La 81e édition de la Vuelta, qui se terminera le 13 septembre à Grenade, a connu un bouleversement majeur après l’abandon de Tadej Pogačar, leader depuis la première étape. Selon RMC Sport, le Slovène a été contraint de quitter la course à l’issue de la 8e étape en raison d’une chute spectaculaire à quelques kilomètres de l’arrivée, laissant le classement général totalement ouvert. Enric Mas, désormais maillot rouge, voit son avance se réduire comme peau de chagrin face à des rivaux déterminés.
Ce qu'il faut retenir
- Enric Mas, nouveau leader du classement général, dispose d’une avance de 1’00" sur Primoz Roglič et de 1’11" sur Felix Gall.
- La 18e étape, un contre-la-montre de 32,1 km en grande partie plat, pourrait être décisive pour Roglič, spécialiste de la discipline.
- Sepp Kuss, vainqueur de la Vuelta en 2023, occupe la 4e place à 2’15" du leader.
- Plusieurs étapes en montagne, avec plus de 4 000 m de dénivelé positif, attendent les coureurs avant la dernière ligne droite.
Enric Mas, nouveau maillot rouge, face à l’urgence de creuser l’écart
Enric Mas, 31 ans et coureur emblématique de l’équipe Movistar, a hérité du maillot rouge après l’abandon de Pogačar. Le natif de Minorque, déjà trois fois sur le podium de la Vuelta (2018, 2021 et 2022), dispose d’une solide expérience sur cette épreuve. Comme le rapporte RMC Sport, l’Espagnol a démontré ces derniers jours une montée en puissance remarquée : deuxième de la 6e étape derrière Pogačar, il a ensuite repris 1’30" sur le Slovène lors de la 7e étape, confirmant sa forme du moment.
Cependant, Mas n’est pas à l’abri d’un retour en force de ses adversaires. Son principal point faible reste le contre-la-montre, discipline où il pourrait perdre du temps face à des rivaux comme Roglič. « Il va falloir que je sois très solide en montagne pour limiter les dégâts », a-t-il déclaré après avoir endossé le maillot rouge. Une tâche d’autant plus ardue que les étapes restantes comportent plusieurs ascensions redoutables, avec des dénivelés dépassant les 4 000 m.
Primoz Roglič, le spécialiste du contre-la-montre, prêt à tout renverser
Primoz Roglič, quadruple vainqueur de la Vuelta (2019, 2020, 2021, 2024), est considéré comme l’un des principaux favoris pour le maillot rouge. Le Slovène, qui compte 15 victoires d’étape sur l’épreuve, a systématiquement figuré dans les meilleurs lors des premiers jours de course. Selon nos confrères de RMC Sport, sa régularité lui permet aujourd’hui de pointer à seulement 1’00" d’Enric Mas, une distance que le contre-la-montre de la 18e étape pourrait suffire à combler.
Spécialiste des chronos, Roglič a remporté 20 contre-la-montre en carrière, un titre de champion de Slovénie et surtout l’or olympique à Tokyo en 2021. « Je sais que je peux reprendre du temps sur Mas lors de cette étape », a-t-il souligné. Un scénario qui rend la situation du leader particulièrement précaire : une minute de retard ne constitue pas une garantie suffisante pour conserver le maillot rouge.
Felix Gall, troisième au classement, mise sur sa polyvalence
Felix Gall, troisième à 1’11" d’Enric Mas, est un autre candidat sérieux pour la victoire finale. L’Autrichien de la Decathlon CMA CGM a terminé deuxième du Giro 2026 et possède une expérience avérée des Grands Tours. Gall a déjà prouvé sa capacité à jouer les premiers rôles sur trois semaines, et son équipe, avec des coureurs comme Matthew Riccitello ou Gregor Mühlberger, semble en mesure de le soutenir efficacement en montagne.
Toutefois, comme Mas, Gall n’est pas un spécialiste du contre-la-montre. Lors du Giro 2026, il avait concédé 1’22" à Jonas Vingegaard sur l’étape chronométrée, un retard qui avait compromis ses ambitions. Avec un écart aussi faible que 1’11", l’Autrichien devra impérativement creuser l’écart en montagne pour éviter de perdre gros lors de la dernière étape plate.
Sepp Kuss, l’outsider qui a déjà goûté à la victoire sur la Vuelta
Sepp Kuss, 31 ans et coureur de la Visma-Lease a Bike, occupe la 4e place à 2’15" du leader. L’Américain, vainqueur de la Vuelta en 2023 devant Jonas Vingegaard et… Roglič, connaît parfaitement les exigences de l’épreuve. Son équipe, qui compte des coureurs comme Wout van Aert ou Ben Tulett, peut lui offrir un soutien de qualité en haute montagne, même si sa structure n’est pas aussi dédiée à sa cause que celle de Gall.
Le contre-la-montre n’est pas non plus un obstacle insurmontable pour Kuss, qui a déjà réalisé plusieurs tops 10 sur des chronos en Grands Tours. Cependant, avec 2’15" de retard, l’Américain devra agir rapidement s’il veut encore prétendre au sacre. « Je vais devoir être offensif dès maintenant pour rattraper le retard », a-t-il confié.
Quant à Tadej Pogačar, son abandon laisse planer un doute sur son état de santé. Les observateurs s’interrogent désormais sur sa capacité à revenir en compétition rapidement, même si aucune annonce officielle n’a été faite pour l’instant.
La 12e étape, avec un final à Courchevel et plus de 4 000 m de dénivelé positif, pourrait rebattre les cartes. Une étape où les favoris devront montrer leur force en montagne pour tenter de distancer leurs adversaires avant le contre-la-montre de la 18e étape.
La 18e étape, programmée le 12 septembre, est un contre-la-montre individuel de 32,1 km, entièrement plat. Une épreuve où Primoz Roglič, spécialiste de la discipline, pourrait reprendre du temps sur Enric Mas et les autres concurrents.