Les vacances d'été des Français s'annoncent plus sobres et locales en 2026. Selon BFM Business, qui reprend une étude de l'Alliance France Tourisme publiée ce mardi 28 avril, plus de la moitié des Français ont l'intention de réduire leur budget vacances par rapport à 2025, en raison de la hausse des prix de l'énergie et de l'inflation. Ce phénomène s'inscrit dans un contexte de tensions internationales et de renchérissement des coûts des transports, perturbant durablement le secteur touristique.

Ce qu'il faut retenir

  • 71 % des Français choisissent de rester en France pour leurs vacances d'été 2026, soit une progression de trois points par rapport à 2025, selon l'étude Ifop commandée par l'Alliance France Tourisme.
  • Le budget moyen consacré aux vacances baisse de 150 euros en un an, passant à 1 530 euros, avec une forte progression des séjours à petit budget et des hébergements gratuits ou moins chers.
  • Seuls 37 % des Français se disent certains de partir cet été, contre 50 % en 2025, reflétant une montée de l'incertitude économique et géopolitique.
  • 68 % des Français prévoient de partir au moins une semaine, soit une baisse de neuf points par rapport à l'an dernier, tandis que 86 % puisent dans leur épargne pour financer leurs vacances.
  • Le camping enregistre une forte progression (+10 points) et devient le 2e mode d'hébergement préféré des Français, derrière l'hébergement gratuit ou chez des proches.

Des vacances plus courtes et moins coûteuses, sous l'effet de l'inflation et des tensions géopolitiques

L'étude publiée par l'Alliance France Tourisme, qui regroupe des acteurs majeurs du secteur comme Accor, Air France ou la Compagnie des Alpes, confirme un ralentissement marqué des départs en vacances pour l'été 2026. Selon BFM Business, cette tendance s'explique principalement par la hausse des prix de l'énergie et des carburants, mais aussi par des annulations de vols et une augmentation des tarifs aériens chez plusieurs compagnies. Ryanair, Transavia ou encore Volotea ont déjà annoncé des suppressions de vols, tout comme Air Transat (vers le Canada) ou AirAsia X (vers la Thaïlande).

Dans ce contexte, les Français adoptent une stratégie de prudence. Les destinations lointaines sont délaissées : seulement 9 % des vacanciers envisagent de partir hors d'Europe en 2026, contre 23 % pour les destinations européennes et 71 % pour la France métropolitaine. « Les tensions internationales influencent les choix de destination et renforcent les comportements de prudence », souligne l'Alliance France Tourisme dans son communiqué. Cette évolution s'accompagne d'une recherche accrue de sécurité et de proximité.

Un budget en baisse et des inégalités qui persistent

Le budget moyen alloué aux vacances d'été recule de 150 euros par rapport à 2025, s'établissant à 1 530 euros. Cette baisse se répercute sur la durée des séjours : 68 % des Français prévoient de partir au moins une semaine, contre 77 % en 2025. Par ailleurs, 37 % des Français seulement se disent certains de partir cet été, un chiffre en net recul par rapport aux 50 % de l'an dernier. L'incertitude économique et la crainte d'une dégradation de la situation pèsent sur les décisions de voyage.

Les inégalités d'accès aux vacances se creusent également. 84 % des catégories aisées envisagent de partir cet été, contre seulement 58 % des catégories modestes. « La contrainte budgétaire se renforce nettement en 2026 », constate l'Alliance France Tourisme, qui rappelle que 2026 marque aussi les 90 ans des congés payés. Malgré cette avancée sociale historique, l'accès aux vacances reste inégal selon les revenus des ménages.

Les Français arbitrent entre épargne, hébergements moins chers et durée de séjour

Pour s'adapter à cette situation économique difficile, les Français multiplient les stratégies d'optimisation. Plus de la moitié des vacanciers (51 %) prévoient de réduire leur budget vacances, principalement en raccourcissant la durée de leurs séjours ou en voyageant moins fréquemment. 61 % des Français limitent ainsi la durée de leurs vacances, tandis que 60 % réduisent leurs dépenses sur place et 47 % recherchent des offres moins coûteuses.

Ces arbitrages se traduisent aussi dans le choix de l'hébergement. L'hébergement gratuit chez des proches ou en résidence secondaire progresse fortement : 32 % pour les courts séjours (contre 22 % en 2025) et 31 % pour les longs séjours (contre 20 %). Le camping, quant à lui, connaît un essor remarquable avec une progression de 10 points, passant de 17 % à 27 % des modes d'hébergement choisis. À l'inverse, les budgets les plus élevés reculent : seuls 11 % des Français envisagent de consacrer plus de 3 000 euros à leurs vacances, contre 15 % en 2025. Enfin, 86 % des vacanciers déclarent financer leurs vacances en puisant dans leur épargne, un signe supplémentaire de la pression budgétaire exercée sur les ménages.

« Cette évolution invite à repenser les leviers d'une politique touristique à la fois ambitieuse et inclusive, afin de préserver l'accès aux vacances pour tous et de soutenir une industrie stratégique pour notre économie. »

Dominique Marcel, président de l'Alliance France Tourisme

Et maintenant ?

Si les tendances observées pour l'été 2026 se confirment, le secteur du tourisme français pourrait subir un ralentissement durable. Les prochaines semaines seront cruciales pour évaluer l'impact réel des annulations de vols et de la hausse des prix sur les réservations. Par ailleurs, la question de l'accessibilité des vacances pour les ménages modestes pourrait revenir au cœur du débat public, alors que les 90 ans des congés payés rappellent l'enjeu historique de ce droit social.

Les acteurs du tourisme, comme l'Alliance France Tourisme, pourraient être amenés à proposer des mesures d'accompagnement pour soutenir la demande, notamment via des dispositifs ciblés ou des partenariats avec les collectivités locales. À suivre également : l'évolution des prix du carburant et des billets d'avion d'ici au début de l'été, qui pourrait encore modifier les comportements des vacanciers.

Plusieurs compagnies low cost ont fait part de suppressions de vols, notamment Ryanair, Transavia et Volotea. D'autres transporteurs, comme Air Transat (vers le Canada) ou AirAsia X (vers la Thaïlande), ont également annoncé des annulations en raison de la hausse des coûts du carburant.