La capitaine de l’Olympique Lyonnais et de l’équipe de France, Wendie Renard, a été victime d’un deepfake circulant sur les réseaux sociaux. Dans cette vidéo truquée, la défenseure de 35 ans est filmée en train d’inciter les internautes à investir dans l’intelligence artificielle. Alertée par ses proches, elle a immédiatement dénoncé cette manipulation, qualifiant l’opération de « grosse arnaque ». Selon RMC Sport, Wendie Renard envisage désormais de saisir la justice pour faire cesser cette utilisation frauduleuse de son image.
Ce qu'il faut retenir
- Wendie Renard, capitaine de l’OL et de l’équipe de France, a découvert une fausse vidéo sur les réseaux sociaux le 24 mars 2026.
- Dans ce deepfake, elle est filmée en train d’inciter à investir dans l’intelligence artificielle.
- La vidéo utilise son image sans son autorisation et détourne une ancienne interview.
- Des logos de médias, dont celui de Radio Caraïbes International, ont été intégrés pour crédibiliser le contenu.
- Wendie Renard a dénoncé cette manipulation et annonce envisager des poursuites judiciaires.
- La direction de RCI étudie également la possibilité de déposer plainte pour l’utilisation de son logo.
L’affaire a été révélée par RMC Sport ce lundi 21 avril 2026. Wendie Renard, internationale française à huit reprises en Ligue des champions, a expliqué avoir été « attristée et énervée » en découvrant cette vidéo. « Une vidéo circule actuellement en utilisant mon image sans mon autorisation et a été créée à l’aide de l’intelligence artificielle », a-t-elle écrit sur ses réseaux sociaux. « Je démens formellement son contenu : elle ne reflète ni mes propos, ni mes valeurs, ni ma position. Merci de rester vigilants face à ce type de manipulation et de ne pas relayer de fausses informations. »
Cette fausse interview, montée de toutes pièces, donne l’impression que Wendie Renard s’est lancée dans un « nouveau projet d’investissement basé sur l’intelligence artificielle ». Or, la joueuse a rappelé qu’elle n’a « ni le profil ni l’expertise » pour conseiller des placements financiers. « C’est complètement faux. C’est même aberrant de pouvoir faire ça et de manipuler les gens avec mon image, qui n’est pas du tout en accord avec ça », a-t-elle souligné. Elle s’est dite particulièrement choquée par le fait que des escrocs jouent ainsi avec « l’argent des gens dans une vie qui est déjà difficile ».
« Je ne suis ni conseillère bancaire ni quoi que ce soit pour inciter les gens à aller investir. Je suis vraiment attristée, énervée. Le plus important aujourd’hui, c’est de faire passer le message massivement que c’est complètement faux, que c’est une grosse arnaque. »
— Wendie Renard, le 24 mars 2026
Pour donner une apparence crédible à cette manipulation, les auteurs du deepfake ont inséré des logos de médias en incrustation à l’écran. Parmi eux figure celui de Radio Caraïbes International (RCI), un média basé aux Antilles françaises. Contactée par Wendie Renard, la direction de RCI a confirmé l’utilisation frauduleuse de son logo et étudie désormais la possibilité de déposer plainte. « C’est en train de me gonfler », a réagi la capitaine lyonnaise, soulignant l’impact potentiel de cette arnaque sur les internautes peu méfiants.
Les deepfakes, ces vidéos ou audios générés par intelligence artificielle et imitant une personne réelle, se multiplient ces dernières années. Ils sont de plus en plus utilisés à des fins malveillantes, qu’il s’agisse de désinformation, d’escroquerie ou de harcèlement. Wendie Renard n’est pas la première personnalité sportive à en être victime. En 2024, des deepfakes mettant en scène des footballeurs ou des athlètes avaient déjà circulé, souvent pour promouvoir des arnaques financières ou des produits douteux. Face à cette recrudescence, les autorités appellent à la vigilance, notamment sur les réseaux sociaux où ces contenus se propagent rapidement.
Selon les spécialistes, les deepfakes sophistiqués peuvent être difficiles à détecter pour le grand public. Les signes distinctifs, comme des artefacts visuels ou des incohérences dans les expressions faciales, sont parfois subtils. Les plateformes comme Twitter, Facebook ou TikTok tentent de renforcer leurs outils de modération, mais la lutte contre ces manipulations reste un défi. Wendie Renard a insisté sur l’importance de sensibiliser le public : « Maintenant, les gens qui me connaissent ont tout de suite vu que ce n’était pas moi. Mais bien sûr, il y a forcément des gens qui peuvent croire facilement et qui se disent pourquoi pas. »
Cette affaire soulève une question plus large : comment protéger les personnalités publiques, et plus généralement les citoyens, contre ces détournements technologiques ? Alors que l’intelligence artificielle progresse, les pouvoirs publics et les géants du numérique pourraient être amenés à durcir les réglementations ou à développer des outils de détection plus performants. Wendie Renard, quant à elle, reste déterminée à faire entendre sa voix pour mettre fin à cette arnaque. « Je ferai le nécessaire avec mon entourage », a-t-elle promis, tout en rappelant l’urgence de sensibiliser le public à ces pratiques dangereuses.
Un deepfake est une technologie permettant de créer des contenus audio ou vidéo hyperréalistes, imitant une personne réelle. Grâce à l’intelligence artificielle, il est possible de superposer des visages, des voix ou des expressions à partir de bases de données d’images ou d’enregistrements. Ces manipulations peuvent être utilisées à des fins malveillantes, comme la désinformation, l’escroquerie ou le harcèlement. Les deepfakes sont souvent difficiles à détecter à l’œil nu, ce qui en fait un outil redoutable pour les manipulateurs.
En France, la création et la diffusion de deepfakes à des fins malveillantes sont passibles de sanctions pénales. Selon l’article 226-8 du Code pénal, l’usurpation d’identité numérique peut être punie jusqu’à trois ans d’emprisonnement et 45 000 euros d’amende. Si le deepfake est utilisé pour commettre une escroquerie, les peines peuvent aller jusqu’à cinq ans d’emprisonnement et 375 000 euros d’amende. Les victimes peuvent également engager des poursuites pour diffamation ou atteinte à la vie privée.