Un vol audacieux a été perpétré jeudi après-midi dans les locaux du musée des arts appliqués de Vienne (MAK), où un collier exceptionnel de Van Cleef & Arpels, estimé à plusieurs millions d’euros, a été dérobé sous les yeux des visiteurs. Selon Le Figaro, deux individus non masqués, filmés par les caméras de surveillance, ont brisé une vitrine au marteau avant de s’emparer du bijou avant de prendre la fuite.
Ce qu'il faut retenir
- Un collier Van Cleef & Arpels de 200 carats, composé de 673 diamants, a été volé en plein jour au musée MAK de Vienne.
- Les voleurs, deux hommes non masqués, ont brisé une vitrine au marteau avant de disparaître avec le bijou.
- Le collier, réalisé pour l’ancienne famille royale égyptienne, était exposé dans le cadre d’une rétrospective Van Cleef & Arpels.
- L’estimation du bijou s’élève à plusieurs millions d’euros, selon Sotheby’s (2015).
- L’enquête est en cours, et le musée reste fermé jusqu’à nouvel ordre.
Un vol filmé en pleine lumière au musée MAK de Vienne
Deux hommes, achetant leurs billets comme des visiteurs ordinaires, ont profité d’un moment d’inattention pour s’attaquer à une vitrine abritant l’un des joyaux de l’exposition temporaire dédiée à Van Cleef & Arpels. D’après le communiqué de la police autrichienne publié dans la nuit de jeudi à vendredi, ils ont utilisé un marteau pour briser la protection en verre avant de s’emparer du collier et de fuir dans une direction inconnue. Aucune arrestation n’a encore été signalée.
Le musée MAK a confirmé le vol dans la soirée, tout en précisant qu’il ne pouvait « fournir à ce stade aucune information concernant l’enquête en cours ». L’établissement, fermé au public jusqu’à nouvel ordre, abrite habituellement des collections permanentes et des expositions temporaires, dont celle dédiée à la haute joaillerie française, ouverte depuis le 10 juin et prévue jusqu’au 27 septembre 2026.
Un bijou d’exception, symbole d’un héritage royal égyptien
Ce collier, d’une valeur inestimable, n’est pas un simple accessoire de joaillerie. Réalisé spécialement pour l’ancienne famille royale égyptienne en 1939, il fut porté par la reine Nazli lors du mariage de sa fille Faïza avec le futur chah Mohammad Reza Pahlavi. D’après les archives de Van Cleef & Arpels, ce modèle iconique incarne « une pièce monochrome du triomphe de la joaillerie blanche », composée de 673 diamants montés sur platine, pour un poids total dépassant les 200 carats.
Le bijou était accompagné d’un diadème assorti, reprenant les mêmes motifs semi-circulaires ornés de rubans de platine et de diamants. Ces pièces, parmi les plus emblématiques de la maison fondée en 1906 sur la Place Vendôme à Paris, étaient présentées au public viennois dans le cadre d’une exposition temporaire réunissant plus de 500 pièces, dont plus de 300 issues des collections Van Cleef & Arpels.
Une valeur estimée à plusieurs millions d’euros, propriété toujours inconnue
Interrogé par l’AFP sur la valeur exacte du collier et son propriétaire actuel, le musée MAK a refusé de s’exprimer. Pourtant, selon les informations relayées par la radio autrichienne Ö1, ce bijou aurait été estimé à plusieurs millions d’euros par la maison de ventes Sotheby’s lors d’une expertise menée en 2015. Contactée par nos soins, la direction de Van Cleef & Arpels n’a pas réagi dans l’immédiat.
Ce silence autour de la propriété du collier s’ajoute au mystère entourant les circonstances du vol. Le musée MAK, qui n’a pas souhaité communiquer sur les mesures de sécurité en place au moment des faits, évoque désormais une réévaluation des dispositifs de protection dans ses salles d’exposition.
Un contexte marqué par une recrudescence des vols dans les musées européens
Ce vol survient dans un contexte où les institutions culturelles européennes renforcent leurs mesures de sécurité face à une vague de cambriolages ciblant des pièces de grande valeur. Fin juillet 2026, le gouvernement français avait recommandé le retrait temporaire de certaines œuvres des vitrines, en attendant une sécurisation renforcée des musées. Jeudi encore, en Espagne, le Trésor de Villena, une collection d’orfèvrerie en or de l’âge du Bronze considérée comme l’une des plus précieuses d’Europe, a été dérobé quasi intégralement dans un musée du sud-est du pays.
Ces événements rappellent la vulnérabilité des institutions face à des réseaux criminels organisés, capables de frapper à l’étranger avec une rapidité et une précision déconcertantes. En Autriche comme en France ou en Espagne, les autorités multiplient les audits de sécurité, sans pour autant écarter le risque de nouvelles tentatives.
Reste à savoir si ce collier, d’une telle notoriété, réapparaîtra un jour sur le marché légal — ou si, comme d’autres pièces prestigieuses avant lui, il disparaîtra définitivement dans l’ombre des circuits illicites.
Selon le musée, la valeur d’un bien culturel volé dépend de multiples facteurs (historique, rareté, état) et n’est pas systématiquement rendue publique pour éviter d’attirer l’attention sur les pièces. Une estimation, comme celle évoquée par Sotheby’s en 2015, ne reflète pas nécessairement sa valeur actuelle, notamment en cas de vol ou de disparition.