiciaire sera prononcée le 15 septembre. Un calendrier serré, qui laisse peu de marge à l’incertitude.
Le tribunal a précisé avoir reçu une offre préliminaire, déposée par un industriel anonyme, accompagnée d’un chèque de deux millions d’euros. Ce montant, présenté comme une « avance sur le financement de l’investissement », pourrait servir de levier pour convaincre les instances judiciaires. Pour autant, le suspense reste entier : une autre société pourrait également déposer une proposition de reprise avant la date limite, laissant planer le doute sur l’issue finale.
Les salariés de Saint-Gaudens entre soulagement et vigilance
Sur place, depuis le 21 juin, les salariés occupent l’usine dans l’espoir d’un dénouement favorable. Leur réaction à l’annonce du sursis a été teintée de prudence, malgré un soulagement palpable. «
On est satisfait de ce sursis, on respire un peu mieux», a déclaré Sébastien Oustric, délégué syndical de l’établissement. Il a souligné le sérieux du repreneur potentiel, un industriel alsacien en partenariat avec des acteurs reconnus du secteur. «
C’est un industriel sérieux, allié à des partenaires solides», a-t-il ajouté, évoquant l’implication de Soprema, un groupe alsacien, associé au papetier belge VPK Group et à Engie pour la partie énergétique.
Ce consortium bénéficie déjà du soutien des autorités locales : la région Occitanie et le département de Haute-Garonne ont chacun annoncé un apport financier de cinq millions d’euros, démontrant leur volonté de sauver un site industriel emblématique de la région. Une mobilisation qui pourrait s’avérer décisive dans les semaines à venir, alors que les salariés attendent avec anxiété le verdict du 8 septembre.
Un contexte industriel déjà marqué par des fermetures
L’usine de Saint-Gaudens n’est pas un cas isolé dans le paysage industriel français. La veille, celle de Tarascon a été placée en liquidation judiciaire, privant ses 270 salariés de tout espoir de maintien de l’emploi. Deux sites du même groupe, deux destins similaires, mais des issues encore incertaines pour l’un d’eux. Ces fermetures s’inscrivent dans une tendance plus large de difficultés pour l’industrie papetière en Europe, confrontée à la concurrence internationale et à la baisse de la demande en pâte à papier.
Selon les observateurs du secteur, la situation de Fibre Excellence illustre les défis auxquels font face les industries traditionnelles, contraintes de se réinventer ou de disparaître. Les repreneurs potentiels devront non seulement proposer un plan viable économiquement, mais aussi garantir la pérennité des emplois sur le long terme — une équation complexe dans un contexte économique tendu.
La décision du tribunal de commerce de Toulouse pourrait ainsi dessiner le futur industriel de Saint-Gaudens, tout en servant d’exemple pour d’autres sites en difficulté. Reste à savoir si les partenaires industriels et financiers parviendront à concilier viabilité économique et sauvegarde de l’emploi — un pari dont l’enjeu dépasse largement les frontières de la Haute-Garonne.
Les offres de reprise doivent être déposées avant le 24 août 2026. Elles seront examinées le 8 septembre lors d’une audience à huis clos. Une réponse sera ensuite communiquée dans les jours suivants. Si aucune offre n’est validée, la liquidation judiciaire sera prononcée le 15 septembre.
Un industriel alsacien, Soprema, s’est associé au papetier belge VPK Group et à Engie pour l’énergie. Leurs propositions bénéficient du soutien financier de la région Occitanie et du département de Haute-Garonne, chacun injectant cinq millions d’euros.