Mathilde Panot, députée LFI et figure de proue des débats parlementaires sur les violences conjugales et intrafamiliales, a vivement critiqué le Premier ministre Sébastien Lecornu lors d’un échange tendu à l’Assemblée nationale ce mercredi 17 juin 2026. Selon BFM - Politique, elle lui a reproché de ne pas mettre en place « une politique globale de lutte contre les violences faites aux femmes et aux enfants », qualifiant son action de « cynique » et de « déconnectée » des réalités vécues par les victimes.
Ce qu'il faut retenir
- Mathilde Panot (LFI) accuse Sébastien Lecornu de ne pas mener une politique globale contre les violences faites aux femmes et aux enfants, lors d’un échange à l’Assemblée nationale le 17 juin 2026.
- La députée dénonce un « cynisme » et une « déconnexion » de la part du Premier ministre face aux violences systémiques subies par les femmes et les mineurs.
- L’échange a été marqué par des tensions, notamment autour de l’affaire Lyhanna, décédée en 2025 après des violences présumées.
- Panot a interpellé Lecornu sur le manque de moyens financiers alloués à la prévention et à la protection des victimes.
- Yaël Braun-Pivet (Renaissance) a rappelé, dans le même temps, l’importance de ne pas politiser la lutte contre les violences sexuelles.
Un échange houleux à l’Assemblée nationale
L’affrontement verbal entre Mathilde Panot et Sébastien Lecornu s’inscrit dans le cadre des débats parlementaires sur les violences faites aux femmes et aux enfants. Le Premier ministre, interpellé lors d’une séance de questions au gouvernement, a été accusé par la députée LFI de « refuser d’assumer sa responsabilité » dans la gestion de ce dossier. « Sébastien Lecornu n’a toujours pas compris le caractère massif et systémique des violences faites aux enfants et aux femmes dans notre pays », a-t-elle lancé, selon les comptes-rendus de BFM - Politique.
L’échange a rapidement dégénéré, avec des répliques cinglantes de part et d’autre. Mathilde Panot a notamment lancé : « Stop à votre cynisme », tout en exigeant des engagements concrets : « Mettez cet argent sur la table maintenant ». Le Premier ministre, pour sa part, a défendu l’action gouvernementale, sans pour autant apporter de réponse directe aux critiques sur le manque de moyens alloués à la prévention et à la protection des victimes.
L’affaire Lyhanna, symbole des lacunes dénoncées
L’interpellation de Sébastien Lecornu s’inscrit dans la continuité des tensions autour de l’affaire Lyhanna, une fillette de 5 ans décédée en 2025 des suites présumées de violences infligées par son beau-père. Lors de l’audience, Mathilde Panot a souligné que cette tragédie illustrait l’échec des dispositifs de protection de l’enfance et des signalements systématiques. « On a affaire à un problème structurel, pas à des cas isolés », a-t-elle insisté, rappelant que les violences intrafamiliales touchent des milliers d’enfants chaque année en France.
Le gouvernement a pourtant adopté en 2025 une loi visant à renforcer la lutte contre les violences sexistes et sexuelles, mais son application reste critiquée. Mathilde Panot a pointé du doigt le manque de moyens financiers alloués à cette politique, estimant que les annonces ne suffisaient pas à répondre à l’ampleur du problème. « On plaide pour cette loi intégrale depuis 2025 », a-t-elle rappelé, « mais où est l’argent ? Où sont les moyens humains ? »
Des divisions persistantes sur la lutte contre les violences
Dans ce contexte, Yaël Braun-Pivet, présidente de l’Assemblée nationale, a tenté d’appeler à la modération, soulignant que la lutte contre les violences sexuelles ne devait pas être « politisée ». « Ne politisons pas la fête de la musique », a-t-elle déclaré, tout en réaffirmant son engagement en faveur de mesures concrètes. Pourtant, les tensions entre les groupes politiques persistent, reflétant des divergences sur la méthode et les priorités à adopter.
Par ailleurs, le gouvernement a annoncé l’organisation de tests anti-drogue au sein des ministères, une mesure présentée comme une réponse à la hausse des consommations dans l’espace public. Sébastien Lecornu a justifié cette initiative en évoquant la nécessité de « garantir la sécurité » des agents publics, mais cette annonce a été accueillie avec scepticisme par une partie de l’opposition, qui y voit une diversion face aux critiques sur les violences conjugales.
Un contexte politique tendu
Ces échanges surviennent alors que le gouvernement fait face à des critiques sur plusieurs fronts. La loi agricole, récemment adoptée à l’Assemblée, est vivement contestée par la ministre de la Transition écologique, qui dénonce un texte « allant beaucoup trop loin » sur la gestion de l’eau et la protection du loup. Autant dire que l’exécutif doit composer avec des dossiers sensibles, où les compromis politiques s’avèrent difficiles à trouver.
Dans ce paysage politique fragmenté, les violences faites aux femmes et aux enfants restent un sujet de clivage. Mathilde Panot, figure montante de La France Insoumise, continue de mobiliser l’opinion publique sur ce dossier, tandis que le gouvernement tente de concilier fermeté affichée et contraintes budgétaires.
Dans un contexte où les violences faites aux femmes et aux enfants continuent de faire des victimes, les prochains mois seront déterminants pour évaluer l’engagement réel des pouvoirs publics. La pression médiatique et politique pourrait contraindre l’exécutif à revoir sa copie, sous peine de voir s’amplifier les critiques sur son manque d’action globale.
La loi adoptée en 2025 prévoit notamment le renforcement des moyens alloués aux associations d’aide aux victimes, la création de nouveaux dispositifs de signalement en ligne, et l’élargissement des peines encourues pour les auteurs de violences conjugales. Elle inclut également des mesures pour accélérer les procédures judiciaires dans les affaires de violences intrafamiliales.