Avec une hausse continue du prix du kérosène, les vacances d'été pourraient bien devenir un luxe inaccessible pour de nombreux Français. Selon BFM Business, cette augmentation des coûts de carburant risque de redessiner les habitudes de voyage des ménages, alors que la saison estivale approche à grands pas.

Ce qu'il faut retenir

  • Une hausse de 30 % du prix du kérosène en l'espace de six mois, selon les dernières données disponibles.
  • Les Français envisageraient de réduire la durée ou la distance de leurs voyages pour limiter l'impact financier.
  • Les compagnies aériennes pourraient répercuter cette hausse sur les tarifs des billets, avec des augmentations estimées entre 10 % et 20 %.
  • Les grandes vacances scolaires, prévues entre mi-juillet et fin août, pourraient être particulièrement touchées.
  • Les professionnels du tourisme anticipent déjà une baisse de la fréquentation dans les destinations lointaines.

Cette situation s'inscrit dans un contexte plus large de hausse des prix de l'énergie, qui touche l'ensemble des secteurs liés aux transports. BFM Business précise que le prix du kérosène, utilisé par les avions, a suivi une courbe similaire à celle du diesel ou de l'essence, avec des pics enregistrés ces derniers mois. Les experts soulignent que cette tendance pourrait se poursuivre si les tensions géopolitiques ou les coûts de production ne se stabilisent pas.

Des vacances plus courtes et moins lointaines

Face à cette situation, une majorité de Français semblent prêts à adapter leurs projets de voyage. Selon une enquête citée par BFM Business, près de 40 % des sondés envisagent de réduire la durée de leurs vacances, tandis que 25 % opteraient pour des destinations plus proches de leur domicile. Les grandes villes européennes, moins dépendantes des vols long-courriers, pourraient ainsi bénéficier de cette tendance.

Les données recueillies par le média révèlent également que les Français privilégient désormais les déplacements en voiture plutôt qu'en avion pour les week-ends prolongés. Cette préférence s'explique par la maîtrise des coûts, mais aussi par la volonté d'éviter les perturbations liées aux grèves ou aux retards fréquents dans les aéroports. Les professionnels du secteur touristique confirment cette évolution, notant une demande accrue pour les locations de vacances en France et en Europe du Nord.

Des compagnies aériennes sous pression

Les transporteurs aériens, déjà fragilisés par les années de crise sanitaire, se retrouvent aujourd'hui dans une position délicate. Plusieurs compagnies ont annoncé des hausses de tarifs pour la saison estivale, justifiant cette décision par la flambée des coûts du carburant. Air France-KLM, par exemple, a indiqué une augmentation moyenne de 15 % sur ses vols long-courriers, tandis que EasyJet a revu à la hausse ses prix pour les destinations méditerranéennes.

Cette situation pourrait inciter certains voyageurs à reporter leurs projets ou à opter pour des alternatives comme le train. Le réseau ferroviaire français, en pleine modernisation, mise sur cet avantage concurrentiel pour capter une partie de la clientèle. SNCF Connect a d'ailleurs enregistré une hausse de 12 % des réservations pour les trajets internationaux depuis le début de l'année, un signe encourageant pour le secteur.

Et maintenant ?

La situation reste incertaine pour les prochaines semaines, alors que les compagnies aériennes doivent encore finaliser leurs grilles tarifaires pour l'été. Une réunion entre les acteurs du secteur et le gouvernement est prévue le 25 mai 2026 pour évoquer des mesures d'accompagnement, notamment sous forme de subventions ciblées. En attendant, les voyageurs sont invités à comparer les offres et à réserver tôt pour limiter l'impact de la hausse des prix.

Cette crise pourrait également accélérer la transition vers des carburants plus durables, comme le kérosène durable (SAF), dont l'utilisation reste marginale en raison de son coût élevé. Les experts estiment que le secteur aérien devra trouver un équilibre entre compétitivité et transition écologique pour surmonter cette épreuve.

Les destinations lointaines, comme l'Asie, l'Amérique du Nord ou les îles lointaines, sont les plus concernées. Les vols long-courriers, qui consomment davantage de kérosène, voient leurs tarifs augmenter plus fortement que les vols intra-européens.

Le gouvernement a annoncé un maintien des aides au carburant jusqu'à la fin de l'année, mais celles-ci ne couvrent pas spécifiquement le kérosène. Les ménages les plus modestes pourraient bénéficier d'un soutien via les chèques-vacances ou des dispositifs locaux.