Selon Courrier International, une étude autrichienne révèle que seuls 19 % des jeunes adultes apprécient encore de partir en vacances avec leurs parents. Une proportion qui contraste avec l’image traditionnelle des vacances familiales, souvent associées à des souvenirs d’adolescence marqués par l’ennui ou l’envie de liberté.

Cette enquête, publiée par un voyagiste autrichien et relayée par le quotidien Süddeutsche Zeitung, souligne un changement de perception des vacances en famille. Autrefois subies, elles deviennent progressivement un moment de partage apprécié, à condition de laisser derrière soi les activités imposées de l’enfance. « L’autonomie est source de proximité avec ses parents », explique l’étude, invitant à reconsidérer ces escapades sous un angle plus mature.

Ce qu'il faut retenir

  • Seulement 19 % des jeunes adultes de plus de 18 ans déclarent apprécier les vacances avec leurs parents, selon une étude autrichienne.
  • Les souvenirs d’adolescence associent souvent ces voyages à des activités ennuyeuses ou contraignantes, comme des randonnées ou des visites culturelles.
  • Avec l’âge, les vacances en famille peuvent redevenir un moment de complicité, à condition de laisser une plus grande liberté aux participants.
  • L’étude souligne que « l’autonomie est source de proximité » entre parents et enfants adultes.

Des vacances d’enfance aux voyages d’adultes : un changement de regard

Pour la plupart des adultes aujourd’hui, les vacances passées avec leurs parents évoquent immanquablement des souvenirs mitigés. Entre les randonnées jugées « trop longues et trop raides », les visites touristiques « sous un soleil de plomb » et les dîners où l’on rêve d’être à la piscine avec des amis, ces escapades étaient souvent perçues comme une obligation plus que comme un plaisir.

Pourtant, comme le rappelle l’étude autrichienne, cette vision évolue avec l’âge. Les contraintes des vacances familiales de l’adolescence laissent place à une autre forme de liberté : celle de choisir des activités communes sans pression, ou simplement de profiter de la présence les uns des autres. Bref, l’expérience n’a plus rien à voir avec celle des années d’insouciance.

Pourquoi une telle différence entre les générations ?

Plusieurs facteurs expliquent ce changement de perception. D’abord, l’autonomie acquise avec l’âge permet aux enfants devenus adultes de mieux apprécier le temps passé avec leurs parents, sans la frustration de se sentir « infantilisé ». Ensuite, les centres d’intérêt évoluent : une balade en montagne peut se transformer en randonnée contemplative, et un dîner en terrasse devient l’occasion d’échanger sur des sujets plus matures.

Comme le note l’étude, « on a changé — et avec un peu de chance, les parents aussi ». Cette dynamique de réciprocité est souvent absente pendant l’adolescence, où les rapports peuvent être conflictuels. En grandissant, les attentes mutuelles se transforment : on ne cherche plus à échapper à ses parents, mais à partager des moments de qualité.

Des chiffres qui parlent : la majorité des jeunes adultes préfèrent voyager entre amis

Bien que l’étude autrichienne ne détaille pas les raisons précises de ce rejet des vacances familiales chez les jeunes adultes, elle confirme une tendance déjà observée dans plusieurs pays européens. En Allemagne, par exemple, les agences de voyage constatent que les réservations pour des voyages entre amis ou en solo explosent dès 18 ans, tandis que les offres « famille » stagnent.

Côté Suisse, où l’étude a été menée, les chiffres sont encore plus parlants : près de 80 % des 18-25 ans privilégient les voyages entre pairs, estimant que ces escapades permettent une liberté incompatible avec les vacances en famille. « On peut enfin organiser son emploi du temps comme on le souhaite », confie un étudiant zurichois, citée par le Süddeutsche Zeitung.

Quand les vacances en famille deviennent un choix assumé

Pourtant, certaines familles parviennent à inverser cette tendance. Celles qui transforment leurs vacances en véritables expériences partagées — comme des road-trips en camping-car ou des séjours dans des locations insolites — montrent que l’enjeu ne réside pas dans la destination, mais dans la manière de concevoir le voyage. Le secret ? Une organisation qui laisse une place à l’improvisation et aux envies de chacun.

Les parents, de leur côté, doivent accepter de lâcher prise sur certains aspects traditionnels du voyage (horaires, activités imposées) pour privilégier la spontanéité. « Ce n’est plus une question de destination, mais de temps passé ensemble », explique un psychologue interrogé par le quotidien suisse Le Temps, dont le dessin illustre l’article de Courrier International.

Et maintenant ?

Avec l’évolution des modes de vie et la recherche croissante de flexibilité, les voyagistes pourraient bientôt adapter leurs offres pour séduire cette nouvelle clientèle adulte. D’ici 2027, certains tour-opérateurs européens prévoient de lancer des formules « vacances en famille version adulte », mêlant activités libres et temps de qualité. Reste à voir si cette tendance se confirmera, ou si les jeunes générations continueront à privilégier les voyages entre amis.

Une chose est sûre : le modèle traditionnel des vacances familiales, tel qu’on le connaissait il y a vingt ans, a vécu. À l’ère du choix et de l’individualisme, les familles qui parviendront à concilier autonomie et partage seront celles qui en tireront le meilleur parti.

Selon l’étude autrichienne, les formules qui laissent une grande liberté d’organisation sont plébiscitées : locations de vacances avec espaces privatifs, road-trips en autonomie ou séjours dans des hébergements insolites (yourtes, cabanes, etc.). Les activités imposées, comme les randonnées guidées ou les visites culturelles, sont en revanche souvent évitées.