Le département d’État américain a officiellement classé, le 27 mai 2026, deux importants cartels brésiliens – le Comando Vermelho et le Primeiro Comando da Capital (PCC) – au rang d’« organisations terroristes étrangères ». Cette décision interdit l’accès au territoire des États-Unis à leurs membres et bloque toute transaction financière impliquant ces groupes, sous peine de poursuites judiciaires ou d’une intervention militaire, selon Le Monde.
Ce qu'il faut retenir
- Classement des cartels Comando Vermelho et PCC comme organisations terroristes étrangères par les États-Unis, annoncé le 27 mai 2026.
- Interdiction pour leurs membres d’entrer aux États-Unis et blocage des transactions financières sous peine de poursuites.
- Menace d’une intervention militaire en cas de non-respect de ces mesures.
- Ces deux groupes sont parmi les plus puissants et violents du Brésil, impliqués dans le trafic de drogue et les conflits armés urbains.
Une décision symbolique et stratégique
Cette classification s’inscrit dans une volonté américaine de renforcer la lutte contre le crime organisé transnational. Le Comando Vermelho et le PCC, deux cartels aux activités criminelles bien établies, sont désormais assimilés à des groupes terroristes, au même titre que des organisations jihadistes ou des milices armées. « Cette mesure vise à asphyxier financièrement ces réseaux et à limiter leur capacité à opérer à l’international », a précisé un haut responsable du département d’État, cité par Le Monde.
Jusqu’à présent, ces deux groupes étaient surtout connus pour leur emprise sur le trafic de cocaïne vers l’Europe et les États-Unis, ainsi que pour leur implication dans des guerres de territoires sanglantes au Brésil. Leur classement comme organisations terroristes pourrait faciliter la saisie de leurs avoirs à l’étranger et justifier des opérations militaires ciblées, si nécessaire.
Des groupes criminels aux ramifications mondiales
Le Comando Vermelho, apparu dans les années 1970 dans les prisons de Rio de Janeiro, est l’un des principaux acteurs du trafic de drogue en Amérique latine. Il contrôle notamment des routes vers l’Afrique de l’Ouest et l’Europe, où la cocaïne est revendue à des prix bien supérieurs à ceux pratiqués en Amérique du Sud. Le PCC, fondé en 1993 dans l’État de São Paulo, a étendu son influence à plusieurs pays voisins, dont la Bolivie et le Paraguay, où il finance des laboratoires de transformation de la cocaïne.
Selon des rapports des Nations unies, ces deux cartels génèrent ensemble plusieurs milliards de dollars de revenus annuels. Leur classement comme organisations terroristes pourrait donc avoir des répercussions majeures sur leurs réseaux logistiques et financiers. « Cela va compliquer leurs alliances avec d’autres groupes criminels et limiter leur accès aux marchés internationaux », a souligné un expert en sécurité interrogé par Le Monde.
Quelles conséquences pour le Brésil ?
Au Brésil, cette décision américaine pourrait être perçue comme une ingérence dans les affaires intérieures du pays, où la lutte contre le crime organisé reste un sujet sensible. Le gouvernement brésilien n’a pas encore réagi officiellement, mais des ONG locales craignent une escalade de la violence. « Ces groupes pourraient répondre par une intensification des attaques contre les forces de l’ordre ou des civils », a mis en garde une organisation de défense des droits humains basée à Rio de Janeiro.
Par ailleurs, cette classification pourrait aussi servir de levier pour les États-Unis dans leurs négociations avec le Brésil sur des sujets comme la coopération judiciaire ou la lutte contre le blanchiment d’argent. « Washington pourrait conditionner certains accords à une collaboration renforcée contre ces cartels », a expliqué un diplomate sous couvert d’anonymat.
Reste à voir si cette mesure suffira à affaiblir durablement le Comando Vermelho et le PCC, ou si elle poussera ces organisations à se fragmenter ou à s’allier avec d’autres réseaux criminels encore plus discrets. Une chose est sûre : le bras de fer entre Washington et ces cartels ne fait que commencer.
Cette décision intervient dans un contexte de montée des tensions entre Washington et les cartels latino-américains, dont l’influence s’étend désormais jusqu’en Europe et aux États-Unis. Les autorités américaines justifient cette mesure par la nécessité de couper les financements de ces groupes et de protéger leurs citoyens, alors que les overdoses liées à la cocaïne en provenance du Brésil ont augmenté de 15 % aux États-Unis en 2025, selon des données du FBI citées par Le Monde.