Quatorze ans après l’échec cuisant de la tablette Surface RTpremier essai de Microsoft sur l’architecture Arm —, le géant de Redmond assure que son système d’exploitation Windows sur Arm a enfin atteint un niveau de maturité suffisant pour séduire les utilisateurs. Pourtant, une série de tests indépendants, notamment axés sur l’exécution de jeux vidéo, semble contredire cette affirmation, révélant des performances encore en deçà des attentes.

Ce qu'il faut retenir

  • Windows sur Arm est présenté par Microsoft comme prêt pour le grand public, quatorze ans après le fiasco de la Surface RT.
  • Des tests indépendants, notamment sur les jeux vidéo, révèlent des lacunes en termes de compatibilité et de performances.
  • Microsoft mise sur cette architecture pour ses puces maison, comme les Snapdragon X, intégrées dans des PC récents.
  • Les joueurs restent un public critique, car la majorité des titres AAA ne sont pas optimisés pour Arm.

Un pari lancé il y a quatorze ans

Le 26 octobre 2012, Microsoft dévoilait la Surface RT, une tablette équipée d’une puce Nvidia Tegra 3 basée sur l’architecture Arm. Le projet, censé révolutionner le marché des tablettes sous Windows, s’est soldé par un échec commercial retentissant. Les applications limitées, l’absence de compatibilité avec les logiciels x86 traditionnels et des performances décevantes avaient poussé l’entreprise à revoir sa stratégie. Côté Frandroid, on rappelle que ce revers historique avait marqué un tournant dans l’adoption de l’architecture Arm par Microsoft.

Windows sur Arm : une nouvelle tentative, mais des promesses toujours contestées

Depuis, Microsoft a multiplié les efforts pour imposer Windows sur Arm, notamment en collaborant avec des fabricants comme Qualcomm pour développer des puces plus performantes. Les récents processeurs Snapdragon X, annoncés en 2024 et intégrés dans des PC comme le Surface Pro 11 ou le Lenovo Yoga Slim 7x, devaient enfin permettre à l’écosystème de décoller. Pourtant, selon nos confrères de Frandroid, les tests menés sur ces machines révèlent des écarts significatifs entre les annonces de Microsoft et la réalité.

Les jeux vidéo, un test révélateur des limites de l’écosystème

Parmi les applications les plus exigeantes figurent les jeux vidéo. Or, les résultats des tests indépendants sont sans appel : moins de 20 % des titres AAA fonctionnent correctement sur Windows sur Arm, et ceux qui tournent le font souvent avec des baisses de performances de l’ordre de 30 à 50 % par rapport à une configuration x86 équivalente. « Les joueurs restent un public clé pour évaluer la maturité d’un système », souligne un testeur cité par Frandroid. « Sans optimisation, Windows sur Arm reste un choix risqué pour les gamers. »

Microsoft mise sur l’avenir, mais le doute persiste

Face à ces critiques, Microsoft défend sa position en mettant en avant des améliorations notables, comme une meilleure émulation x86 et une intégration plus poussée des applications modernes. « Nous avons fait des progrès considérables depuis la Surface RT, » a déclaré un porte-parole de l’entreprise. « Windows sur Arm est désormais prêt pour la plupart des usages bureautiques et multimédias. » Pourtant, les tests montrent que les applications professionnelles lourdes ou les jeux récents peinent encore à tirer parti de l’architecture.

Et maintenant ?

D’ici la fin de l’année 2026, Microsoft prévoit d’étendre la compatibilité de Windows sur Arm à davantage d’applications, notamment grâce à des partenariats avec des éditeurs de jeux. Les prochaines mises à jour logicielles, prévues pour le premier trimestre 2027, devraient apporter des corrections ciblées. Reste à voir si ces efforts suffiront à convaincre les utilisateurs exigeants, en particulier les joueurs, de franchir le pas. Une chose est sûre : la bataille pour imposer Arm sous Windows n’est pas encore gagnée.

En attendant, les utilisateurs souhaitant une expérience gaming optimale devront probablement se tourner vers des machines x86 classiques — du moins, jusqu’à ce que l’écosystème Arm prouve sa pleine maturité.