Le 18 février 2026, Vusion, spécialiste des étiquettes électroniques, a annoncé un partenariat avec Carrefour pour déployer ses solutions dans l'ensemble des hypermarchés et supermarchés en France du distributeur. Cette annonce a initialement rassuré les marchés sur la dynamique commerciale de Vusion, mais n'a pas apaisé les craintes des investisseurs concernant la fin de la montée en puissance du contrat Walmart.
Ce partenariat s'inscrit dans le cadre du plan stratégique « Carrefour 2030 » visant à accélérer la croissance, améliorer la rentabilité et la productivité de la société. Carrefour compte moderniser son parc de magasins en déployant les étiquettes électroniques de dernière génération, des rails intelligents et des caméras pilotées par l’intelligence artificielle pour transformer l’efficacité opérationnelle et l’expérience client en magasin.
Le partenariat avec Carrefour
« L'automatisation des tâches chronophages (étiquetage, détection des ruptures) » et l'assistance lumineuse à la préparation de commandes « généreront des gains de productivité significatifs », les « heures libérées » devant permettre de « redéployer les équipes vers le service client, tout en contribuant » aux économies, explique Carrefour. Thierry Gadou, Président-Directeur Général de Vusion, a souligné que « Carrefour est le premier grand commerçant européen à déployer à grande échelle la plateforme Vusion de dernière génération ».
Le montant du contrat n'a pas été dévoilé, mais selon Pierre Laurent, responsable de la recherche actions chez Euroland Corporate, il devrait représenter entre 5% et 8% du contrat visé à fin 2027, ce qui équivaut à un montant de 100 à 160 millions d'euros sur la base d'un chiffre d'affaires de 2 milliards d'euros l'an prochain.
Les craintes des investisseurs
Les investisseurs ont exprimé leurs doutes sur la capacité de Vusion à négocier l'après-Walmart, alors que les États-Unis représentent 70% de l'activité du groupe et sont devenus le premier marché de la société en 2024. Le mois dernier, Vusion avait plongé de 30% en l'espace de six séances après une analyse d'Exane BNP Paribas qui s'était montré sceptique quant à la trajectoire de croissance de Vusion au-delà de 2026.
Eric Bleines, directeur de la gestion actions chez Swiss Life Banque Privée, a expliqué que « ce que dit Exane BNP Paribas, c'est qu'il y a un trou d'air dans les commandes, donc il y a un ralentissement de la croissance, qui ne serait plus un ralentissement, mais en fait une décroissance ». Alain du Brusle, directeur général délégué, responsable gestion OPCVM chez Claresco, a ajouté que « le contrat Walmart est un contrat colossal, donc il est évident que tout le monde se dit qu'à un moment le contrat Walmart va commencer un petit peu à mûrir et que derrière il va falloir passer la seconde sur le reste et que forcément l'hyper croissance de la société va subir une forme d'atterrissage ».
La réaction des marchés
L'action Vusion a gagné jusqu'à 15% à la Bourse de Paris après l'annonce du partenariat avec Carrefour, mais a ensuite plongé de plus de 14% vers 13h, portant sa chute à plus de 40% depuis le début de l'année. Les investisseurs attendent avec impatience la publication des comptes annuels de Vusion, prévue le jeudi 26 février après-Bourse.
Valentin-Paul Jahan, analyste chez Stifel, a déclaré que « l'accord avec Carrefour valide la pertinence des technologies de Vusion, mais n'apaise pour autant pas les craintes autour de la performance potentielle de l’entreprise en 2027 ». Les craintes sont nourries par la fin du déploiement des solutions Vusion chez Walmart aux États-Unis l'an prochain, ce qui va créer une base de comparaison exigeante.
En conclusion, le partenariat entre Vusion et Carrefour est un événement important pour les deux sociétés, mais les craintes des investisseurs concernant la fin de la montée en puissance du contrat Walmart persistent. Les prochaines étapes attendues incluent la publication des comptes annuels de Vusion et la mise en œuvre du plan stratégique « Carrefour 2030 ».
