L’Ultra-Trail du Mont-Blanc (UTMB), épreuve phare de la saison en trail running, s’élance ce vendredi 5 septembre 2026 à 15h depuis Chamonix-Mont-Blanc. Avec ses 174 km et 9 900 m de dénivelé positif, cette 23e édition promet d’être l’une des plus compétitives de son histoire, malgré les nombreux forfaits de dernière minute qui ont redistribué les cartes parmi les favoris. Selon nos confrères de RMC Sport, cette course, souvent considérée comme la plus prestigieuse au monde, affiche un plateau d’une densité exceptionnelle, même sans certains des plus grands noms.

Ce qu'il faut retenir

  • L’UTMB 2026 partira ce vendredi 5 septembre à 15h de Chamonix, sur un parcours de 174 km et 9 900 m de D+.
  • Tom Evans (vainqueur en 2025), Kilian Jornet et Jim Walmsley (double vainqueur en 2023) ne prendront pas le départ en raison de blessures ou d’autres motifs.
  • Parmi les favoris masculins figurent Ben Dhiman (2e en 2025, UTMB Index à 946), Vincent Bouillard (vainqueur en 2024) et Baptiste Chassagne (tenant du titre de la Diagonale des Fous).
  • Chez les femmes, Courtney Dauwalter (triple vainqueure) part favorite après les retraits de Katie Schide et Ruth Croft, tandis que Blandine L'Hirondel porte les espoirs français.
  • Les courses annexes, OCC (60 km) et CCC (101 km), se dérouleront respectivement jeudi et vendredi avec des plateaux également très relevés.

Un plateau historique malgré les absences

L’absence de Tom Evans – vainqueur en 2025 en 19h18’56" –, de Jim Walmsley (recordman de l’UTMB Index à 967) ou encore de Kilian Jornet (quadruple vainqueur) aurait pu fragiliser la course. Pourtant, les organisateurs, à l’image de Julien Chorier, directeur sportif de l’événement et double vainqueur de la Diagonale des Fous, assurent que l’édition 2026 n’a jamais été aussi dense. « Avant les blessés de dernière minute, si on prenait les 100 meilleurs traileurs du monde, 90 étaient inscrits aux courses de l’UTMB », a-t-il déclaré à RMC Sport. « Quasiment tous les meilleurs athlètes du monde seront présents. »

Selon Julien Chorier, la professionnalisation du trail a multiplié les prétendants au podium : « Il y a quelques années, ils étaient cinq à pouvoir gagner. Maintenant, ils sont presque 15 ou 20 sur toutes les courses. » Une évolution qui rend l’UTMB plus imprévisible que jamais, mais aussi plus excitante.

Ben Dhiman en tête des favoris masculins

Avec un UTMB Index de 946 – le plus élevé du plateau –, Ben Dhiman (États-Unis) s’impose comme le grand favori pour succéder à Tom Evans. Deuxième en 2025, il a confirmé sa forme en terminant 2e sur le 90 km du Mont-Blanc début août. « Il ne viendra pas à l’UTMB pour refaire 2e. Il va falloir aller le chercher », a souligné Julien Chorier. Ses compatriotes Caleb Olson et Jonathan Albon, ainsi que l’Allemand Hannes Namberger, pourraient jouer les trouble-fêtes.

Côté tricolore, les espoirs reposent sur Vincent Bouillard, vainqueur surprise en 2024 et nouveau recordman de la Western States en juin. « Ses efforts en Californie pourraient laisser des traces, mais il reste un sérieux candidat », analyse Julien Chorier. Baptiste Chassagne, tenant du titre de la Diagonale des Fous et 2e à l’UTMB en 2024, complète le trio français. D’autres comme Antoine Charvolin, Yannick Noël ou Théo Détienne – qui avait mené la course avant de se blesser l’an passé – ont aussi leur carte à jouer.

Chez les femmes, Dauwalter face à la relève

La course féminine s’annonce tout aussi ouverte. L’Américaine Courtney Dauwalter, triple vainqueure de l’UTMB (2018, 2021, 2023), part logiquement favorite après le retrait de Katie Schide (vainqueure en 2022 et 2024) et de Ruth Croft, tenante du titre 2025, qui a renoncé pour des raisons personnelles. « Le cœur et l’esprit de la Néo-Zélandaise veulent être ailleurs », a expliqué cette dernière.

La délégation française mise sur Blandine L’Hirondel, 35 ans, gynécologue-obstétricienne et vainqueur de la Diagonale des Fous en 2026. Sa performance à la Transvulcania en mai – où elle a battu le record féminin de l’épreuve (73 km, 4 350 m D+) avant de se blesser – en fait une outsider sérieuse. « Sa récupération sera l’un des facteurs clés », note Julien Chorier. D’autres athlètes comme les Américaines Riley Brady, Abby Hall ou Rachel Entrekin, ainsi que la Chinoise Fuzhao Xiang, pourraient créer la surprise.

Des records à portée de main ?

Les performances explosent dans l’ultra-trail, et l’UTMB n’échappe pas à la règle. Kilian Jornet avait franchi un cap en 2022 en devenant le premier homme sous les 20 heures (19h49’30"). Le record tient toujours, mais Tom Evans l’a frôlé l’an passé en 19h18’56" sur un parcours adapté. « Sera-t-il possible de le battre sur un tracé traditionnel ? » s’interroge Julien Chorier. Avec un climat clément, comme lors du record de Vincent Bouillard à la Western States, rien n’est impossible. « La barre des 19 heures est atteignable, un peu comme les 2 heures au marathon. »

Chez les femmes, Katie Schide détient le record en 22h09’31" (2024). Ruth Croft l’avait approché en 2025 en 22h56’23", mais le parcours moins technique cette année pourrait avantager d’autres profils. « La densité est impressionnante », rappelle Julien Chorier, citant notamment les Chinoises Fuzhao Xiang et Miao Yao, ainsi que la Sud-Africaine Toni McCann.

OCC et CCC : deux autres courses sous haute tension

Avant le coup d’envoi de l’UTMB, deux autres épreuves majeures du circuit UTMB World Series attireront l’attention : l’OCC (60 km, 3 500 m D+) ce jeudi et la CCC (101 km, 6 050 m D+) vendredi. Ces courses, qui clôturent la saison des UTMB World Series sur leur distance respective, affichent elles aussi des plateaux XXL.

Sur l’OCC, les hommes verront s’affronter le Suisse Rémi Bonnet, le Français Frédéric Tranchand et l’Italien Francesco Puppi. Chez les femmes, l’absence de Tove Alexandersson et Maude Mathys laisse le champ libre à la Suissesse Judith Wyder. La CCC comptera sur des favoris comme l’Italien Christian Minoggio et le Néo-Zélandais Daniel Jones, tandis que les Français Benjamin Roubiol et Thomas Cardin pourraient jouer les premiers rôles. Côté féminin, Jennifer Lichter (États-Unis), vainqueur et recordwoman de la Western States 2026, sera à surveiller, tout comme la Chinoise Miao Yao et la Sud-Africaine Toni McCann.

Et maintenant ?

Les conditions météo des prochains jours seront déterminantes pour les performances. Un temps clément pourrait favoriser les records, tandis qu’un épisode pluvieux ou venteux donnerait un avantage aux coureurs les plus endurants. Les organisateurs tablent sur une édition record en termes d’audience et de médiatisation, avec une affluence record attendue sur les parcours. Pour les coureurs, l’enjeu sera de gérer l’altitude et les nuits courtes – deux facteurs clés sur un tracé aussi exigeant.

La prochaine grande échéance ? Le classement final de l’UTMB, attendu dans la nuit de samedi à dimanche, qui pourrait rebattre les cartes du paysage mondial de l’ultra-trail. D’ici là, les regards seront tournés vers Chamonix, où l’histoire de l’UTMB s’écrit une nouvelle fois.

Avec 24 hommes au-dessus des 900 points d’UTMB Index et une densité record chez les femmes, cette édition 2026 confirme l’UTMB comme l’épreuve ultime de l’ultra-trail mondial. Entre records potentiels et surprises, la montagne saura-t-elle couronner un nouveau roi ou une nouvelle reine ?

Le parcours de l’UTMB 2026 s’étend sur 174 km avec un dénivelé positif de 9 900 m. Il part de Chamonix-Mont-Blanc et traverse plusieurs cols emblématiques du massif, dont celui des Pyramides, avant de revenir à son point de départ. Le tracé exact peut être consulté sur le site officiel de l’événement.

Tom Evans (vainqueur en 2025) et Jim Walmsley (double vainqueur en 2023) sont absents pour cause de blessure. Kilian Jornet, quadruple vainqueur de la course, n’a pas participé à l’événement cette année pour des raisons non précisées, bien qu’il soit régulièrement engagé sur d’autres trails de haut niveau.