Le président français Emmanuel Macron a dépêché son ministre des Affaires étrangères, Stéphane Séjourné, en Algérie ce week-end, alors que la situation politique au Sénégal reste sous haute tension après la condamnation de l’ancien président Macky Sall pour « corruption passive » et « trafic d’influence ». Dans le même temps, le projet de gazoduc entre le Maroc et le Nigeria franchit une nouvelle étape avec la signature d’un mémorandum d’entente entre les trois pays concernés. Selon France 24, ces événements marquent une semaine charnière pour les relations diplomatiques et économiques du continent africain.

Ce qu'il faut retenir

  • Stéphane Séjourné se rend en Algérie pour des discussions sur la sécurité régionale et les flux migratoires
  • Le Sénégal maintient son soutien à l’ancien président Macky Sall, condamné à cinq ans de prison ferme
  • Le gazoduc Nigeria-Maroc, estimé à 25 milliards de dollars, progresse avec l’implication du Nigeria, du Maroc et de plusieurs pays ouest-africains
  • Les tensions persistent entre Dakar et la communauté internationale sur la gestion de la crise post-électorale

Séjourné en Algérie : une visite sous le signe de la sécurité et de la migration

Stéphane Séjourné, ministre français des Affaires étrangères, a atterri ce lundi 10 août 2026 à Alger pour une visite officielle de deux jours. D’après France 24, l’objectif affiché est de renforcer la coopération bilatérale, notamment sur les questions de sécurité au Sahel et de gestion des flux migratoires en Méditerranée. Les discussions porteront également sur les projets énergétiques communs, alors que l’Algérie cherche à diversifier ses partenariats face à la montée des tensions avec ses voisins.

Cette visite intervient dans un contexte où Alger multiplie les initiatives diplomatiques pour affirmer son rôle central en Afrique du Nord. Les autorités algériennes ont récemment accueilli des représentants de la junte malienne et burkinabè, une démarche qui a suscité des interrogations en Europe. Séjourné devrait rencontrer son homologue algérien, Ahmed Attaf, ainsi que des responsables de l’Union africaine.

Sénégal : Dakar maintient son soutien à Macky Sall malgré sa condamnation

Le gouvernement sénégalais a réaffirmé ce week-end son soutien à l’ancien président Macky Sall, condamné vendredi 8 août 2026 à cinq ans de prison ferme pour « corruption passive » et « trafic d’influence ». Comme le rapporte France 24, Dakar a qualifié le procès de « politiquement motivé », une position qui isole le pays sur la scène internationale. La Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (Cédéao) a exprimé sa « préoccupation » face à cette décision, sans pour autant remettre en cause sa légitimité.

La condamnation de Sall, qui avait quitté le pouvoir en avril 2024 après deux mandats, a relancé les tensions politiques au Sénégal. Ses partisans dénoncent une instrumentalisation de la justice, tandis que ses détracteurs y voient une opportunité de tourner la page d’une décennie de gouvernance contestée. La Cour suprême doit maintenant trancher sur un éventuel recours, une procédure qui pourrait s’étendre sur plusieurs mois.

Gazoduc Maroc-Nigeria : un projet pharaonique en marche

Le projet de gazoduc Nigeria-Maroc, annoncé en 2016, a franchi une nouvelle étape ce vendredi avec la signature d’un mémorandum d’entente entre le Nigeria, le Maroc et la Banque africaine de développement. D’après France 24, ce pipeline de 5 660 kilomètres, censé traverser une dizaine de pays d’Afrique de l’Ouest, devrait être opérationnel d’ici 2030, avec un coût estimé à 25 milliards de dollars.

Ce projet, porté par le Nigeria et le Maroc, vise à diversifier les sources d’approvisionnement en gaz pour l’Europe, tout en dynamisant les économies locales. Plusieurs pays comme le Bénin, le Togo, le Ghana ou encore la Côte d’Ivoire ont déjà manifesté leur intérêt pour y participer. « Ce gazoduc pourrait transformer l’Afrique de l’Ouest en un hub énergétique majeur », a déclaré le ministre nigérian des Ressources pétrolières, Timipre Sylva. Cependant, des questions subsistent sur le financement et la faisabilité technique d’un tel ouvrage.

Et maintenant ?

La visite de Séjourné en Algérie devrait permettre de clarifier la position française sur les crises régionales, alors que Paris tente de concilier ses intérêts économiques avec ses engagements en matière de droits humains. Côté sénégalais, l’attente se porte désormais sur la décision de la Cour suprême, qui pourrait soit atténuer, soit aggraver la crise politique. Enfin, le projet de gazoduc devra surmonter des défis logistiques et financiers colossaux avant de devenir une réalité.

La prochaine réunion des ministres de l’Énergie de la Cédéao, prévue pour octobre 2026, pourrait apporter des éclaircissements sur le calendrier et les modalités de financement de l’infrastructure.

Ces développements soulèvent une question centrale : dans quelle mesure ces initiatives diplomatiques et économiques pourront-elles stabiliser une région en proie à l’instabilité politique et aux crises sécuritaires ?