Selon Libération, la cour d’assises de la Charente a confirmé vendredi les condamnations à l’encontre de trois rugbymen pour le viol d’une jeune femme lors d’un après-match particulièrement alcoolisé à Bordeaux en 2017. Denis Coulson, Loïck Jammes et Rory Grice voient donc leurs peines de prison fermes maintenues, avec une fourchette allant jusqu’à 14 ans de réclusion pour l’un d’eux. Leurs avocats ont d’ores et déjà annoncé leur intention de se pourvoir en cassation, prolongeant ainsi une procédure judiciaire entamée il y a près de neuf ans.
Ce qu’il faut retenir
- Trois rugbymen condamnés pour le viol d’une jeune femme lors d’un après-match en 2017 à Bordeaux
- Les condamnations ont été confirmées en appel par la cour d’assises de la Charente
- Les peines varient jusqu’à 14 ans de prison ferme pour l’un des accusés
- Les avocats des trois hommes ont annoncé un pourvoi en cassation
- L’affaire remonte à un contexte d’ivresse collective après un match
Une affaire remontant à 2017, enfin jugée en appel
L’affaire, qui a défrayé la chronique à l’époque, concerne un viol commis lors d’un après-match à Bordeaux en 2017. Les trois rugbymen, alors en état d’ébriété avancée, avaient été mis en cause par une jeune femme qui affirmait avoir subi des violences sexuelles dans la nuit du 1er au 2 octobre de cette année-là. Le procès en première instance, qui s’était tenu en 2024, avait déjà abouti à des condamnations à des peines de prison ferme, mais les accusés avaient fait appel de la décision. Vendredi, la cour d’assises de la Charente a donc tranché en confirmant ces verdicts, autant dire que la justice a jugé les éléments à charge suffisamment probants pour écarter tout doute raisonnable.
Des peines sévères, assorties d’un pourvoi en cassation
Parmi les trois condamnés, Rory Grice, qui avait écopé de la peine la plus lourde en première instance, voit sa condamnation à 14 ans de prison maintenue. Denis Coulson et Loïck Jammes, condamnés à des peines respectivement de 10 et 8 ans, voient également leurs verdicts confirmés. Leurs avocats, qui avaient plaidé l’erreur judiciaire et l’absence de preuve formelle, ont immédiatement réagi en annonçant un recours devant la Cour de cassation. Cette étape judiciaire supplémentaire pourrait encore retarder l’exécution des peines, les condamnés restant libres en attendant le résultat de la procédure.
Selon les éléments du dossier, l’aggression aurait eu lieu dans un hôtel bordelais, où la victime, une jeune femme de 22 ans, aurait été droguée et violée à plusieurs reprises par les trois hommes. Les enquêteurs avaient retrouvé des traces de soumission chimique dans son sang, ainsi que des témoignages concordants de témoins présents cette nuit-là. « Les faits sont graves, et la justice a considéré qu’ils relevaient bien de la qualification de viol », a rappelé un porte-parole du parquet de Charente lors de l’audience.
Les associations féministes, qui avaient suivi de près le dossier, appellent désormais à une meilleure prise en charge des victimes de violences sexuelles dans le sport, un milieu où les rapports de force et la culture de l’entre-soi peuvent parfois freiner les dénonciations. Reste à voir si cette affaire, l’une des rares à aboutir à une condamnation ferme dans le milieu rugbystique, servira d’exemple.
Pour l’heure, les trois hommes restent libres et continuent de contester leur culpabilité, tandis que la victime, dont l’anonymat est protégé, voit une nouvelle fois son calvaire prolongé par les recours successifs de ses agresseurs présumés.
Un pourvoi en cassation permet de contester la procédure ou l’application de la loi, sans rejuger les faits. Si la Cour de cassation annule partiellement ou totalement l’arrêt, l’affaire peut être renvoyée devant une autre cour d’assises, prolongeant ainsi la procédure. En cas de rejet, les peines deviennent définitives et peuvent être exécutées.
