Waymo, filiale d’Alphabet et leader américain des taxis autonomes, a annoncé le 4 juin 2026 un partenariat avec B2U, spécialiste américain du stockage d’énergie, pour donner une seconde vie aux batteries de sa flotte. Selon Numerama, cette initiative s’inscrit dans une logique d’économie circulaire visant à recycler et réutiliser des accumulateurs encore fonctionnels, malgré leur retrait des véhicules autonomes.
Ce qu'il faut retenir
- Waymo et B2U ont signé un partenariat le 4 juin 2026 pour recycler les batteries de sa flotte de taxis autonomes.
- Les batteries, jugées trop usagées pour une utilisation automobile, seront transformées en systèmes de stockage d’énergie stationnaire.
- Cette solution vise à alimenter des réseaux électriques locaux en Californie et au Texas, deux États confrontés à des tensions sur leur approvisionnement.
- B2U prévoit de recevoir des milliers de batteries issues de la flotte Waymo, permettant un stockage de plusieurs centaines de mégawattheures (MWh).
- Les batteries conservent une capacité suffisante pour une utilisation en stockage stationnaire avant un recyclage définitif.
Un partenariat au service de l’économie circulaire
Waymo, dont la flotte de robotaxis effectue plus de 500 000 trajets autonomes par semaine dans une dizaine de métropoles américaines, génère un flux régulier de batteries en fin de vie. Ces accumulateurs, bien que retirés des véhicules pour avoir perdu une partie de leur capacité initiale (généralement sous les 70 ou 80 %), conservent une utilité pour des applications stationnaires. B2U, partenaire de ce projet, se charge de les transformer en systèmes de stockage d’énergie, une solution qui prolonge leur durée de vie et réduit leur impact environnemental.
Selon Numerama, ce projet répond à un enjeu majeur : la gestion des déchets électroniques liés à la transition énergétique. Adam Lenz, responsable du développement durable et de l’environnement chez Waymo, a souligné l’importance de cette démarche : « Le concept d’économie circulaire n’est pas une aspiration pour nous, c’est en train de devenir une réalité. Il est crucial de réorienter des matériaux comme les batteries de voitures électriques et de prolonger le cycle de vie des produits autant que possible. »
Une solution adaptée aux besoins des réseaux électriques locaux
Les batteries issues de la flotte Waymo seront déployées en Californie et au Texas, deux États où les réseaux électriques subissent régulièrement des tensions, notamment en raison de la forte demande ou de la production intermittente d’énergies renouvelables. B2U prévoit de recevoir des milliers d’accumulateurs, permettant de constituer des capacités de stockage se comptant en centaines de mégawattheures (MWh). Ces systèmes interviendront pour lisser les pics de demande et stocker les excédents d’énergies solaire et éolienne.
Cette solution offre un double avantage : elle permet de valoriser des batteries encore fonctionnelles tout en renforçant la résilience des réseaux électriques. Les accumulateurs, bien que moins performants pour une utilisation automobile, conservent une capacité suffisante pour une durée de plusieurs années en usage stationnaire avant d’être orientés vers des filières de recyclage chimique définitif.
Un modèle reproductible pour l’industrie automobile
Waymo n’est pas le seul acteur à explorer cette piste. B2U achète également des batteries à d’autres constructeurs, comme Tesla ou Nissan, confirmant l’intérêt croissant pour cette solution. Numerama rapporte que cette approche pourrait s’étendre à d’autres types de véhicules, notamment les Jaguar I-Pace et les futurs Zeekr, dont les batteries pourraient être réutilisées après leur retrait des usages intensifs.
Pour les observateurs du secteur, ce partenariat illustre une tendance de fond : l’allongement du cycle de vie des composants électroniques. En réutilisant des batteries jugées obsolètes, les entreprises réduisent leur empreinte carbone tout en créant des synergies entre secteurs. Cette démarche s’inscrit dans une logique de durabilité, alors que l’industrie automobile accélère sa transition vers l’électrique.
« Le concept d’économie circulaire n’est pas une aspiration pour nous, c’est en train de devenir une réalité. Il est crucial de réorienter des matériaux comme les batteries de voitures électriques et de prolonger le cycle de vie des produits autant que possible. »
Adam Lenz, responsable du développement durable et de l’environnement chez Waymo
Cette initiative pose également la question de l’évolution des réglementations. Avec l’augmentation du nombre de véhicules électriques, la gestion des batteries en fin de vie deviendra un enjeu central pour les pouvoirs publics. Des discussions sont en cours aux États-Unis et en Europe pour encadrer davantage le recyclage et la réutilisation de ces composants. Dans ce contexte, des solutions comme celle de Waymo et B2U pourraient servir de référence.
Reste à voir si cette approche parviendra à convaincre l’ensemble du secteur, alors que les constructeurs accélèrent la production de nouvelles batteries. Une chose est sûre : l’économie circulaire n’est plus un simple concept, mais une réalité en construction.
B2U procède à une série de tests techniques pour évaluer la capacité résiduelle des batteries avant leur réutilisation. Selon Numerama, les accumulateurs sont soumis à des protocoles stricts pour vérifier leur état de santé, leur sécurité et leur performance en usage stationnaire. Seules les batteries répondant à ces critères sont intégrées aux systèmes de stockage.