Washington — Scott Bessent, secrétaire américain au Trésor, a officiellement ciblé Bank Melli, la plus ancienne banque iranienne, dans le cadre d’une nouvelle série de sanctions économiques destinées à affaiblir Téhéran. Selon France 24, cette mesure s’inscrit dans une stratégie plus large visant à démanteler ce que les États-Unis qualifient de « réseaux financiers occultes » soutenant le régime iranien.

Ce qu'il faut retenir

  • Bank Melli, fondée en 1929, est la plus ancienne institution bancaire d’Iran et un pilier du système financier national.
  • Les sanctions américaines visent à priver l’Iran de moyens de financement externes, en ciblant spécifiquement les « banques de l’ombre » qui contournent les restrictions internationales.
  • Scott Bessent a explicitement désigné Bank Melli comme un exemple à suivre pour les alliés des États-Unis, les appelant à aligner leurs politiques sur cette offensive économique.
  • Cette initiative s’ajoute à une série de mesures coercitives déjà en place, mais marque une intensification notable de la pression financière sur Téhéran.

Une banque historique dans la ligne de mire de Washington

Fondée il y a près d’un siècle, Bank Melli joue un rôle central dans l’économie iranienne, en finançant des projets industriels, commerciaux et énergétiques à l’échelle nationale. D’après France 24, les autorités américaines accusent cette institution d’être un rouage essentiel du financement des activités régionales et internationales du régime de Téhéran, notamment via des mécanismes de contournement des sanctions onusiennes et unilatérales. « Bank Melli est devenue un symbole des efforts iraniens pour contourner l’isolement économique », a expliqué Scott Bessent lors de la présentation des sanctions, précisant que sa neutralisation enverrait un message fort à l’ensemble de la communauté internationale.

La décision de Washington intervient dans un contexte de tensions croissantes entre les États-Unis et l’Iran, marqué par des représailles diplomatiques et des cyberattaques. Selon des analystes cités par France 24, cette offensive s’inscrit dans une stratégie plus globale de « suffocation économique » du pays, combinant sanctions sectorielles et pression sur les acteurs clés du système financier iranien.

Les « banques de l’ombre » : un enjeu central dans la guerre économique

Les États-Unis dénoncent depuis plusieurs années l’existence de « banques de l’ombre », des institutions financières iraniennes ou affiliées qui opèrent en dehors des radars des régulateurs internationaux. Selon nos confrères de France 24, ces entités permettraient à Téhéran de maintenir des flux commerciaux malgré les embargos, en utilisant des montages complexes via des pays tiers, comme la Syrie, le Venezuela ou des États africains. « Ces banques ne sont pas des acteurs marginaux, a souligné Bessent. Elles constituent un réseau organisé, avec des ramifications dans des dizaines de pays. »

Parmi les mécanismes pointés du doigt figurent les transferts via des sociétés écrans, l’utilisation de cryptomonnaies pour des transactions anonymes, ou encore le recours à des banques locales dans des pays sous sanctions secondaires. Les nouvelles mesures américaines visent précisément à couper ces canaux, en ciblant des institutions comme Bank Melli, réputée pour ses liens avec le pouvoir iranien et son rôle dans le financement de la Garde révolutionnaire.

Une campagne internationale pour isoler Téhéran

Scott Bessent n’a pas manqué de rappeler que la réussite de cette stratégie dépend largement de l’adhésion des partenaires internationaux. Comme le rapporte France 24, Washington compte sur le soutien de l’Union européenne, du Japon et de pays du Golfe pour appliquer ces sanctions, sous peine de mesures de rétorsion. « Les pays qui fermeront les yeux sur ces pratiques s’exposeront à des conséquences économiques », a-t-il averti, sans préciser les modalités de ces représailles.

Pour l’instant, la réaction des alliés reste prudente. L’UE, bien que critique envers la politique iranienne, a adopté une approche plus mesurée, privilégiant les négociations diplomatiques. Certains États membres, comme l’Allemagne ou la France, pourraient cependant revoir leur position si la pression américaine s’intensifie. Dans les capitales européennes, on évoque déjà des discussions en cours pour renforcer les contrôles sur les transactions financières impliquant des entités iraniennes.

Et maintenant ?

La mise sous sanctions de Bank Melli pourrait entrer en vigueur d’ici quelques semaines, une fois les détails techniques finalisés par le Trésor américain. D’ici là, les autorités iraniennes devraient tenter de contourner ces restrictions en activant des réseaux alternatifs, notamment via des pays comme la Chine ou la Russie, déjà ciblés par des sanctions américaines. Les prochaines réunions du G7 et du FMI, prévues en novembre 2026, pourraient servir de tribune à Washington pour rallier davantage d’alliés à sa cause. Reste à voir si cette stratégie parviendra à affaiblir significativement l’économie iranienne, ou si Téhéran parviendra à s’adapter en diversifiant ses sources de financement.

Cette offensive contre Bank Melli illustre une fois de plus l’escalade des tensions économiques entre les États-Unis et l’Iran, dans un contexte où les canaux de dialogue diplomatique restent largement paralysés. Si la stratégie de Washington porte ses fruits, elle pourrait redéfinir les équilibres financiers au Moyen-Orient, au risque d’aggraver les tensions régionales déjà vives.