Rima Hassan, eurodéputée LFI, s’est rendue ce lundi 26 mai 2025 au Lundi de Pentecôte à la maison d’arrêt d’Osny, dans le Val-d’Oise, pour une visite de contrôle des lieux de privation de liberté, aux côtés de plusieurs élus insoumis et écologistes. Selon Le Figaro, elle y a rencontré Ali, un ressortissant palestinien détenu depuis mai 2024, mis en examen pour complicité de tentatives d’assassinats en lien avec une entreprise terroriste, association de malfaiteurs terroriste et financement du terrorisme. Ces faits lui valent une mise en examen passible de la réclusion criminelle à perpétuité.
Ce qu’il faut retenir
- Ali, un Palestinien réfugié en France depuis une dizaine d’années, est incarcéré depuis mai 2024 pour des faits liés au terrorisme, selon les informations confirmées par son avocat Me Raphaël Kempf auprès du Figaro.
- L’eurodéputée Rima Hassan et plusieurs élus (dont Gabrielle Cathala, Thomas Portes et Sabrina Sebaihi) se sont rendus à la prison d’Osny en exercice de leur droit de visite parlementaire, sans en préciser la nature des charges du détenu.
- Rima Hassan a publié sur X (ex-Twitter) une photo d’Ali en le présentant comme « un réfugié palestinien en détention provisoire depuis deux ans sur la base d’accusations provenant de l’État colonial israélien », omettant les chefs d’accusation français.
- Les règles de la visite, rappelées à l’entrée, interdisaient tout échange sur la situation pénale du détenu et interdisaient la langue arabe dans ce cadre. Pourtant, selon Europe 1, Rima Hassan aurait discuté en arabe avec Ali et abordé des éléments de sa procédure judiciaire.
- Ali a obtenu le statut de réfugié en France en 2016 en raison de persécutions présumées imputées à Israël, un statut qu’il a perdu depuis son incarcération. Une manifestation est prévue ce samedi 31 mai 2025 à Paris pour réclamer sa libération.
Une visite parlementaire sous haute controverse
Cette visite s’inscrit dans le cadre des prérogatives des parlementaires français, qui peuvent exercer un droit de contrôle sur les lieux de détention. Cependant, Le Figaro souligne que la nature des charges pesant sur Ali n’a pas été mentionnée par les élus lors de leur annonce publique. Gabrielle Cathala, Thomas Portes, Rima Hassan et Sabrina Sebaihi se sont présentés à la porte de la maison d’arrêt d’Osny, située dans le Val-d’Oise, ce lundi 26 mai 2025, jour férié de Pentecôte.
Dès leur arrivée, les règles de visite leur ont été rappelées : aucun échange sur la situation pénale des détenus et aucune visite ciblée sans autorisation judiciaire. Pourtant, selon les informations d’Europe 1 confirmées par l’avocat du détenu, Me Raphaël Kempf, Rima Hassan aurait enfreint ces consignes en s’entretenant avec Ali en arabe – langue prohibée dans ce cadre – et en lui prodiguant plusieurs accolades. L’eurodéputée aurait également abordé des éléments relevant de sa procédure judiciaire, ce qui constitue une violation des règles carcérales.
Les accusations portées contre Ali et son statut de réfugié
Ali, un ressortissant palestinien, est incarcéré depuis mai 2024 pour complicité de tentatives d’assassinats en lien avec une entreprise terroriste, association de malfaiteurs terroriste et financement du terrorisme. Ces chefs d’accusation, selon les informations du Figaro, pourraient lui valoir une peine de réclusion criminelle à perpétuité. Avant son transfert à la prison d’Osny, il a transité pendant trois mois au quartier d’évaluation de la radicalisation de Vendin-le-Vieil, dans le Pas-de-Calais.
Ali a obtenu le statut de réfugié en France en 2016, après avoir affirmé avoir été incarcéré en Israël alors qu’il était mineur et avoir subi des actes de torture et des traitements inhumains. Ces éléments avaient alors justifié l’octroi de ce statut par la Cour nationale du droit d’asile. Cependant, ce statut lui a été retiré depuis son placement en détention en France pour des faits de terrorisme présumé. Son avocat, Me Raphaël Kempf, assure que son client « conteste fermement les faits qui lui sont reprochés » et dénonce une incarcération qu’il juge « scandaleuse », rappelant qu’Ali « demeure présumé innocent » jusqu’à un éventuel procès.
Une publication sur X qui minimise les charges judiciaires
À peine sortie de l’établissement pénitentiaire, Rima Hassan a publié sur X une photographie d’Ali, prise de dos, accompagnée d’un commentaire selon lequel il s’agirait d’« un réfugié palestinien en détention provisoire depuis deux ans sur la base d’accusations provenant de l’État colonial israélien ». Cette publication, largement relayée par ses soutiens, occulte délibérément les chefs d’accusation français pesant sur lui. Le Figaro rappelle que ces accusations sont liées à des faits de terrorisme commis en France, et non à des procédures émanant d’Israël.
Cette prise de position a suscité une polémique, d’autant que l’eurodéputée a été élue en partie sur son engagement en faveur des causes palestiniennes. Son avocat n’a pas répondu à nos sollicitations pour préciser ses motivations dans cette visite.
Cette affaire soulève également des questions sur l’équilibre entre le droit de visite des parlementaires et les impératifs de sécurité dans les établissements pénitentiaires, surtout lorsque les détenus sont accusés d’infractions graves. Les règles encadrant ces visites pourraient faire l’objet de révisions, comme cela a été le cas par le passé après des incidents similaires.
Un statut de réfugié suspendu depuis l’incarcération
Le cas d’Ali illustre les tensions entre la protection des réfugiés et les impératifs de lutte contre le terrorisme. Bien que son statut de réfugié ait été accordé en raison de persécutions présumées en Israël, les autorités françaises ont estimé que ses actes présumés en France justifiaient son incarcération. Cette situation pose la question de la compatibilité entre ces deux statuts, surtout lorsque les faits reprochés relèvent du terrorisme international.
Selon les informations disponibles, Ali aurait été arrêté en France après avoir été identifié comme un soutien logistique présumé à des réseaux terroristes. Son passage par le quartier d’évaluation de la radicalisation de Vendin-le-Vieil avait déjà attiré l’attention des services de renseignement, avant son transfert vers Osny.
Cette affaire rappelle également les débats récurrents sur l’efficacité des dispositifs de détection de la radicalisation en milieu carcéral, alors que les établissements pénitentiaires restent un terrain propice au recrutement par des organisations terroristes.
Les parlementaires français disposent d’un droit de visite dans les lieux de privation de liberté, quel que soit le motif de l’incarcération. Ce droit leur permet de contrôler les conditions de détention, mais il est encadré : les échanges sur la situation pénale des détenus sont interdits, et les visites ciblées nécessitent une autorisation judiciaire. Dans ce cas, la visite n’avait pas été autorisée spécifiquement pour ce détenu, mais s’inscrivait dans un contrôle général des lieux.