Alors que la guerre entre les États-Unis et l’Iran entre dans sa sixième mois, l’administration américaine intensifie sa pression économique sur Téhéran. Le département du Trésor américain a annoncé lundi soir une nouvelle salve de sanctions ciblant 60 entités, individus et navires répartis à travers le monde, selon nos confrères du Figaro. Parmi les cibles figure une raffinerie française spécialisée dans les biocarburants, révélant l’étendue géographique des mesures américaines.
L’objectif affiché est clair : asphyxier les circuits financiers et commerciaux du régime iranien, malgré les mécanismes de contournement déjà mis en place par Téhéran. Le secrétaire au Trésor américain, Scott Bessent, a prévenu lors d’une conférence de presse : « Nul n’est à l’abri des sanctions américaines ». Cette déclaration résume la stratégie de Washington, qui entend cartographier « chaque nœud, chaque intermédiaire et chaque réseau » utilisés par l’Iran pour exporter son pétrole, contourner les restrictions bancaires et financer ses Gardiens de la révolution.
Ce qu'il faut retenir
- 60 entités, individus et navires visés par les nouvelles sanctions américaines, annoncées par le département du Trésor le 1er septembre 2026.
- Cinq secteurs économiques ciblés, dont les cryptomonnaies, pour priver Téhéran de ses principales sources de revenus.
- Une raffinerie française de biocarburants parmi les entreprises sanctionnées, marquant une extension géographique inédite des mesures.
- Scott Bessent, secrétaire au Trésor, a insisté sur l’ampleur de la cartographie des réseaux iraniens, incluant intermédiaires et navires.
- L’Office of Foreign Assets Control (Ofac), bras armé des sanctions américaines, a publié la liste des mesures dans la soirée.
Une stratégie de pression économique tous azimuts
Les sanctions annoncées lundi s’inscrivent dans la continuité de la politique américaine visant à étouffer financièrement l’Iran, alors que les hostilités avec Téhéran persistent depuis six mois. Le Trésor américain affirme avoir identifié cinq secteurs clés alimentant les caisses du régime : le pétrole bien sûr, mais aussi les cryptomonnaies, les réseaux logistiques, les intermédiaires financiers et les entreprises de transport maritime. « Nous avons traqué chaque maillon de la chaîne », a expliqué un responsable sous couvert d’anonymat auprès du Figaro.
Parmi les cibles figure une raffinerie française, spécialisée dans la transformation de biocarburants. Cette inclusion dans la liste noire américaine surprend par son caractère inattendu : jusqu’ici, les sanctions visaient surtout des acteurs liés au pétrole iranien ou à des réseaux bancaires. « Ces mesures montrent que Washington ne recule devant aucun moyen pour isoler Téhéran », commente un analyste en géopolitique économique.
Des sanctions américaines qui visent aussi les alliés de l’Iran
Les nouvelles mesures ne se limitent pas aux entreprises iraniennes. Plusieurs sociétés et individus basés en Europe, en Asie et au Moyen-Orient sont également concernés, révélant une volonté de Washington d’élargir le spectre géographique des sanctions. L’Ofac, qui supervise l’application des embargos américains, a précisé que ces sanctions prennent effet immédiatement.
Parmi les entités sanctionnées figurent des navires, dont certains sous pavillon panaméen, ainsi que des intermédiaires financiers accusés d’avoir facilité des transactions pour le compte de Téhéran. « Ces sanctions visent à dissuader toute collaboration avec le régime iranien », a souligné Scott Bessent. Pour l’administration américaine, l’objectif est double : réduire les revenus du régime et affaiblir sa capacité à financer ses activités régionales.
Un contexte de guerre prolongée et de tensions régionales
Cette escalade des sanctions intervient alors que les combats entre les États-Unis et l’Iran se poursuivent depuis mars 2026, sans issue claire en vue. Les Gardiens de la révolution iraniens restent une cible privilégiée des États-Unis, qui les accusent de soutenir des milices en Irak, en Syrie et au Yémen. « Téhéran a développé des réseaux complexes pour contourner les sanctions », explique un diplomate européen. « Mais Washington compte bien les démanteler un à un ».
Les cryptomonnaies, mentionnées parmi les secteurs ciblés, sont devenues un outil privilégié par l’Iran pour échapper aux restrictions bancaires traditionnelles. « Les autorités américaines traquent depuis des mois les flux financiers liés aux crypto-actifs », précise une source proche du dossier. Pour autant, le régime iranien continue de bénéficier de revenus grâce à des circuits parallèles, ce qui explique l’extension des sanctions à de nouveaux secteurs.
Reste à voir si cette nouvelle salve de sanctions suffira à faire plier Téhéran, ou si le régime iranien parviendra à adapter ses circuits financiers une fois de plus. Une chose est sûre : la guerre économique menée par Washington s’intensifie, et ses répercussions pourraient se faire sentir bien au-delà des frontières iraniennes.
Selon nos confrères du Figaro, cette entreprise, non nommée dans l’immédiat, aurait été identifiée par le département du Trésor américain comme ayant entretenu des liens indirects avec des réseaux financiers ou logistiques liés au régime iranien. Les sanctions américaines visent désormais tout acteur, même non iranien, suspecté d’avoir facilité, même involontairement, le contournement des embargos.
D’après le communiqué du Trésor américain, les cinq secteurs sont : le pétrole et les produits pétroliers, les cryptomonnaies, les réseaux logistiques et de transport, les intermédiaires financiers, ainsi que les entreprises de transport maritime. Ces secteurs représentent les principales sources de revenus du régime iranien.