Selon Euronews FR, la visite du pape Léon XIV en Espagne, prévue du 7 au 13 juin 2026, devrait générer des retombées économiques cinq fois supérieures à son coût de 25 millions d’euros. Les estimations, présentées par la Conférence épiscopale espagnole (CEE), confirment l’impact économique immédiat de l’événement, même si celui-ci reste inférieur à celui des Journées mondiales de la jeunesse (JMJ) de Madrid en 2011.
Ce qu'il faut retenir
- Budget total estimé à 25 millions d’euros, dont 85 % consacré aux actes programmés et 15 % à la logistique et à l’organisation.
- Des retombées économiques immédiates comprises entre 90 et 125 millions d’euros, selon le cabinet ObservaTUR, avec un « effet vitrine » durable pour le tourisme espagnol.
- Quatre villes concernées : Madrid, Barcelone, Grande Canarie et Tenerife, avec une hausse de 46 % des réservations à Madrid et 52 % à Barcelone sur les plateformes d’hébergement.
- La visite coïncidera avec les concerts de Bad Bunny à Madrid, un double moteur touristique pour la capitale espagnole.
- Le financement repose sur des dons, des contributions des diocèses, des aides publiques et des contributions individuelles via des plateformes comme Bizum.
Un budget maîtrisé et des retombées économiques cinq fois supérieures
Lors d’une conférence de presse tenue mardi, Fernando Giménez Barriocanal, coordinateur général adjoint de la visite et sous-secrétaire aux affaires économiques de la CEE, a détaillé le budget consolidé de l’événement. « Nous estimons actuellement que le budget consolidé, sans évidemment disposer encore de tous les chiffres définitifs, s’élèvera à 25 millions d’euros », a-t-il expliqué. Ce montant couvre l’ensemble des dépenses liées à la logistique, aux accréditations, au matériel liturgique et à l’hébergement de la délégation papale.
Malgré ces chiffres, l’épiscopat espagnol rappelle que l’objectif premier reste spirituel et social. « Ce n’est pas pour cela que nous le faisons », a souligné Giménez Barriocanal, insistant sur la dimension pastorale du voyage plutôt que sur son aspect financier.
Un impact économique immédiat et un « effet vitrine » à long terme
Le cabinet spécialisé ObservaTUR, cité par Euronews FR, évalue l’impact économique immédiat de la visite entre 90 et 125 millions d’euros. Cette étude distingue les dépenses directement liées à l’organisation des retombées économiques générées par la consommation dans les secteurs de l’hébergement, de la restauration, du commerce et des transports. Contrairement aux JMJ de 2011, dont l’impact total avait atteint 354,3 millions d’euros, la visite de Léon XIV s’inscrit dans un format intermédiaire : sept jours, quatre étapes et une couverture médiatique internationale.
L’analyse d’ObservaTUR met en avant un « effet vitrine » susceptible de renforcer à moyen terme le tourisme religieux et culturel en Espagne. « L’impact de la visite du Saint-Père ne se réduit pas à une semaine de consommation », souligne le rapport. L’événement pourrait ainsi accélérer l’intérêt pour l’Espagne, avec des retombées économiques différées mais durables.
Des réservations en hausse et une demande touristique soutenue
Les signes d’un impact économique déjà visible se multiplient. Les plateformes comme Booking.com enregistrent des hausses significatives des recherches d’hébergement dans les villes concernées : +46 % à Madrid et +52 % à Barcelone. Les associations hôtelières anticipent des taux d’occupation élevés et une augmentation des prix moyens, en particulier dans la capitale espagnole, où la demande internationale représente plus de la moitié des réservations.
Le secteur de la restauration et des appartements touristiques devrait également profiter de l’afflux de visiteurs, majoritairement des familles et des groupes qui prolongeront leur séjour. À Barcelone et Madrid, bars et restaurants affichent déjà complets pour les dates clés de l’agenda du pape. Aux Canaries, les professionnels du tourisme soulignent la valeur promotionnelle de sa présence, amplifiée par la couverture médiatique internationale.
Bad Bunny et Léon XIV : un duo inattendu pour Madrid
La visite de Léon XIV coïncidera avec les concerts de l’artiste portoricain Bad Bunny à Madrid, un phénomène rare qui pourrait renforcer l’attractivité de la capitale. « Ces deux événements, de nature très différente, attireront au cours des mêmes jours des dizaines de milliers de visiteurs nationaux et internationaux », expliquent des sources du secteur. Tandis que l’agenda papal mobilisera fidèles, pèlerins et médias internationaux, les concerts mobiliseront un public jeune et dynamique, enclin à dépenser dans l’hébergement, la restauration et les loisirs.
Cette superposition d’événements rares crée un effet cumulatif, multipliant l’impact économique sur Madrid. Les professionnels du tourisme y voient une opportunité de renforcer l’image de la ville comme destination majeure d’événements internationaux.
Un financement diversifié et un audit en perspective
Le financement de la visite repose sur plusieurs sources. Les dons de bienfaiteurs et d’entreprises, les contributions des diocèses et de l’Église, ainsi que les aides publiques – notamment aux Canaries et en Catalogne – constituent la base du budget. Les fidèles sont également sollicités via des canaux comme Bizum, permettant des contributions individuelles. Une fois l’événement terminé, un cabinet spécialisé réalisera un audit complet des comptes, fournissant un rapport définitif des dépenses et recettes.
Parmi les dépenses directes assumées par la CEE figurent l’hébergement et le transport de la délégation papale, les accréditations, le matériel liturgique et l’équipement des quelque 20 000 volontaires mobilisés pour l’organisation.
Cette visite s’inscrit dans une dynamique plus large pour l’Espagne, qui mise sur des événements internationaux pour dynamiser son économie. Si les chiffres provisoires se confirment, l’Espagne pourrait ainsi renforcer son attractivité touristique, notamment dans les domaines religieux et culturel.
La visite du pape Léon XIV en Espagne se déroulera dans quatre villes : Madrid, Barcelone, Grande Canarie et Tenerife.
Le financement repose sur plusieurs sources : dons de bienfaiteurs et d’entreprises, contributions des diocèses et de l’Église, aides publiques (notamment aux Canaries et en Catalogne) et contributions individuelles via des plateformes comme Bizum.