C’est une situation ubuesque que vit actuellement José Breijo, 73 ans, ressortissant uruguayen et vénézuélien, libéré la semaine dernière grâce à une amnistie pour les prisonniers politiques au Venezuela. En rentrant chez lui à Caracas, il a découvert que son appartement avait été attribué… à l’un des policiers qui l’avaient arrêté en 2023. Selon Euronews FR, l’homme a dû dormir plusieurs nuits dans le couloir de son immeuble avant de pouvoir récupérer son logement, mercredi 28 mai 2026.

Ce qu'il faut retenir

  • José Breijo, 73 ans, libéré sous amnistie la semaine dernière, a découvert que son appartement de Caracas était occupé par le policier qui l’avait arrêté en 2023.
  • Sans autre solution, il a passé plusieurs jours à dormir dans le couloir de son immeuble avant d’être autorisé à réintégrer son logement, vidé de ses biens.
  • Arrêté fin 2023 pour avoir tenté de vendre une photographie des bureaux d’un supposé groupe islamiste, il a été accusé de terrorisme et a subi des conditions de détention difficiles.
  • Son cas illustre les confiscations arbitraires de biens dénoncées par des organisations de défense des droits humains au Venezuela.
  • Breijo, arrivé au Venezuela en 1979, est aujourd’hui pris en charge par ses voisins et le consulat uruguayen après un diagnostic d’œdème pulmonaire en prison.

Un retour de prison marqué par l’occupation de son logement

José Breijo a été libéré le 20 mai 2026 dans le cadre de l’amnistie accordée aux prisonniers politiques au Venezuela, une mesure prise sous la pression internationale, notamment américaine, après la capture controversée de Nicolás Maduro lors d’une opération menée par Washington. Pourtant, cette libération ne lui a pas permis de rentrer immédiatement chez lui. L’appartement qu’il occupait depuis des années à Caracas avait en effet été attribué trois mois plus tôt à l’un des policiers ayant participé à son arrestation en 2023. D’après Euronews FR, cette attribution s’inscrit dans une pratique plus large de confiscation de biens ciblant d’anciens prisonniers politiques ou opposants.

Sans autre solution, Breijo s’est retrouvé contraint de dormir dans le couloir de son immeuble. Affaibli par sa détention et peinant à marcher, il a dû monter les escaliers jusqu’à un lit de fortune installé dans le couloir. Les ulcères à ses jambes témoignent des conditions difficiles subies en prison, où il affirme avoir été détenu dans « les pires cachots, où règne la drogue ».

Une arrestation pour terrorisme aux circonstances troubles

José Breijo a été arrêté à la fin de l’année 2023 après avoir tenté de vendre une photographie des bureaux à Caracas d’un supposé groupe islamiste, dans le contexte de la guerre entre Israël et le Hamas. Selon ses déclarations, il aurait été approché par un acheteur potentiel dans une boulangerie. « Je lui ai dit que j’avais une photo, je la lui ai montrée et ensuite il m’a passé les menottes », a-t-il expliqué à Euronews FR. Accusé de terrorisme, un délit souvent utilisé, selon les ONG, pour emprisonner des opposants ou des étrangers au Venezuela, il a subi un procès expéditif.

Breijo affirme avoir eu besoin de 1 500 dollars pour subir un cathétérisme pendant sa détention. Son cas n’est pas isolé : de nombreuses organisations de défense des droits humains, comme Amnesty International ou Human Rights Watch, dénoncent régulièrement l’utilisation de l’accusation de terrorisme comme outil de répression politique au Venezuela. Ces pratiques ont été documentées à plusieurs reprises, notamment dans des rapports de l’ONU et de la Cour pénale internationale.

Un appartement vidé, une santé dégradée

Après plusieurs jours de tension, le policier occupant son logement a finalement quitté les lieux sous la pression des voisins. En rentrant chez lui, José Breijo a découvert un spectacle désolant : « Il ne reste rien à moi ici (…) l’appartement est complètement vide », a-t-il déclaré, assis sur un vieux fauteuil. « Rien de tout cela ne m’appartient », a-t-il ajouté en désignant les quelques meubles restants. Son cas illustre les confiscations arbitraires de biens dénoncées par de nombreux prisonniers politiques et opposants exilés au Venezuela.

Originaire d’Uruguay, Breijo est arrivé au Venezuela en 1979 pour travailler comme cuisinier dans un hôtel de luxe de Caracas. Il y a épousé une Vénézuélienne et a choisi de s’installer définitivement dans le pays. Pendant son incarcération, les médecins lui ont diagnostiqué un œdème pulmonaire bilatéral, une affection grave causée par l’accumulation de liquide dans les poumons. Aujourd’hui, sa santé reste fragile, et il survit grâce à l’aide de ses voisins ainsi qu’au soutien du consulat uruguayen, qui est intervenu pour faciliter la restitution de son logement.

Un parcours marqué par l’exil et la répression

Le parcours de José Breijo reflète les difficultés rencontrées par de nombreux étrangers et Vénézuéliens dans un contexte politique et social tendu. Son arrestation en 2023 s’inscrit dans une vague de répression accrue après le déclenchement de la guerre entre Israël et le Hamas, un conflit qui a servi de prétexte à de nombreuses arrestations pour des motifs flous, notamment liés au terrorisme. Comme le rapporte Euronews FR, ces pratiques ont été largement documentées par des organisations internationales, qui soulignent leur utilisation systématique pour museler l’opposition.

Breijo n’est pas le seul à subir de telles représailles. Des centaines de prisonniers politiques exclus de l’amnistie ont entamé une grève de la faim pour dénoncer leur situation, tandis que des manifestations ont éclaté à l’Université centrale du Venezuela après la mort de détenus en prison. Ces événements s’ajoutent aux multiples cas de confiscation de biens, souvent attribués à des proches du pouvoir ou à des fonctionnaires, dans un climat où les droits de propriété sont rarement respectés.

Et maintenant ?

La restitution de son logement à José Breijo marque une victoire symbolique, mais son avenir reste incertain. Son état de santé fragile nécessite des soins constants, et les séquelles de sa détention pourraient impacter durablement sa vie. Quant aux responsables de son arrestation et de l’occupation de son appartement, aucune information n’a été rendue publique concernant d’éventuelles sanctions ou enquêtes. Les organisations de défense des droits humains appellent à une enquête indépendante sur les pratiques de confiscation et de répression au Venezuela, mais le gouvernement de Nicolás Maduro n’a pour l’instant donné aucune indication en ce sens.

Pour José Breijo, la priorité reste désormais de se reconstruire, avec l’aide de ses proches et du consulat uruguayen. Son cas pourrait, à terme, servir d’exemple dans les discussions internationales sur les droits humains au Venezuela, mais aucune date n’a été avancée pour une éventuelle audience devant une instance internationale.

Son histoire rappelle également les défis auxquels font face les prisonniers politiques libérés sous amnistie. Sans soutien matériel ou financier, beaucoup se retrouvent sans logement ni ressources, tandis que les biens qui leur appartenaient ont souvent été confisqués ou attribués à des tiers. La situation de José Breijo souligne l’urgence d’une réflexion plus large sur les mécanismes de réparation et de réintégration pour les victimes de répression politique au Venezuela.

D’après les informations d’Euronews FR, l’appartement de José Breijo a été attribué à l’un des policiers ayant participé à son arrestation dans le cadre d’une mesure administrative. Cette pratique s’inscrit dans une logique de confiscation des biens des opposants ou prisonniers politiques, souvent attribués à des fonctionnaires ou à des proches du pouvoir. Aucune justification officielle n’a été donnée pour cette attribution.