Près de **255 signalements** de violences sexistes et sexuelles en milieu scolaire et périscolaire ont été enregistrés depuis le début de l’année 2026. Ce chiffre, révélé par Le Monde – Éducation, intervient alors que les députés examinent aujourd’hui une proposition de loi visant à renforcer la lutte contre ces agissements. Ce texte, surnommé « post-Bétharram » en référence à l’affaire ayant révélé l’ampleur des violences dans un établissement pyrénéen, s’inscrit dans un contexte où les établissements scolaires sont appelés à jouer un rôle accru dans la protection des mineurs.
Ce qu'il faut retenir
- 255 signalements de violences sexistes et sexuelles en milieu scolaire et périscolaire enregistrés depuis janvier 2026, selon Le Monde – Éducation.
- Une proposition de loi « post-Bétharram » est examinée aujourd’hui à l’Assemblée nationale pour renforcer la protection des enfants.
- Ce texte vise à améliorer la détection, le signalement et la prise en charge des violences en milieu éducatif.
- L’affaire de Bétharram, révélée en 2023, a mis en lumière des dysfonctionnements dans la gestion des signalements.
Une proposition de loi inspirée par l’affaire de Bétharram
Le texte « post-Bétharram », dont l’examen commence aujourd’hui à l’Assemblée nationale, s’appuie sur les enseignements tirés de l’affaire ayant ébranlé un établissement scolaire des Pyrénées-Atlantiques. En 2023, des révélations concernant des violences sexuelles répétées au sein du lycée professionnel Notre-Dame-de-Bétharram avaient provoqué une onde de choc dans le pays. À l’époque, les signalements avaient révélé des défaillances dans la chaîne de protection des mineurs, notamment en matière de transmission des informations entre les services de l’Éducation nationale, les familles et les autorités judiciaires.
C’est dans ce cadre que la proposition de loi entend renforcer les obligations des établissements en matière de prévention et de traitement des violences. Parmi les mesures envisagées figurent l’obligation de désigner un référent « violences sexistes et sexuelles » dans chaque école, collège et lycée, ainsi que la mise en place de protocoles stricts pour le signalement des incidents. « L’objectif est clair : éviter que des situations ne restent dans l’ombre », a indiqué l’un des rapporteurs du texte, sans pour autant donner plus de détails sur les mesures spécifiques prévues.
Des signalements en hausse, mais une sous-estimation possible
Les **255 signalements** enregistrés depuis janvier 2026 – soit cinq mois – représentent une moyenne de **plus de 50 par mois**. Ce chiffre, bien qu’important, pourrait ne refléter qu’une partie de la réalité, selon plusieurs observateurs. En effet, les associations spécialisées soulignent que de nombreux cas ne sont pas rapportés par crainte des représailles, par méconnaissance des procédures ou par manque de confiance dans les institutions. Le Monde – Éducation précise que ces signalements couvrent à la fois les violences physiques, verbales et numériques, avec une prédominance des cas de harcèlement et d’agressions à caractère sexuel.
Les statistiques, encore partielles, montrent une concentration des signalements dans les collèges et lycées, où les élèves sont plus susceptibles de subir des pressions de la part de leurs pairs. Les zones urbaines, et notamment les établissements situés en quartiers prioritaires, sont particulièrement touchés. Un constat qui interroge sur l’efficacité des dispositifs de prévention existants et sur les moyens alloués aux établissements pour y faire face.
Des lacunes persistantes dans la chaîne de protection
Malgré les avancées législatives récentes, comme la loi de 2022 contre les violences scolaires, les associations pointent du doigt des failles persistantes. Le **référent « violences sexistes et sexuelles »**, prévu par la future loi, existe déjà dans certains établissements, mais son rôle reste souvent mal défini. « On constate encore trop de cas où les signalements ne sont pas transmis aux autorités compétentes », a déploré une membre du collectif « Nous Toutes Éducation », qui milite pour une meilleure formation des personnels éducatifs.
Autre enjeu majeur : la prise en charge des victimes. Les délais pour obtenir un soutien psychologique ou juridique restent parfois très longs, ce qui peut aggraver les traumatismes subis. Certains cas, comme celui d’une élève de 15 ans signalée pour harcèlement en ligne en mars 2026, n’ont abouti à aucune sanction contre l’auteur présumé, faute de preuves suffisantes ou de volonté de la part de l’établissement. Des situations qui alimentent la défiance des familles envers les institutions scolaires.
Pour l’heure, la ministre de l’Éducation nationale, **Amélie Oudéa-Castéra**, n’a pas encore réagi publiquement à la publication de ces chiffres. Son cabinet a simplement indiqué que « des discussions sont en cours pour renforcer les dispositifs de signalement et de prise en charge ». La prochaine échéance à surveiller sera la présentation du rapport annuel sur les violences en milieu scolaire, attendu pour l’automne 2026.
Parmi les mesures phares figurent l’obligation de désigner un référent « violences sexistes et sexuelles » dans chaque établissement, la mise en place de protocoles stricts pour le signalement des incidents, et le renforcement des sanctions contre les établissements ne respectant pas leurs obligations. Le texte prévoit également une meilleure coordination entre les services de l’Éducation nationale, les familles et les autorités judiciaires.