Jusqu’au 1er septembre, le festival Mesnographies, qui se tient aux Mesnuls dans les Yvelines, accueille une exposition singulière. Le photographe ukrainien Vic Bakin y présente « Epitome », une série de tirages argentiques aux images instables, conçue comme une métaphore visuelle de la guerre qui ravage son pays depuis plus de deux ans. Selon Libération, cette proposition artistique interroge les frontières entre mémoire, destruction et reconstruction, à travers des clichés où la matière même de l’image semble se décomposer.
Installé en France depuis 2022, Vic Bakin puise dans son expérience personnelle pour donner forme à un travail photographique où la technique reflète les tensions du conflit. Ses tirages argentiques, volontairement fragilisés, évoquent autant la précarité des vies ukrainiennes que l’instabilité politique et sociale. Comme le rapporte Libération, l’artiste a expliqué que chaque cliché porte les traces d’un processus de création et de dégradation simultanés, « une manière de montrer que la guerre ne laisse rien intact ».
Ce qu'il faut retenir
- Vic Bakin, photographe ukrainien exilé en France, présente sa série « Epitome » au festival Mesnographies (Yvelines) jusqu’au 1er septembre 2026.
- La série repose sur des tirages argentiques instables, symbolisant les effets de la guerre sur les sociétés et les individus.
- L’exposition s’inscrit dans une réflexion artistique sur la mémoire, la destruction et la reconstruction post-conflit.
- Vic Bakin utilise une technique de dégradation contrôlée des images pour traduire l’instabilité et l’incertitude liées à la guerre en Ukraine.
- L’artiste a quitté l’Ukraine en 2022, fuyant l’escalade du conflit, et vit désormais en France.
Une exposition née d’un exil forcé
Vic Bakin a quitté l’Ukraine en 2022, alors que l’invasion russe s’intensifiait. Installé près de Paris, il a trouvé dans la photographie argentique un moyen de traiter sa propre histoire et celle de son pays. D’après Libération, ses tirages ne se contentent pas de documenter la guerre : ils en révèlent l’impact psychologique et émotionnel, à travers des images qui semblent se désagréger sous les yeux du spectateur. « Ce n’est pas une simple photographie de la guerre, mais une expérience de sa violence invisible », a-t-il souligné lors d’un entretien avec le quotidien.
Les œuvres exposées à Mesnographies jouent sur la matérialité de l’argentique, où la lumière et le temps altèrent les clichés. Certaines photographies présentent des zones floues ou des couleurs délavées, évoquant les paysages ukrainiens ravagés ou les souvenirs effacés par le conflit. Pour Bakin, cette technique n’est pas un hasard : « La guerre détruit aussi la mémoire, et mes images en portent les stigmates », a-t-il confié.
Une métaphore visuelle de l’instabilité ukrainienne
Le titre de la série, « Epitome », renvoie à l’idée de résumé ou de condensation — une œuvre qui concentre l’essence d’un phénomène. Dans le cas de Bakin, il s’agit de condenser l’expérience de la guerre en une série d’images où la forme et le fond ne font qu’un. Comme le rapporte Libération, chaque tirage est le résultat d’un long processus de manipulation : exposition à la lumière, développement, puis altération contrôlée pour créer des effets de distorsion.
Cette approche artistique interroge le spectateur sur la représentation de la guerre. Les clichés ne montrent pas des scènes de combat, mais des paysages, des intérieurs ou des portraits floutés, où la violence se devine plutôt qu’elle ne se voit. « On ne voit pas la guerre directement, mais on en ressent les conséquences dans chaque détail », a expliqué l’artiste. Une manière de rappeler que les conflits ne se résument pas à des images choc, mais s’inscrivent dans la durée et dans les corps.
L’exposition de Vic Bakin à Mesnographies offre une perspective artistique rare sur un conflit qui marque profondément l’histoire contemporaine. En utilisant la photographie comme un médium à la fois fragile et puissant, l’artiste propose une réflexion qui dépasse le cadre ukrainien pour toucher à des questions universelles : celle de la mémoire, de la résilience et de la reconstruction après la destruction.
Il s’agit d’une série photographique en tirages argentiques instables, exposée jusqu’au 1er septembre 2026 au festival Mesnographies (Yvelines). L’artiste ukrainien Vic Bakin y explore une métaphore visuelle de la guerre en Ukraine, à travers des images dont la matière même se dégrade, symbolisant l’instabilité et les traumatismes du conflit.