D'après Frandroid, le géant allemand Volkswagen a lancé un appel urgent à Bruxelles pour alerter sur l’essor des hybrides rechargeables chinoises en Europe. Selon l’industriel, ces modèles représenteraient déjà 28 % du marché des véhicules rechargeables, un chiffre qui illustre la rapidité avec laquelle les constructeurs asiatiques grignotent des parts de marché aux Européens.

Le patron du groupe, dont les propos ont été rapportés par Frandroid, exprime une inquiétude croissante face à cette stratégie. Pour lui, ces véhicules hybrides rechargeables permettraient aux constructeurs chinois de contourner les droits de douane actuellement en vigueur sur les voitures 100 % électriques importées. Une manœuvre qui, selon Volkswagen, menace directement la compétitivité de l’industrie automobile européenne.

Ce qu'il faut retenir

  • 28 % du marché des véhicules rechargeables seraient déjà occupés par des hybrides rechargeables chinoises, selon Volkswagen.
  • Ces modèles permettraient aux constructeurs asiatiques d’éviter les droits de douane appliqués aux voitures électriques importées.
  • Le PDG de Volkswagen a demandé à l’Union européenne d’agir rapidement pour encadrer cette pratique.
  • L’industrie automobile européenne craint une perte de compétitivité face à cette concurrence accrue.

L’hybride rechargeable, une stratégie chinoise pour esquiver les barrières douanières

Les constructeurs chinois, confrontés à des droits de douane pouvant atteindre 27,5 % sur les voitures électriques importées aux États-Unis et en Europe, misent désormais sur les hybrides rechargeables. Ces véhicules, qui combinent un moteur thermique et une batterie rechargeable, ne sont pas soumis aux mêmes restrictions que les modèles 100 % électriques. Selon Volkswagen, cette tactique leur permet de pénétrer le marché européen sans subir les mêmes contraintes tarifaires.

Le groupe allemand souligne que cette approche fausse la concurrence. « Les hybrides rechargeables chinoises profitent d’un traitement de faveur », a déclaré un porte-parole de Volkswagen à Frandroid. « Cela nous place dans une situation de désavantage concurrentiel, alors que nous investissons massivement dans la transition électrique. »

Volkswagen exige une réponse rapide de Bruxelles

Face à cette situation, le PDG de Volkswagen a directement interpellé les institutions européennes. Dans un courrier adressé à la Commission et aux États membres, il demande une révision des règles commerciales pour empêcher cette stratégie. « L’Union européenne doit serrer la vis rapidement », a-t-il insisté, avant d’ajouter : « Sinon, le risque est de voir une partie importante du marché automobile européen dominée par des acteurs chinois, au détriment de notre industrie. »

Cette demande s’inscrit dans un contexte plus large de tensions commerciales entre l’Europe et la Chine. Bruxelles a déjà engagé plusieurs enquêtes antidumping sur des produits chinois, mais le secteur automobile reste un point de friction majeur. Les constructeurs européens, dont Volkswagen, Renault et Stellantis, appellent à une protection accrue de leur marché.

Et maintenant ?

Les prochaines semaines pourraient voir la Commission européenne étudier les demandes de Volkswagen. Une décision sur d’éventuelles mesures commerciales est attendue d’ici la fin de l’année 2026. Parallèlement, les constructeurs chinois devraient continuer à renforcer leur présence sur le marché européen, notamment via des partenariats locaux ou des usines dédiées.

Reste à voir si Bruxelles prendra des mesures pour rééquilibrer la concurrence. Une chose est sûre : l’industrie automobile européenne, en pleine transition vers l’électrique, ne peut se permettre de perdre davantage de parts de marché face à une concurrence asiatique de plus en plus agressive.

Les hybrides rechargeables sont classés différemment des voitures 100 % électriques dans les accords commerciaux. Leur motorisation thermique leur permet d’éviter les droits de douane élevés appliqués aux modèles entièrement électriques importés depuis la Chine.