La décision controversée de l’arbitrage vidéo (VAR) lors du quart de finale Suisse-Argentine de la Coupe du monde 2026 pourrait bien être remise en question par l’instance dirigeante du football. Selon Franceinfo – Sport, l’Ifab, organisme régissant les règles du football, a publié le 27 juillet une circulaire précisant les limites d’intervention du VAR, un texte qui, rétrospectivement, invalide l’exclusion de l’attaquant suisse Breel Embolo.

Ce qu'il faut retenir

  • L’attaquant suisse Breel Embolo a été exclu à la 72e minute pour un deuxième carton jaune lors du quart de finale Suisse-Argentine (12 juillet 2026 à Kansas City).
  • Le carton rouge est consécutif à une décision du VAR, après une faute présumée de Leandro Paredes, sanctionnée initialement par un avertissement.
  • L’Ifab rappelle que le VAR ne peut revenir sur une sanction initiale que pour identifier le joueur fautif, et non la faute elle-même.
  • L’UEFA souligne que le VAR doit se limiter aux erreurs « manifestes et évidentes », sans réarbitrage complet.
  • Le match, perdu par la Suisse en prolongation (3-1), a vu l’Argentine prendre l’avantage après l’exclusion d’Embolo.

Une exclusion contestée par l’instance régulatrice du football

Dans sa circulaire, l’Ifab rappelle que l’arbitrage vidéo ne peut être utilisé pour réévaluer une faute déjà sanctionnée par l’arbitre central, sauf pour confirmer l’identité du joueur. Or, lors du quart de finale entre la Suisse et l’Argentine, le VAR a été sollicité après un avertissement adressé à Leandro Paredes pour une faute sur Breel Embolo.

Après visionnage, les arbitres ont estimé que la faute était en réalité une simulation de l’attaquant suisse, lui infligeant ainsi un deuxième carton jaune synonyme d’exclusion. Pourtant, l’Ifab précise dans son communiqué que cette intervention du VAR était contraire aux règles : la faute en elle-même ne pouvait être réexaminée. Le carton jaune initial aurait donc dû être maintenu, et Paredes aurait conservé son avertissement.

Un match décisif basculé par une décision contestée

Le 12 juillet 2026, au stade Arrowhead Stadium de Kansas City, la Suisse et l’Argentine s’affrontaient en quart de finale d’une Coupe du monde déjà riche en rebondissements. À ce stade de la rencontre, les deux équipes étaient à égalité (1-1) après 72 minutes de jeu lorsque Breel Embolo a reçu son deuxième carton jaune. Son exclusion a immédiatement affaibli la Nati, qui a finalement concédé la défaite en prolongation (3-1).

La décision de l’arbitre et du VAR a été immédiatement contestée par les observateurs, certains estimant que l’Argentine avait bénéficié d’un avantage indu. Les images montraient en effet que la faute de Paredes, bien que brutale, ne constituait pas une simulation de la part d’Embolo, mais une réaction naturelle à un tacle. LeVAR aurait donc dû se limiter à vérifier l’identité du joueur sanctionné, et non à contester la nature de la faute.

L’UEFA rappelle les limites du VAR

Dans un communiqué publié le 28 juillet, l’UEFA a réaffirmé les principes encadrant l’usage du VAR, insistant sur son rôle de soutien et non de réarbitrage. « Le VAR ne doit intervenir que dans des situations d’erreur manifeste et évidente, c’est-à-dire lorsqu’une décision de l’arbitre est clairement incorrecte ou lorsqu’un incident flagrant a été omis », peut-on lire dans le texte. L’instance européenne ajoute que « le VAR n’a pas pour vocation de réarbitrer le match ; il s’agit d’un outil d’aide à la décision, mais l’arbitre doit rester au centre du processus ».

Cette prise de position de l’UEFA renforce l’argument selon lequel l’exclusion d’Embolo était abusive. En effet, l’arbitre n’avait pas commis d’erreur manifeste en sanctionnant Paredes pour une faute sur Embolo. C’est uniquement le VAR, en sortant de son cadre d’intervention, qui a conduit à une décision contestable. Ce cas illustre les limites de l’arbitrage vidéo, dont les erreurs peuvent avoir un impact direct sur l’issue d’une rencontre.

« Un carton jaune, qui n’est pas un deuxième carton jaune, ne peut être revisionné que pour identifier le joueur qui a commis la faute ; la faute en elle-même ne peut être revisionnée ou modifiée. »
– Circulaire de l’Ifab, 27 juillet 2026

Une polémique qui dépasse le cadre du match

Cette affaire relance le débat sur l’utilisation du VAR en compétition, un outil introduit pour limiter les erreurs arbitrales mais qui, dans certains cas, semble ajouter de la confusion. La Coupe du monde 2026 n’est pas la première à voir des décisions du VAR contestées : plusieurs matchs ont déjà soulevé des questions sur l’équité des sanctions. L’exclusion d’Embolo en est un exemple frappant, d’autant que son impact a été immédiat sur le cours du match.

Les supporters suisses, mais aussi les observateurs neutres, s’interrogent désormais sur les conséquences de cette erreur d’arbitrage. Certains estiment que l’Argentine a bénéficié d’un avantage indu, tandis que d’autres soulignent que l’Ifab et l’UEFA pourraient être amenées à revoir les règles encadrant le VAR pour éviter de telles situations à l’avenir.

Et maintenant ?

L’Ifab et l’UEFA pourraient être contraintes de clarifier davantage les modalités d’intervention du VAR avant les prochaines compétitions internationales. Aucune décision n’a encore été annoncée concernant une éventuelle révision du résultat du match Suisse-Argentine, mais cette affaire pourrait servir de cas d’école pour les futures éditions de la Coupe du monde. Par ailleurs, les fédérations nationales pourraient être invitées à former leurs arbitres sur les limites strictes du VAR, afin d’éviter des erreurs similaires.

Cette polémique rappelle que l’arbitrage, même assisté par la technologie, reste humain et donc perfectible. La Coupe du monde 2026 pourrait bien marquer un tournant dans la manière dont les instances dirigeantes du football encadrent l’usage du VAR.

L’Ifab estime que le VAR a outrepassé ses prérogatives en contestant la nature de la faute commise par Leandro Paredes. Selon les règles, le VAR ne peut revenir sur une sanction initiale que pour identifier le joueur fautif, et non pour réévaluer la faute elle-même. Dans ce cas précis, l’arbitre n’avait pas commis d’erreur manifeste, ce qui rend l’intervention du VAR irrecevable.