Le préfet des Hauts-de-Seine, Alexandre Brugère, a signé le 12 mai 2026 un arrêté ordonnant la fermeture de l’association sportive « Les Héros », basée à Villeneuve-la-Garenne. Cette décision, révélée ce jeudi 28 mai par Le Figaro, intervient après une surveillance prolongée des autorités, qui suspectent la structure de pratiques contraires aux principes républicains.
Ce qu'il faut retenir
- L’association « Les Héros » a été fermée pour non-respect des règles républicaines et suspicions de séparatisme islamiste.
- Son fondateur, Nourdine Z., est interdit d’exercer dans le domaine sportif depuis plusieurs condamnations antérieures.
- Des créneaux réservés aux femmes voilées dans des équipements municipaux ont été identifiés par la préfecture.
- L’arrêté de fermeture s’appuie sur un contrat d’engagement républicain violé, notamment en matière de laïcité et de mixité.
- Le préfet Brugère avait déjà mené des actions similaires à Colombes, où une école coranique rigoriste avait été fermée fin 2025.
Une association sous surveillance pour non-respect des règles républicaines
Selon Le Figaro, l’arrêté préfectoral ne mentionne pas explicitement de dérive communautaire, mais pointe des manquements administratifs et des activités suspectes. Le fondateur de « Les Héros », Nourdine Z., cumule plusieurs condamnations passées et est interdit d’exercer en tant qu’éducateur sportif ou dirigeant dans un établissement sportif, conformément à l’article L.212-9 du code du sport. Lors d’un contrôle effectué le 24 février 2026 par le service départemental de la jeunesse, son attestation professionnelle d’éducateur sportif s’est avérée périmée depuis le 13 août 2024. Par ailleurs, l’association n’affichait pas d’attestation d’assurance obligatoire dans ses locaux.
Ces irrégularités administratives ont servi de prétexte à l’intervention des autorités, mais c’est bien la suspicion de séparatisme islamiste qui a motivé la fermeture. « Les Héros » aurait en effet organisé des séances de sport réservées aux femmes voilées dans des équipements municipaux, privatisant trois après-midis par semaine une salle de musculation et plusieurs soirées une piscine.
Des créneaux non-mixtes et religieux jugés contraires aux principes républicains
Dans un courrier adressé aux membres de l’association et consulté par Le Figaro, le préfet Brugère explique que ces pratiques « sont susceptibles de contrevenir aux engagements souscrits dans le cadre du contrat d’engagement républicain signé par votre association ». Il rappelle que celui-ci impose le respect de la laïcité, de l’égalité et de la non-discrimination, ainsi que la promotion de la mixité dans les activités proposées. « Des créneaux réservés ne sauraient conduire à des discriminations de femmes à l’accès à vos activités », souligne-t-il. Il est strictement interdit de réserver des créneaux spécifiques pendant les heures d’ouverture d’un équipement public sur la base d’une appartenance religieuse.
« Or, des créneaux réservés ne sauraient conduire à des discriminations de femmes à l’accès à vos activités. Il est ainsi strictement interdit de réserver des créneaux spécifiques pendant les heures d’ouverture d’un équipement public sur le fondement d’une appartenance religieuse. »
— Alexandre Brugère, préfet des Hauts-de-Seine
Un préfet engagé dans la lutte contre les dérives islamistes
Alexandre Brugère, 38 ans, a fait de la lutte contre l’islamisme et les dérives religieuses un axe central de son action. Ce n’est pas la première fois qu’il intervient dans ce domaine. Fin 2025, il avait démantelé un écosystème d’entrisme islamiste à Colombes, la quatrième ville du département. Une école coranique rigoriste, dirigée par le directeur de cabinet de l’ex-maire (EELV), avait alors été fermée. Par ailleurs, le directeur était également secrétaire général de la mosquée Centre Dignité, qualifiée de « lieu de culte rigoriste » dans un rapport gouvernemental sur les Frères musulmans et l’islam politique. Il avait été démis de ses fonctions à la suite de cette affaire.
Cette fermeté s’inscrit dans un contexte national marqué par l’adoption de nouvelles mesures législatives visant à renforcer la lutte contre le séparatisme. Plusieurs propositions de loi, notamment au Sénat, sont actuellement en discussion pour durcir le cadre juridique existant.
Une décision contestée ? La préfecture reste silencieuse
Sollicitée par Le Figaro, la préfecture des Hauts-de-Seine n’a pas répondu dans l’immédiat aux questions sur d’éventuels recours ou contestations de la part de l’association. L’arrêté de fermeture, daté du 12 mai, est entré en vigueur immédiatement, sans période de transition. Les membres de « Les Héros » disposent désormais de 15 jours pour contester la décision devant le tribunal administratif de Cergy-Pontoise.
Cette affaire illustre la tension croissante autour des questions de laïcité et de séparatisme dans les activités associatives, alors que la France renforce son arsenal juridique dans ce domaine. La prochaine étape pourrait être l’adoption définitive de la proposition de loi portée par le sénateur Bruno Retailleau, qui vise à durcir les sanctions contre les structures prônant des pratiques communautaristes.
L’association dispose de 15 jours à compter de la notification de l’arrêté pour saisir le tribunal administratif de Cergy-Pontoise et contester la fermeture. Aucun recours suspensif n’est automatiquement prévu, mais une demande en référé pourrait être déposée pour suspendre l’exécution de la mesure en attendant un jugement au fond.