À l’occasion du sommet Choose France 2026, Emmanuel Macron a salué un investissement record de 93 milliards d’euros dans l’industrie française, soulignant que ces engagements « reflètent les réformes menées, la constance de l’action publique et la construction d’un écosystème solide ». Parmi les projets mis en avant figure celui de Venturi Space, qui annonce la création d’un centre technologique de 16 000 m² à Toulouse pour un investissement de 250 millions d’euros, comme le rapporte Capital.

Ce qu'il faut retenir

  • Un investissement de 250 millions d’euros par Venturi Space pour un centre technologique à Toulouse, spécialisé dans les technologies lunaires et martiennes
  • Le projet prévoit la création de 200 emplois d’ici 2030 dans ce centre de 16 000 m²
  • Venturi Space collabore avec la Nasa pour développer le CLV-1, un astromobile sélectionné pour les missions lunaires prévues en 2028
  • Le groupe présente également le Mona Luna, premier astromobile lunaire 100 % européen, dévoilé en juin 2025
  • Les technologies développées incluent des systèmes de gestion d’énergie, des roues hyper-déformables et des batteries haute performance

Un pôle d’excellence spatiale en construction à Toulouse

Bien que Venturi Space soit implanté dans la Ville Rose depuis deux ans, ce nouveau centre technologique marque une étape majeure pour l’entreprise. D’ici 2030, 200 postes devraient être créés pour concevoir des solutions adaptées aux environnements extrêmes de la Lune et de Mars. « Ce site sera le vaisseau amiral de Venturi Space en Europe », a indiqué le Dr Antonio Delfino, directeur des affaires spatiales du groupe. Les activités y seront axées sur l’intégration de systèmes complexes, la gestion d’énergie et l’assemblage d’astromobiles, ces véhicules conçus pour évoluer dans des conditions hostiles.

Selon Actu Toulouse, ces astromobiles, qui pourraient aussi bien servir sur la Lune que sur Mars, sont au cœur des ambitions de l’entreprise. « Nos équipes travailleront sur des technologies critiques, l’intégration de systèmes complexes et l’assemblage d’astromobiles conçues pour évoluer dans les environnements les plus extrêmes », a précisé le Dr Delfino. L’enjeu est de taille : la mobilité de surface représente un défi stratégique pour les missions habitées futures.

Venturi Space mise sur l’innovation et les partenariats internationaux

Le groupe, dirigé par le Monégasque Gildo Pastor, mise sur une approche intégrée pour renforcer sa position dans le secteur spatial. « Nous franchissons une étape décisive », a déclaré Gildo Pastor. « Nous disposons des technologies, de l’expérience, des partenaires et, bientôt, de l’outil industriel pour aller plus loin. Mon objectif est que ce projet réussisse, qu’il entraîne toute une filière, et qu’il fasse vibrer Toulouse. » Selon Capital, cette ambition s’appuie sur des collaborations stratégiques, notamment avec l’Américain Venturi Astrolab, avec qui le groupe a conçu le CLV-1.

Ce véhicule, sélectionné par la Nasa, doit permettre aux astronautes de se déplacer à la surface lunaire dès 2028. Parallèlement, Venturi Space a présenté en juin 2025 le Mona Luna, premier astromobile lunaire entièrement européen. Ces deux projets illustrent la volonté du groupe de diversifier ses activités et de s’imposer comme un acteur clé de l’exploration spatiale, en Europe comme outre-Atlantique.

Un écosystème spatial en pleine expansion en France

L’investissement de Venturi Space s’inscrit dans un mouvement plus large de renforcement de l’industrie spatiale française. À l’occasion du sommet Choose France, Emmanuel Macron a rappelé que ces engagements s’appuyaient sur des réformes structurelles et une politique industrielle volontariste. « Le fruit des réformes, de la constance, d’un écosystème qu’on a su bâtir », a-t-il souligné. Ces annonces interviennent alors que la France cherche à consolider sa place dans la course spatiale, face à une concurrence internationale accrue.

Dans ce contexte, Toulouse, déjà reconnue comme la capitale européenne de l’aéronautique, se positionne comme un hub majeur pour les technologies spatiales. Le nouveau centre de Venturi Space devrait y jouer un rôle central, en attirant des compétences locales et internationales. « Ce projet pourrait servir de catalyseur pour une filière industrielle complète », estime un observateur du secteur cité par Capital.

Et maintenant ?

Plusieurs échéances clés sont à surveiller dans les mois et années à venir. D’ici 2030, la concrétisation du centre toulousain et la montée en puissance des équipes devraient se traduire par des livrables concrets, notamment en matière de batteries haute performance et de systèmes de mobilité. Par ailleurs, le succès du CLV-1 dans le cadre des missions lunaires de la Nasa pourrait ouvrir la voie à de nouveaux partenariats pour Venturi Space, tant en Europe qu’aux États-Unis. Reste à voir si ces technologies, une fois déployées, répondront aux exigences des environnements lunaires et martiens, où les contraintes sont extrêmes.

L’industrie spatiale française, portée par des acteurs comme Venturi Space, Safran ou encore Thales, semble donc engagée dans une dynamique de croissance. Les prochaines années diront si ces investissements permettront à la France de conforter sa position de leader européen, voire mondial, dans un secteur où l’innovation et la rapidité de déploiement sont déterminantes.

Le centre toulousain se concentrera sur la conception de systèmes de gestion d’énergie, des roues hyper-déformables, des batteries haute performance et des astromobiles (véhicules de transport spatial) adaptés aux environnements lunaires et martiens.