Alors que les tensions persistent au Moyen-Orient, les États-Unis pourraient relancer les discussions avec l’Iran sur le dossier nucléaire, quelques jours après la réouverture du détroit d’Ormuz. Selon Le Monde, le président américain Donald Trump a tempéré, dimanche 24 mai 2026, les attentes d’un accord rapide entre Washington et Téhéran, malgré des signes de rapprochement entre les deux parties.
Ce qu'il faut retenir
- Le président Donald Trump a jugé prématuré d’envisager un accord définitif avec l’Iran, malgré des « signes de progrès ».
- La réouverture du détroit d’Ormuz, stratégique pour les échanges pétroliers, intervient dans un contexte de tensions régionales persistantes.
- Les discussions sur le programme nucléaire iranien pourraient reprendre, mais aucune date n’a encore été fixée.
- Les États-Unis maintiennent une position ferme, tout en laissant entrevoir une possible négociation sous conditions.
Une réouverture du détroit d’Ormuz sous haute surveillance
Le détroit d’Ormuz, par lequel transite près d’un tiers du pétrole mondial, a rouvert ses voies maritimes après plusieurs mois de blocages liés aux tensions entre l’Iran et ses voisins. Selon Le Monde, cette réouverture marque une étape symbolique, mais ne garantit pas une stabilisation durable de la région. Les autorités iraniennes ont confirmé que les eaux territoriales restaient sous contrôle, mais des patrouilles militaires internationales pourraient être renforcées dans les prochaines semaines.
Cette situation intervient alors que l’Iran et les États-Unis, bien que rivaux, ont échangé des messages indirects via des intermédiaires européens. Une première réunion technique, organisée à Genève la semaine dernière, avait permis d’aborder des « questions de fond », sans pour autant aboutir à des engagements concrets.
Trump freine les ardeurs d’un accord immédiat
Interrogé lors d’un point presse à la Maison-Blanche, le président Donald Trump a rappelé que « la prudence reste de mise ». « Nous avons vu des progrès, mais il est trop tôt pour crier victoire », a-t-il déclaré, ajoutant que « toute négociation doit s’inscrire dans une stratégie globale pour la région ». Selon Le Monde, cette position reflète les divisions au sein de l’administration américaine, où certains conseillers prônent une ligne dure envers Téhéran, tandis que d’autres défendent une approche plus diplomatique.
Cette prudence s’explique aussi par la méfiance persistante entre les deux pays. L’Iran exige la levée immédiate des sanctions américaines, tandis que Washington conditionne tout assouplissement à un gel durable du programme nucléaire iranien. « Nous ne négocierons pas sous la pression », a affirmé le ministre iranien des Affaires étrangères, Hossein Amir-Abdollahian, dans une déclaration relayée par l’agence IRNA.
Un contexte régional toujours explosif
La réouverture du détroit d’Ormuz s’inscrit dans un paysage géopolitique toujours instable. Les tensions entre l’Iran et Israël, ainsi que les rivalités entre Ryad et Téhéran, compliquent toute avancée diplomatique. Par ailleurs, les milices soutenues par l’Iran en Irak et au Yémen restent actives, malgré les appels au cessez-le-feu lancés par l’ONU en début d’année.
Côté américain, le Congrès reste divisé sur la stratégie à adopter. Une partie des élus, notamment républicains, pousse pour un maintien des sanctions, tandis que les démocrates plaident pour une reprise des négociations. « Le temps des demi-mesures est révolu », a estimé la sénatrice Elizabeth Warren, dans une tribune publiée ce week-end.
Quoi qu’il en soit, la route vers un accord semble encore longue. Les deux camps devront faire des concessions, alors que la population iranienne subit de plein fouet les conséquences des sanctions économiques. Autant dire que chaque mot prononcé à Washington ou à Téhéran pèsera lourd dans la balance.
Téhéran demande en priorité la levée des sanctions économiques imposées par les États-Unis, ainsi que la fin des pressions militaires dans la région. Le gouvernement iranien exige également des garanties sur l’accès à ses avoirs gelés à l’étranger. Ces revendications ont été réaffirmées par le ministre des Affaires étrangères, Hossein Amir-Abdollahian, lors d’une conférence de presse ce week-end.