Dans les monts Métallifères, à une soixantaine de kilomètres au sud de Leipzig, la ville de Zwickau incarne plus d’un siècle d’histoire automobile allemande. Selon Courrier International, c’est ici que tout a commencé pour Audi – dont le fondateur, August Horch, y a lancé sa première voiture en 1904. Une reconstitution de la Horch 14-17 PS, exposée devant le musée August-Horch, rappelle ce passé glorieux. Pourtant, aujourd’hui, l’usine emblématique de Volkswagen, qui emploie encore 284 000 salariés dans le monde, se retrouve au cœur d’une crise sans précédent pour le groupe.

Ce qu'il faut retenir

  • Zwickau est un site historique d’Audi et de Volkswagen, où furent produites des voitures de luxe avant-guerre, des Trabant sous l’ère est-allemande, puis des modèles emblématiques comme la Polo, la Golf ou l’ID.3 Neo après la réunification.
  • La direction de Volkswagen juge le site trop coûteux et envisage des suppressions massives d’emplois, dans un contexte où le groupe doit réduire ses coûts de 10 milliards d’euros d’ici 2028.
  • Plusieurs réunions extraordinaires ont eu lieu fin août 2025 pour discuter de l’avenir de l’entreprise, alors que le secteur automobile allemand traverse une crise structurelle liée à la transition vers l’électrique.
  • La Saxe, comme Stuttgart, fait partie des berceaux de l’industrie automobile allemande, mais son avenir dépend désormais des choix stratégiques de Volkswagen.
  • La suppression de 50 000 postes supplémentaires, évoquée en interne, pourrait concerner des sites comme Zwickau, où la production de véhicules thermiques est progressivement abandonnée.

Un symbole industriel face à la mutation technologique

Zwickau n’est pas une ville comme les autres pour l’industrie automobile allemande. Selon nos confrères de Courrier International, « c’est ici, à Zwickau, que tout a commencé » pour Audi, mais aussi pour une partie de l’histoire de Volkswagen. Avant la Seconde Guerre mondiale, des voitures de luxe sortaient des chaînes de l’usine locale. Sous le régime de la RDA, ce fut au tour des Trabant, ces petites voitures populaires est-allemandes devenues un symbole de l’époque. Après la réunification, le site s’est spécialisé dans la production de modèles grand public comme la Polo, la Golf ou la Passat, avant de s’orienter vers les véhicules électriques avec l’ID.3 Neo.

Pourtant, ce passé riche ne suffit plus à garantir l’avenir du site. Selon la Süddeutsche Zeitung, cité par Courrier International, la direction de Volkswagen considère que l’usine de Zwickau coûte trop cher à exploiter. Les coûts de production, jugés élevés par rapport à d’autres sites européens ou asiatiques, pèsent sur la rentabilité du groupe, qui doit investir massivement dans la transition électrique tout en faisant face à une concurrence accrue, notamment chinoise.

Une crise structurelle qui dépasse Zwickau

La situation à Zwickau s’inscrit dans un contexte plus large de crise pour l’industrie automobile allemande. Selon nos confrères de Courrier International, le groupe Volkswagen doit réduire ses coûts de 10 milliards d’euros d’ici 2028 pour rester compétitif. Plusieurs réunions extraordinaires ont été organisées fin août 2025 pour discuter de l’avenir du groupe, qui emploie un peu plus de 284 000 salariés dans le monde. Parmi les pistes envisagées, la suppression de 50 000 postes supplémentaires a été évoquée en interne, bien que le nombre exact de suppressions reste à préciser.

Cette restructuration s’accompagne d’un recentrage sur les véhicules électriques, une transition coûteuse pour un groupe dont les marges dépendent encore largement des modèles thermiques. Zwickau, qui a longtemps produit des voitures pour le marché européen, se retrouve ainsi au cœur d’un dilemme : continuer à investir dans un site historique alors que la demande en véhicules thermiques décline, ou réduire la voilure pour privilégier des sites plus rentables.

Zwickau, un cas emblématique de l’industrie automobile saxonne

Comme Stuttgart pour Mercedes ou Wolfsburg pour Volkswagen, Zwickau fait partie des berceaux de la construction automobile en Allemagne. Cette ville des monts Métallifères, située en Saxe, a vu défiler des décennies d’innovations, des voitures de luxe d’avant-guerre aux modèles électriques d’aujourd’hui. Pourtant, son avenir est désormais incertain. Selon la Süddeutsche Zeitung, la simple présence de la Horch 14-17 PS devant le musée August-Horch rappelle ce passé glorieux, mais aussi les défis auxquels fait face le site.

La production de véhicules thermiques est progressivement abandonnée au profit de l’électrique, une transition qui nécessite des investissements colossaux. Or, Zwickau, avec ses coûts de production élevés, pourrait être moins compétitive que d’autres sites allemands ou européens. Les syndicats locaux, conscients des enjeux, tentent de négocier pour préserver un maximum d’emplois, mais la pression est forte : selon des sources internes, jusqu’à 50 000 postes pourraient être supprimés dans le groupe d’ici 2028.

Et maintenant ?

Les prochains mois seront décisifs pour Zwickau. Une décision sur le maintien ou non des activités sur le site devrait être prise d’ici la fin de l’année 2025, selon des sources proches du dossier. Le groupe Volkswagen devra trancher entre deux options : soit investir massivement pour moderniser l’usine et la convertir pleinement à la production électrique, soit réduire ses effectifs et recentrer sa production sur d’autres sites plus rentables. Une chose est sûre : la Saxe, comme l’ensemble du secteur automobile allemand, est à un tournant historique.

Pour l’instant, aucune annonce officielle n’a été faite concernant le sort réservé à Zwickau. Le groupe a simplement confirmé qu’une « réorganisation profonde » était en cours, sans préciser si le site saxon serait concerné. Les syndicats, de leur côté, multiplient les rencontres avec la direction pour tenter d’éviter les suppressions massives. Selon Courrier International, la question n’est plus de savoir si Volkswagen doit se transformer, mais comment le faire sans sacrifier des pans entiers de son histoire industrielle.

Selon les informations rapportées par Courrier International, les coûts de production à Zwickau sont jugés trop élevés par rapport à d’autres sites européens ou asiatiques. Le groupe doit investir massivement dans la transition vers l’électrique tout en faisant face à une concurrence accrue, notamment chinoise, ce qui rend la rentabilité du site incertaine.

Avant la transition vers l’électrique, Zwickau a produit des modèles emblématiques comme la Polo, la Golf, la Passat et l’ID.3 Neo. Sous l’ère est-allemande, le site fabriquait également les Trabant, devenues un symbole de l’époque.