Le président chinois Xi Jinping a débuté ce dimanche 1er septembre 2026 une visite officielle au Kirghizistan, avant de se rendre en Égypte. Ce déplacement s’inscrit dans le cadre du sommet de l’Organisation de coopération de Shanghai (OCS), un bloc régional que Pékin cherche à positionner comme une alternative aux structures dominées par l’Occident. Selon nos confrères de RFI, cette tournée diplomatique illustre la volonté de la Chine d’étendre son influence géopolitique sur deux continents.
Ce qu'il faut retenir
- Xi Jinping participe à Bichkek au sommet de l’OCS, un bloc eurasiatique créé en 2001 et regroupant huit États membres.
- Pékin souhaite renforcer le rôle de l’OCS face aux alliances occidentales, notamment après la guerre en Ukraine et les tensions en mer de Chine méridionale.
- Après le Kirghizistan, le président chinois se rendra en Égypte pour des discussions bilatérales et régionales.
- Cette visite s’inscrit dans une stratégie chinoise d’expansion de ses partenariats en Afrique et en Asie centrale.
Un sommet de l’OCS sous haute surveillance géopolitique
À Bichkek, capitale du Kirghizistan, le président chinois participera dès aujourd’hui au sommet annuel de l’OCS. Comme le rapporte RFI, cet événement rassemble les dirigeants des pays membres, dont la Russie, l’Inde, le Pakistan et les cinq États d’Asie centrale. L’enjeu principal pour Pékin est de consolider ce forum comme un contrepoids aux institutions dominées par les États-Unis et l’Europe.
L’OCS, souvent perçue comme un outil d’influence russe et chinoise, a vu ses ambitions croître ces dernières années. Avec l’adhésion récente de nouveaux membres, dont l’Iran en 2023, son poids économique et stratégique s’est renforcé. Xi Jinping devrait y défendre l’idée d’une coopération renforcée en matière de sécurité et d’économie, notamment à travers des projets d’infrastructures et des échanges commerciaux.
Une étape africaine pour renforcer les partenariats sud-sud
Après le Kirghizistan, le président chinois se rendra en Égypte pour une visite de deux jours. D’après RFI, cette étape s’inscrit dans une logique de rapprochement avec les pays africains, où la Chine a déjà investi massivement ces dernières années. Le Caire est un partenaire clé pour Pékin, notamment dans les domaines énergétique et militaire.
Les discussions porteront probablement sur des projets liés à la Nouvelle Route de la Soie, ainsi que sur la coopération dans les secteurs de la technologie et de la défense. L’Égypte, membre de l’OCS depuis 2021, joue un rôle central dans la stratégie chinoise pour étendre son influence en Afrique du Nord et au Moyen-Orient.
La Chine face à un contexte international tendu
Cette tournée diplomatique intervient dans un contexte marqué par les tensions commerciales avec les États-Unis et l’Union européenne. Xi Jinping a récemment multiplié les initiatives pour diversifier les partenariats de la Chine, notamment avec les pays du Sud global. L’OCS et l’Afrique constituent deux axes majeurs de cette stratégie.
Par ailleurs, la guerre en Ukraine et les sanctions occidentales contre Moscou ont poussé Pékin à renforcer ses liens avec les pays non-alignés. L’OCS, en particulier, est perçue comme un forum où la Chine peut promouvoir une vision multipolaire de l’ordre international, en opposition aux normes imposées par Washington.
Cette tournée illustre une fois de plus la détermination de Pékin à jouer un rôle central sur la scène internationale, en s’appuyant sur des alliances alternatives aux structures occidentales. Reste à voir si ces efforts se traduiront par des avancées tangibles, ou s’ils resteront limités à des déclarations d’intention.