Le vestiaire de l'Olympique de Marseille traverse une phase de tensions inédites depuis l'arrivée de Habib Beye sur le banc, selon RMC Sport. Entre joueurs en quête de départ, leaders en retrait et staff technique sous pression, l'équipe marseillaise accumule les signes de fragilité à quelques matchs de la fin du championnat. Les résultats décevants – comme la défaite 2-0 face à Lorient samedi dernier – ont révélé des fractures internes que le club peine à résorber.
Ce qu'il faut retenir
- Habib Beye a publiquement pointé l'attitude et le manque de leadership de certains joueurs, notamment après la défaite à Lorient.
- Plusieurs cadres comme Pierre-Emile Hojbjerg ou Leonardo Balerdi sont critiqués pour leur implication jugée insuffisante, voire leur désinvolture.
- Des tensions persistent entre le staff et une partie du vestiaire, certains joueurs peinant à adhérer aux méthodes de Beye.
- Les ambitions européennes de l'OM s'éloignent, tandis que les joueurs affichent des envies divergentes pour la suite de leur carrière.
- Quatre matchs restent à jouer, mais l'incertitude plane sur la capacité du groupe à se recentrer.
Beye brise le silence pour dénoncer l'inconstance collective
Pour la première fois depuis son arrivée à la tête de l'OM, Habib Beye n'a pas hésité à s'exprimer publiquement sur la prestation de son équipe après la défaite à Lorient. Dans des termes sans équivoque, il a reproché à ses joueurs de ne pas avoir « saisi l'opportunité » offerte par les quatre derniers matchs de la saison. Le coach a évoqué des « leaders qui doivent être constants et positifs, pas uniquement quand c'est facile ». Il n'a cité aucun nom, mais son message visait clairement les cadres du vestiaire, dont le manque d'engagement et les attitudes en retrait sont pointés du doigt.
Beye a même laissé entendre qu'il pourrait faire appel à de jeunes talents si les joueurs actuels ne montrent pas une motivation suffisante. Une déclaration qui en dit long sur le climat délétère qui règne à la Commanderie, où les résultats décevants des dernières semaines ont exacerbé les frustrations.
Les cadres sous le feu des critiques : Hojbjerg, Balerdi et Greenwood dans le collimateur
Parmi les joueurs les plus critiqués, Pierre-Emile Hojbjerg, capitaine et figure centrale du milieu marseillais, fait figure de cible principale. Son niveau de jeu s'est effondré ces dernières semaines, au point que Beye l'a sorti à la 75e minute contre Lorient. Les observateurs s'interrogent : le Danois a-t-il perdu sa crédibilité de leader, ou est-il simplement épuisé par un secteur défensif fragilisé par les changements constants ?
Autre cible, Leonardo Balerdi, dont l'engagement physique et mental laisse à désirer. Le défenseur argentin, qui souhaite quitter l'OM sur une bonne note et en Ligue des champions, semble déjà ailleurs. Son manque de réactivité lors des deux buts lorientais – notamment face à Bamba Dieng pour l'ouverture du score – a été particulièrement sanctionné. Mason Greenwood, meilleur buteur de l'équipe, n'est pas en reste. Son manque d'implication à Lorient, où il n'a montré ni énergie ni connexion avec ses coéquipiers, a agacé le staff. Malgré des statistiques correctes, son attitude interroge alors que l'OM compte sur lui pour les quatre derniers matchs.
Des joueurs en quête de départ et des méthodes contestées
Plusieurs éléments du groupe marseillais affichent des envies de départ pour cet été, ce qui n'aide pas à la cohésion d'équipe. Balerdi, dont le contrat expire, voit son avenir avec l'Argentine et un transfert ailleurs se préciser. Greenwood, lui, pourrait quitter le club malgré une valeur marchande encore élevée. Leur désinvolture s'explique en partie par ces perspectives, mais le staff juge leur manque d'implication inacceptable, surtout dans un contexte où l'OM peut encore viser le podium.
La gestion de Beye est également contestée au sein même du vestiaire. Certains joueurs peinent à comprendre ses consignes ou son discours tactique, comme en témoigne un membre du secteur sportif cité par RMC Sport : « Il y a ceux qui ont lâché car ils sont venus pour Roberto De Zerbi, alors que lui-même sentait que sa méthode et son management ne passaient plus ». Une critique qui révèle la profondeur des divisions internes, alors que le club mise sur une reconstruction pour la saison prochaine.
Benatia et les cadres désabusés face à l'inconstance du groupe
Medhi Benatia, ancien capitaine et désormais figure du staff, ne mâche pas ses mots depuis plusieurs mois. Il a multiplié les rappels à l'ordre pour tenter de remotiver un groupe qu'il juge trop souvent déconnecté des réalités. Son franc-parler lui a valu des tensions avec une partie du vestiaire, mais il assume pleinement son rôle de garde-fou. Pourtant, même ses interventions ne parviennent plus à souder l'équipe, comme l'a montré l'absence de réaction collective après la défaite à Lorient.
Parmi les joueurs encore investis, Pierre-Emerick Aubameyang et Facundo Medina font figure d'exceptions. Le Gabonais, visiblement dégoûté par le manque d'efforts de certains, affiche un visage fermé, tandis que l'Argentin tente de maintenir un état d'esprit conquérant malgré une saison tronquée pour lui personnellement. Leur engagement contraste avec celui de leurs coéquipiers les plus en retrait.
Abdelli et les jeunes, une piste pour l'avenir ?
Face à ces difficultés, Beye pourrait être tenté de s'appuyer sur des profils plus jeunes, comme Himad Abdelli, recruté cet hiver. Mais jusqu'à présent, le milieu franco-algérien n'a pas convaincu, peinant dans les duels et l'intensité. Son manque de temps de jeu s'explique aussi par la forme de Arthur Vermeeren, dont le profil correspondrait davantage au système de jeu de Beye. Une situation qui illustre les hésitations tactiques du coach, critiqué pour ses choix et ses expérimentations.
Dans ce contexte, la capacité de l'OM à se ressaisir pour les quatre derniers matchs de Ligue 1 semble compromise. Les joueurs les plus en retrait pourraient-ils retrouver une seconde jeunesse, ou le club doit-il se résoudre à une fin de saison en demi-teinte ?
La situation actuelle pose aussi la question de la reconstruction à venir. Entre joueurs en quête de départ, staff technique sous pression et effectif à reconquérir, l'OM devra faire preuve de pragmatisme cet été. Les prochaines semaines seront cruciales pour évaluer la capacité du club à tourner la page d'une saison décevante.
Habib Beye a souhaité marquer un coup d'arrêt après une nouvelle défaite collective (2-0 face à Lorient), où l'attitude et l'engagement de certains cadres ont été jugés insuffisants. Le coach a pointé du doigt le manque de leadership et l'inconstance de ses joueurs, notamment parmi les leaders du vestiaire, sans citer de noms. Son intervention vise à réveiller une équipe en perte de vitesse, alors que quatre matchs restent à jouer en Ligue 1.
Plusieurs cadres sont dans le viseur : Pierre-Emile Hojbjerg (capitaine, en retrait), Leonardo Balerdi (défenseur, manque d'engagement), et Mason Greenwood (meilleur buteur, désinvolte). Leurs attitudes, couplées à des envies de départ pour certains, alimentent les tensions internes.