La présidente par intérim du Venezuela, Delcy Rodriguez, a déclaré lundi que les Vénézuéliens partis à l'étranger seraient accueillis les bras ouverts dans le cadre de la loi d'amnistie promulguée jeudi, moins de deux mois après la capture du président Nicolas Maduro par l'armée américaine le 3 janvier.
Cette loi d'amnistie fait partie des nombreux changements opérés par Delcy Rodriguez sous la pression de Washington, visant à réformer le secteur pétrolier pour l'ouvrir au privé et à libérer les prisonniers politiques. Selon Delcy Rodriguez, « les portes du Venezuela, les bras du peuple vénézuélien sont ouverts à ceux qui veulent revenir dans ce processus de guérison de la haine ».
Contexte et enjeux
La crise politique et économique au Venezuela a conduit à l'exil de 7 millions de Vénézuéliens, et de nombreux opposants vivent en exil. La capture de Nicolas Maduro et de la Première dame Cilia Flores a fait une centaine de morts, selon le ministre de l'Intérieur Diosdado Cabello.
Delcy Rodriguez a justifié le dialogue entamé avec Washington, soulignant que « ce processus (de réconciliation) que nous sommes en train de construire toutes et tous, il faut le préserver ». Elle a également rappelé que « le 3 janvier, c'est le Venezuela qui a perdu. Il n'y a pas eu de vainqueur ».
La loi d'amnistie et ses implications
La loi d'amnistie promulguée jeudi vise à libérer les prisonniers politiques et à permettre aux exilés de rentrer au Venezuela sans crainte de poursuites. Cependant, Delcy Rodriguez a mis en garde contre les interprétations erronées de cette loi, affirmant que « certains secteurs (de l'opposition) ne sont pas en train de lire correctement ce qui se passe ».
Elle a également fustigé ceux qui « depuis un hôtel de luxe aux États-Unis ou en Europe, prétendent faire dérailler ce processus, prétendent troubler le chemin de la tranquillité et de la paix au Venezuela ».
Reactions et perspectives
La cheffe de l'opposition et prix Nobel de la Paix, María Corina Machado, ainsi que d'autres figures de l'opposition comme Juan Guaido ou Leopoldo Lopez, se trouvent à l'étranger et le pouvoir, sous Maduro, les a régulièrement accusés de comploter.
Delcy Rodriguez a affirmé que « il m'est arrivé de m'asseoir avec des bourreaux de nos héros du 3 janvier. Et je l'ai fait pour le Venezuela », en référence à ses rencontres avec les autorités américaines, notamment la visite la semaine dernière du chef du commandement militaire américain pour l'Amérique latine et les Caraïbes (Southcom), Francis Donovan.
Conclusion et perspectives
La loi d'amnistie et les changements opérés par Delcy Rodriguez ouvrent une nouvelle perspective pour le Venezuela, mais de nombreuses questions restent en suspens. Quel sera l'impact réel de cette loi sur les exilés et les prisonniers politiques ? Quelles seront les prochaines étapes dans le processus de réconciliation avec Washington ?
L'objectif principal de la loi d'amnistie est de libérer les prisonniers politiques et de permettre aux exilés de rentrer au Venezuela sans crainte de poursuites, dans le but de favoriser la réconciliation et la guérison de la haine.
