Deux mois après l’adoption de la loi d’amnistie pour les prisonniers politiques au Venezuela, la situation reste contrastée. Selon RFI, cette loi, votée par le Parlement le 20 février 2026, a permis la libération de plusieurs centaines de détenus, mais près de 500 personnes continuent de croupir derrière les barreaux. Une application inégale du texte qui alimente les polémiques et les interrogations sur la volonté réelle des autorités de tourner la page des tensions politiques.

Ce qu'il faut retenir

  • La loi d’amnistie des prisonniers politiques a été votée par le Parlement vénézuélien le 20 février 2026.
  • Deux mois après son adoption, 500 détenus politiques restent incarcérés, malgré les libérations enregistrées.
  • Des centaines de prisonniers ont été libérés, mais l’application de la loi fait l’objet de débats et de controverses.

Une loi adoptée dans un contexte de tensions persistantes

Le Venezuela traverse depuis des années une crise politique et économique majeure, marquée par une répression accrue des opposants. La loi d’amnistie, adoptée le 20 février 2026 par le Parlement vénézuélien, s’inscrivait dans une volonté affichée de pacification. Pourtant, deux mois après son entrée en vigueur, son application reste partielle et controversée. Selon les observateurs, les libérations effectuées concernent principalement des détenus dont les cas étaient déjà médiatisés ou dont les familles disposaient d’un réseau influent.

Les organisations de défense des droits humains, comme Human Rights Watch, ont rapidement pointé du doigt cette inégalité dans l’application. « Les critères de sélection pour les libérations ne sont pas transparents », a déclaré une porte-parole de l’organisation à RFI. « Certains prisonniers, dont les dossiers sont tout aussi légitimes, restent détenus sans explication claire. »

Des centaines de libérations, mais des milliers de dossiers en suspens

D’après les chiffres communiqués par le gouvernement vénézuélien, plus de 300 prisonniers politiques ont été libérés depuis le 20 février. Un bilan que les autorités qualifient d’encourageant, mais qui contraste avec les estimations des ONG. Celles-ci estiment que près de 2 000 personnes sont toujours détenues pour des motifs politiques, dont une grande partie n’a pas été examinée dans le cadre de la loi d’amnistie.

Les familles des détenus non libérés dénoncent un manque de volonté politique. « Mon fils a été arrêté en 2023 pour avoir participé à une manifestation pacifique. Depuis deux mois, nous attendons une réponse, sans succès », a témoigné une mère de famille dont le fils est toujours incarcéré. « On nous dit que son dossier est en cours d’examen, mais personne ne nous donne de date précise. »

Et maintenant ?

La loi d’amnistie prévoit une période de six mois pour examiner les dossiers des détenus politiques. Si les libérations se poursuivent à un rythme similaire, près de 1 500 prisonniers pourraient être concernés d’ici la fin août 2026. Cependant, les observateurs s’interrogent sur la capacité des autorités à traiter l’ensemble des demandes dans les délais impartis. « Le gouvernement a les moyens de accélérer les procédures, mais il manque de transparence », a souligné un expert en droit international contacté par RFI.

Par ailleurs, des négociations sont en cours entre le pouvoir en place et une partie de l’opposition pour élargir le champ de l’amnistie. Ces discussions, si elles aboutissent, pourraient permettre de libérer des centaines d’autres détenus d’ici la fin de l’année.

La situation reste donc en suspens. Entre avancées limitées et promesses non tenues, les familles des prisonniers politiques continuent d’espérer une issue favorable, sans savoir quand elle interviendra.