Un nouveau service financier intégré à la plateforme X, anciennement Twitter, pourrait être lancé en accès public anticipé dès ce mois d’avril 2026. Selon Cryptoast, X Money, présenté comme une brique essentielle de la future « everything app » d’Elon Musk, vise à fusionner les profils sociaux, les paiements et les données financières au sein d’une seule interface.

Ce qu'il faut retenir

  • X Money devrait entrer en accès public anticipé en avril 2026, sans date précise confirmée à ce stade, mais une annonce est attendue d’ici la fin du mois.
  • Le service s’intégrera directement à X, permettant d’envoyer et recevoir des paiements, de gérer un portefeuille et d’interagir avec des services financiers sans quitter la plateforme.
  • Un premier partenariat avec Visa avait été annoncé en janvier 2025, avec des fonctionnalités comme le cashback, des transferts gratuits entre utilisateurs et un rendement sur les liquidités déposées.
  • Cette intégration soulève des questions sur la sécurité des données, les utilisateurs voyant leurs profils sociaux, historiques et transactions financières liés au sein d’une même application.
  • Contrairement à certaines attentes de la communauté crypto, X Money ne prévoit pas d’intégrer de portefeuille de cryptomonnaies, se rapprochant davantage d’un modèle traditionnel que des valeurs ouvertes de Bitcoin.

Un lancement prévu « le mois suivant », selon Elon Musk

Le 10 mars 2026, Elon Musk a indiqué via un message posté sur X que l’accès public anticipé à X Money serait lancé « le mois suivant ». Compte tenu du calendrier, cela place l’échéance au mois d’avril. Aucune date exacte n’a été dévoilée, mais le lancement pourrait intervenir dans les prochains jours, selon Cryptoast.

Cette annonce s’inscrit dans la stratégie longuement évoquée par Musk depuis le rachat de Twitter en 2022 : transformer X en une application « tout-en-un », à l’image de WeChat en Chine. Le projet, baptisé « everything app », ambitionne de regrouper messagerie, contenus, paiements et services du quotidien au sein d’une seule interface.

X Money, un service intégré à X et non une application distincte

Contrairement à ce que son nom pourrait suggérer, X Money ne sera pas une application autonome, mais un service directement accessible depuis la plateforme X. L’objectif est de permettre aux utilisateurs d’effectuer des transactions financières – envoyer de l’argent, recevoir des paiements, gérer un portefeuille – sans avoir à quitter l’application.

Dès janvier 2025, Linda Yaccarino, alors dirigeante de X, avait annoncé un partenariat avec Visa, présenté comme le premier partenaire du projet. Cette collaboration vise notamment à alimenter un portefeuille via Visa Direct, à connecter une carte de débit, à effectuer des paiements entre utilisateurs et à transférer des fonds vers un compte bancaire.

Des fonctionnalités déjà évoquées par des testeurs

Selon Bloomberg, des utilisateurs ayant accès aux premières versions de X Money décrivent plusieurs fonctionnalités attractives : une carte Visa métallique personnalisée avec le nom d’utilisateur X, des transferts gratuits entre particuliers, un cashback de 3 % sur certains achats et un rendement pouvant atteindre 6 % sur les liquidités déposées. Ces détails restent à confirmer officiellement.

Pour les créateurs de contenu, l’intégration de X Money représente une opportunité supplémentaire, puisqu’ils disposent déjà d’un compte vérifié leur permettant de recevoir une partie des revenus publicitaires générés par leurs publications. Cependant, cette centralisation des données suscite des interrogations sur la protection de la vie privée.

Lier identité sociale et données financières : une révolution ou un risque ?

Avec X Money, X pourrait associer au sein d’une même application l’identité sociale, l’historique de publications, les messages privés, les revenus et les transactions financières d’un utilisateur. Une telle centralisation des données, bien que volontaire, soulève des inquiétudes quant à leur exploitation et à leur sécurité.

Le parallèle avec la vérification d’âge en Europe devient difficile à ignorer : dans les deux cas, l’accès à certains services pousse les utilisateurs à enrichir leur identité numérique avec des données personnelles. Les risques de fuite de données, d’exploitation croisée des informations ou d’accès par les autorités restent des sujets de préoccupation.

Un choix stratégique éloigné des valeurs crypto ?

Une partie de la communauté crypto espérait que X Money intégrerait un portefeuille de cryptomonnaies, permettant d’échanger des dollars via des stablecoins ou du Bitcoin via le Lightning Network. Cela aurait limité le recours aux vérifications d’identité classiques et renforcé l’usage d’outils monétaires ouverts, en phase avec les valeurs de Bitcoin.

Or, X Money semble s’orienter vers une infrastructure financière plus traditionnelle, en rupture avec l’image pro-Bitcoin qu’Elon Musk cultivait encore en 2021, lorsque Tesla acceptait les paiements en Bitcoin. Ce contraste marque un tournant dans la stratégie de X, qui se rapproche davantage des acteurs financiers établis.

Et maintenant ?

Le lancement de X Money en avril 2026, s’il se concrétise, pourrait marquer une étape majeure dans l’évolution de X vers une plateforme polyvalente. Les prochaines semaines seront déterminantes pour connaître les détails opérationnels et les fonctionnalités exactes du service. Reste à voir comment les utilisateurs réagiront à cette centralisation accrue de leurs données et activités financières, ainsi que l’accueil réservé par les régulateurs.

Plusieurs questions persistent : dans quelle mesure X parviendra-t-il à séduire les utilisateurs au-delà de son public historique ? Comment les autorités, notamment européennes, encadreront-elles cette fusion des données sociales et financières ? Enfin, l’absence de cryptomonnaies dans X Money confirmera-t-elle une stratégie de recentrage sur les systèmes traditionnels, au détriment des actifs numériques ?

À ce stade, rien n’indique que X Money inclura un portefeuille de cryptomonnaies. Les fonctionnalités annoncées se concentrent sur des services financiers traditionnels, avec un partenariat avec Visa et des outils comme le cashback ou les transferts entre utilisateurs. Cette orientation marque un écart par rapport aux valeurs ouvertes de Bitcoin, autrefois mises en avant par Elon Musk.