Alors que le Royaume-Uni a récemment acté l’instauration d’une taxe au kilomètre pour les véhicules électriques à compter de 2028, la question du financement des infrastructures routières, autrefois assurée par la fiscalité sur les carburants, se pose avec acuité en France. D’après Frandroid, cette mesure pourrait inspirer les autorités françaises dans un contexte où la transition vers l’électrique s’accélère, mais où les recettes fiscales traditionnelles s’amenuisent.

Ce qu'il faut retenir

  • Le Royaume-Uni prévoit une taxe au kilomètre pour les véhicules électriques dès 2028, selon Frandroid.
  • Cette décision vise à compenser la baisse des recettes issues de la fiscalité sur les carburants traditionnels.
  • En France, le débat sur un modèle similaire commence à émerger, alors que la part des véhicules électriques dans le parc automobile augmente.
  • La transition vers l’électrique soulève des questions sur le financement des infrastructures et des services routiers.

Une mesure britannique pour anticiper la fin des recettes fiscales liées aux carburants

Le gouvernement britannique a validé, début août 2026, le principe d’une taxe basée sur les kilomètres parcourus par les véhicules électriques. Cette initiative, prévue pour entrer en vigueur en 2028, répond à un double enjeu : d’une part, la réduction progressive des recettes fiscales issues des taxes sur les carburants, et d’autre part, la nécessité de financer l’entretien des routes et les services de mobilité. Selon Frandroid, cette mesure s’inscrit dans une stratégie plus large de transition écologique, où l’État cherche à maintenir ses recettes tout en incitant à l’adoption de véhicules moins polluants.

En France, où la part des véhicules électriques atteint désormais près de 15 % des immatriculations neuves en 2026, la question se pose avec une urgence croissante. Le système actuel, basé sur la TICPE (Taxe Intérieure de Consommation sur les Produits Énergétiques) et la TVA sur les carburants, voit ses recettes diminuer mécaniquement avec la baisse des ventes de véhicules thermiques. Les autorités françaises pourraient donc s’inspirer du modèle britannique pour concevoir une fiscalité adaptée à l’ère de l’électrique.

Un débat qui dépasse le simple cadre fiscal

Si l’idée d’une taxe au kilomètre séduit par son principe d’équité – chacun contribuant en fonction de son usage réel –, elle soulève des questions techniques et sociales. Frandroid souligne que la mise en œuvre d’un tel dispositif nécessitera un système de suivi fiable et respectueux de la vie privée, alors que les véhicules électriques ne consomment pas de carburant. « Il faut imaginer des solutions technologiques pour mesurer les distances parcourues sans alourdir les contraintes administratives », a expliqué un expert du secteur cité par la source.

Côté usagers, le débat touche aussi à l’acceptabilité sociale. Une telle taxe pourrait être perçue comme une nouvelle charge financière pour les ménages, surtout ceux qui ont investi dans un véhicule électrique en anticipation de subventions ou de réductions fiscales. Certains automobilistes pourraient y voir une mesure punitive, alors que le gouvernement britannique insiste sur son caractère incitatif : « L’objectif n’est pas de pénaliser, mais de pérenniser le financement des routes », a rappelé un porte-parole du ministère britannique des Transports.

Et maintenant ?

En France, où la réflexion est encore en phase exploratoire, les autorités pourraient annoncer d’ici la fin de l’année 2026 des pistes concrètes pour adapter la fiscalité à la transition électrique. Une consultation publique est évoquée pour 2027, avant d’éventuelles expérimentations locales. Reste à voir si le modèle britannique, qui combine technologie et équité, sera repris tel quel ou adapté aux spécificités du marché hexagonal.

Pour l’heure, le gouvernement français mise sur des mesures transitoires, comme le maintien temporaire de certaines taxes sur les carburants ou l’augmentation des péages pour les véhicules les plus polluants. Mais à long terme, une refonte en profondeur du système fiscal semble inévitable, tant les enjeux budgétaires et écologiques sont liés.

Une taxe au kilomètre repose sur la distance parcourue par le véhicule, mesurée via un boîtier ou un système embarqué. Elle vise à remplacer les recettes perdues avec la fin des taxes sur les carburants. Une taxe sur l’électricité, en revanche, serait prélevée sur le coût de la recharge, mais elle ne garantit pas un financement proportionnel à l’usage de la route, comme l’explique Frandroid.