Alors que l'Europe traverse une saison estivale marquée par une recrudescence des maladies vectorielles, la Grèce et l'Italie figurent parmi les pays les plus touchés par le virus du Nil occidental, selon Euronews FR. Jusqu’au début du mois d’août 2026, ces deux États enregistrent une circulation active du virus, avec des situations contrastées entre les régions.
Ce qu'il faut retenir
- 65 cas locaux recensés en Grèce depuis le début de la saison, dont 54 cas graves (encéphalite, méningite ou paralysie flasque aiguë) et 6 décès, tous chez des patients de plus de 65 ans.
- En Italie, 94 cas humains confirmés, soit le plus grand nombre en Europe, devant la Macédoine du Nord et l’Espagne (7 cas chacun).
- 49 zones touchées dans sept pays européens, dont 30 en Italie et 8 en Grèce, selon le Centre européen de prévention et de contrôle des maladies (ECDC).
- L’EODY grecque souligne que pour un cas grave, 140 infections restent asymptomatiques ou bénignes, indiquant une circulation « silencieuse » du virus.
- 20 patients toujours hospitalisés en Grèce, dont 8 en soins intensifs, tandis que 38 sont rentrés chez eux.
- Les régions grecques les plus touchées : l’Attique, la Thessalie et la Macédoine centrale.
En Grèce, une hausse des cas graves et des décès
Depuis le début de la période de transmission en 2026, la Grèce enregistre une progression notable des infections par le virus du Nil occidental. 65 cas locaux ont été confirmés jusqu’au 5 août, dont une majorité présentant des complications neurologiques sévères, selon l’Organisation nationale de santé publique grecque (EODY). Parmi ces patients, 54 ont développé des encéphalites, méningites ou paralysies flasques aiguës, tandis que 11 ont présenté des symptômes légers ou sont restés asymptomatiques.
Le bilan humain s’alourdit avec six décès, tous survenus chez des personnes âgées de plus de 65 ans et souffrant de formes graves affectant le système nerveux central. L’EODY met en garde contre une circulation « silencieuse » du virus : «
Pour chaque cas avec atteinte neurologique, on estime qu’environ 140 personnes sont infectées mais ne présentent que des symptômes légers ou aucun symptôme.» Cette proportion illustre l’ampleur réelle de la transmission, bien au-delà des cas déclarés.
L’Italie, premier pays européen touché par le virus
De son côté, l’Italie reste le pays le plus affecté en Europe, avec 94 cas humains confirmés depuis le début de l’année, selon les dernières données de l’ECDC arrêtées au 29 juillet 2026. Le virus circule dans 30 zones différentes, principalement dans le nord et le centre du pays. Les régions de Lombardie, Vénétie et Émilie-Romagne figurent parmi les plus concernées, bien que des foyers aient également été signalés dans le sud, comme près de Rome.
Parmi les autres pays européens touchés, la Macédoine du Nord et l’Espagne enregistrent chacune sept cas, suivies de la Roumanie (5 cas), de la France (2 cas) et de l’Allemagne (1 cas). Au total, 49 zones ont été identifiées comme touchées par le virus du Nil occidental sur le continent, confirmant une propagation large et hétérogène.
Une répartition géographique inégale en Grèce
En Grèce, la répartition des cas reflète une concentration particulière dans certaines régions. Les autorités sanitaires ont recensé des infections dans 25 municipalités réparties entre l’Attique (où la circulation est la plus intense), la Thessalie et la Macédoine centrale. L’Attique, qui abrite Athènes, concentre à elle seule une grande partie des cas, reflétant probablement une densité plus élevée de moustiques vecteurs et une exposition accrue de la population.
Sur les 65 patients grecs, la situation hospitalière reste préoccupante : 20 personnes sont toujours prises en charge, dont 12 en services classiques et 8 en unités de soins intensifs. 38 patients ont pu quitter l’hôpital, tandis qu’un seul n’a pas nécessité d’hospitalisation. Le virus, transmis par les moustiques du genre Culex, continue donc de circuler activement, avec des conséquences sanitaires variables selon les profils des patients.
Un phénomène saisonnier qui s’inscrit dans un contexte européen
La recrudescence estivale du virus du Nil occidental n’est pas un phénomène isolé en Europe. Chaque année, entre juin et septembre, les conditions climatiques favorisent la prolifération des moustiques, vecteurs de cette maladie. Selon l’ECDC, la période actuelle correspond à la phase de transmission maximale, avec une multiplication des signalements dans plusieurs pays. L’Italie, la Grèce, la Macédoine du Nord et l’Espagne sont les plus exposées, mais d’autres États, comme la Roumanie ou la France, enregistrent également des cas sporadiques.
Les experts rappellent que le virus du Nil occidental, bien que généralement bénin dans 80 % des cas, peut provoquer des complications graves chez les personnes immunodéprimées, les personnes âgées ou celles souffrant de comorbidités. La surveillance épidémiologique reste donc cruciale pour limiter la propagation et adapter les mesures de santé publique.
Reste à voir si les mesures de prévention, comme la lutte antivectorielle ou les campagnes de sensibilisation, permettront de réduire l’impact de cette maladie. Pour l’heure, la vigilance reste de mise dans les régions les plus touchées, où la vigilance des populations et des professionnels de santé sera déterminante.
Les symptômes les plus fréquents incluent fièvre, maux de tête, fatigue et douleurs musculaires. Dans les cas graves, des signes neurologiques (confusion, raideur de la nuque, paralysie) peuvent apparaître. Il est conseillé de consulter un médecin en cas de symptômes persistants ou sévères, notamment chez les personnes fragiles.
L’utilisation de répulsifs cutanés, le port de vêtements longs et l’installation de moustiquaires sont recommandés. Éviter les points d’eau stagnante autour des habitations permet également de limiter la prolifération des moustiques. Les autorités sanitaires locales publient régulièrement des conseils adaptés à chaque région.