Selon BMF - International, les États-Unis ont officiellement accusé, samedi 8 août 2026, la Chine d’utiliser des prétextes environnementaux « douteux » pour renforcer ses revendications territoriales en mer de Chine méridionale. Dans un communiqué, le porte-parole du département d’État, Tommy Pigott, a dénoncé une stratégie de déstabilisation autour du récif de Scarborough, un haut-fond corallien disputé avec les Philippines. Washington rejette ainsi la création par Pékin d’une réserve naturelle dans cette zone, estimant que cette mesure vise à écarter les pêcheurs philippins de leurs zones traditionnelles.
Ce qu'il faut retenir
- La Chine a instauré en 2025 une réserve naturelle autour du récif de Scarborough, contrôlé par Pékin mais revendiqué par Manille.
- Washington accuse Pékin d’utiliser ce prétexte environnemental pour imposer ses revendications territoriales et marginaliser les pêcheurs philippins.
- Des incidents récents entre navires chinois et philippins, notamment en juillet 2026, illustrent la montée des tensions dans la région.
- La Chine revendique la quasi-totalité de la mer de Chine méridionale au nom de raisons historiques, une position rejetée par plusieurs pays riverains.
Une réserve naturelle contestée, outil de coercition selon les États-Unis
Les nouvelles règles publiées par Pékin en 2026 pour gérer cette réserve naturelle autour du récif de Scarborough ont été qualifiées par Washington de « tentative unilatérale » pour étendre son emprise territoriale. « Nous rejetons les tentatives répétées de la Chine visant à imposer sa réserve naturelle nationale sur le récif de Scarborough et à priver les pêcheurs philippins de l’accès à leurs zones de pêche traditionnelles », a déclaré Tommy Pigott, porte-parole du département d’État américain, dans un communiqué officiel. Selon lui, Pékin s’appuie sur des justifications environnementales et juridiques « douteuses », combinées à des mesures de coercition, pour faire valoir ses revendications.
Ce récif, riche en ressources halieutiques, est contrôlé par la Chine depuis 2012, date à laquelle Manille avait porté l’affaire devant un tribunal international. La Cour permanente d’arbitrage de La Haye avait alors statué en faveur des Philippines, invalidant les revendications chinoises fondées sur des « droits historiques ». Pourtant, Pékin maintient sa position, utilisant désormais des arguments écologiques pour légitimer sa présence.
Des tensions récurrentes dans une zone stratégique
La mer de Chine méridionale, traversée par des routes maritimes essentielles et riche en ressources naturelles, reste un foyer de tensions entre Pékin et ses voisins. Depuis des années, la Chine construit des îles artificielles militarisées et impose des restrictions de navigation contestées. Les incidents se multiplient, comme en témoignent les confrontations récurrentes entre navires chinois et philippins. En juillet 2026, plusieurs échauffourées ont éclaté près des îles Spratleys et du récif de Scarborough, sans faire de victimes, mais illustrant l’escalade des frictions.
Manille, soutenue par Washington, continue de dénoncer les manœuvres chinoises visant à étendre son contrôle. « Ces actions unilatérales sapent la stabilité régionale et violent le droit international », a rappelé un haut responsable philippin sous couvert d’anonymat. De son côté, Pékin justifie ses mesures par la nécessité de protéger l’écosystème marin, une argumentation que ses détracteurs qualifient de couverture pour ses ambitions territoriales.
Une stratégie chinoise sous le feu des critiques internationales
La Chine, qui revendique près de 90 % de la mer de Chine méridionale à travers sa « ligne en neuf traits », utilise désormais un arsenal varié pour imposer son autorité. Entre création de zones protégées, déploiement de garde-côtes armés et restrictions de pêche, ses méthodes sont régulièrement pointées du doigt par la communauté internationale. En 2025, Pékin avait déjà décrété la création de cinq réserves naturelles en mer de Chine méridionale, suscitant l’ire de Hanoi et Kuala Lumpur, également concernés par ces eaux.
Les États-Unis, alliés traditionnels des Philippines, multiplient les déclarations pour contrer cette stratégie. En 2024, l’administration américaine avait mené des patrouilles de liberté de navigation dans la zone, suscitant des protestations chinoises. « Nous resterons engagés en faveur d’une région Indo-Pacifique libre et ouverte », avait alors affirmé le secrétaire d’État américain, Antony Blinken. Une position réaffirmée en 2026, malgré les tensions persistantes avec Pékin.
Une chose est sûre : la mer de Chine méridionale reste un dossier brûlant, où se jouent à la fois des enjeux écologiques, économiques et géopolitiques. La gestion du récif de Scarborough pourrait bien devenir le prochain symbole des tensions entre la Chine et ses voisins, sous le regard attentif — et parfois critique — de la communauté internationale.
En 2016, la Cour permanente d’arbitrage de La Haye avait statué en faveur des Philippines, invalidant les revendications chinoises fondées sur des « droits historiques ». L’ONU, par l’intermédiaire de son Secrétaire général, a régulièrement appelé au respect du droit international, sans pour autant imposer de sanctions contre Pékin.
Oui. En 2016, la Chine avait été condamnée par la Cour permanente d’arbitrage pour ses activités de construction d’îles artificielles et pour avoir porté atteinte aux écosystèmes marins. Pékin a cependant rejeté cette décision, la qualifiant de « dépourvue de tout fondement juridique ».