D’ici le mois de juillet 2026, le constructeur chinois XPeng devrait élargir son offre européenne avec l’arrivée d’un quatrième modèle électrique. Comme l’indique Numerama, ce nouveau venu prendra la forme d’un SUV compact, succédant ainsi aux trois modèles actuellement commercialisés sur le continent. Ce véhicule, qui n’a pas encore révélé son nom en Europe, s’appuiera sur la plateforme du Mona L03, déjà présent sur le marché chinois, où il joue le rôle d’entrée de gamme pour la marque.

Ce qu'il faut retenir

  • XPeng lance un quatrième modèle électrique en Europe en juillet 2026, selon Numerama.
  • Ce SUV compact, non encore nommé, sera une version « européanisée » du Mona L03 chinois.
  • Le constructeur mise sur une production locale en Autriche pour contourner les droits de douane européens.
  • XPeng vise un prix plus attractif que ses modèles existants, comme le G6, pour conquérir le marché.
  • La capacité de production de l’usine Magna Steyr en Autriche reste un point d’interrogation.

En France, l’un des marchés européens les plus dynamiques pour les véhicules électriques, XPeng s’est déjà imposé comme un acteur en progression. Selon les données du marché, la marque chinoise figure depuis deux mois consécutifs parmi les 20 modèles les plus vendus en France sur le segment électrique. Une performance notable, alors que les premières livraisons de la P7+, le dernier modèle lancé, viennent tout juste de commencer.

L’annonce de ce quatrième modèle a été officialisée par le président de XPeng, Brian Gu, via un message publié sur le réseau social X le 1er juin 2026. Lors d’une visite de l’usine Magna Steyr en Autriche — où sont actuellement assemblés les trois modèles de XPeng vendus en Europe — il a réaffirmé l’importance de la production locale pour le constructeur. « La production locale est au cœur de l’engagement de XPeng envers l’Europe », a-t-il déclaré, précisant que « la collaboration s’étendra à un quatrième modèle ».

Ce nouvel arrivant se positionnera comme une alternative plus accessible que le G6, le SUV le plus grand du catalogue actuel. En Chine, le Mona L03 partage sa plateforme avec la berline Mona M03, tous deux conçus pour être les modèles d’entrée de gamme de XPeng. En Europe, la stratégie vise à proposer une version adaptée aux attentes du marché, avec un prix compétitif pour séduire une clientèle plus large.

Une production en Autriche pour contourner les droits de douane

Contrairement à une usine classique, XPeng ne fabrique pas ses véhicules en Europe. Comme l’explique Numerama, l’assemblage des modèles est réalisé à partir de kits CKD (*Complete Knocked Down*) dans l’usine autrichienne de Magna Steyr. Cette méthode permet à XPeng d’éviter les droits de douane supplémentaires imposés par l’Union européenne aux véhicules importés de Chine. Cependant, cette solution présente des limites en termes de capacité de production.

Le directeur Europe du Nord-Est de XPeng, Elvis Cheng, a reconnu ces contraintes lors d’une prise de parole récente. « La capacité de production de cette usine est limitée », a-t-il admis, sans préciser comment le constructeur et son partenaire parviendront à gérer l’arrivée d’un quatrième modèle. Avec une demande en hausse et une concurrence accrue sur le marché européen, l’équation s’annonce complexe.

Cette stratégie industrielle, bien que pragmatique, ne permet pas à XPeng de répondre à plein régime à la demande croissante. En 2025, l’UE a renforcé ses mesures protectionnistes en instaurant des droits de douane pouvant atteindre 27,4 % sur les véhicules électriques chinois. Une décision qui pousse les constructeurs comme XPeng à privilégier les assemblages locaux, mais au prix d’une production plus lente et moins flexible.

Un pari risqué sur le segment des SUV compacts

Avec ce quatrième modèle, XPeng mise sur le segment des SUV compacts, réputé pour son dynamisme en Europe. Le marché des véhicules électriques de cette catégorie est en effet l’un des plus disputés, avec des acteurs comme Tesla, BYD ou MG qui y déploient des offensives commerciales. Le Mona L03, tel qu’il est conçu en Chine, affiche des dimensions inférieures au G6, ce qui pourrait séduire une clientèle recherchant des véhicules maniables en milieu urbain.

Pour autant, le succès n’est pas garanti. Le prix de vente reste un facteur clé, d’autant que XPeng doit composer avec des marges réduites par les coûts de production européens. Les premières annonces suggèrent que ce modèle pourrait se positionner en dessous des 40 000 euros, une fourchette compétitive mais encore élevée pour une partie de la clientèle cible.

Autre incertitude : la perception de la marque XPeng en Europe. Malgré ses progrès récents en France, elle reste moins connue que ses concurrents directs. Une campagne marketing robuste sera donc indispensable pour accompagner le lancement de ce nouveau modèle.

Et maintenant ?

Le quatrième modèle de XPeng, attendu pour juillet 2026, devra relever plusieurs défis. D’abord, celui de la production : Magna Steyr devra-t-il augmenter ses capacités pour absorber le volume supplémentaire ? Ensuite, celui du positionnement prix et de la communication, pour s’imposer face à une concurrence bien établie. Enfin, XPeng devra surveiller l’évolution des réglementations européennes, notamment sur les subventions aux véhicules électriques, qui pourraient influencer les choix des consommateurs.

Quoi qu’il en soit, ce lancement marque une nouvelle étape dans la stratégie d’expansion européenne du constructeur chinois. Entre adaptation locale, contraintes industrielles et enjeux commerciaux, l’équilibre à trouver sera décisif pour son avenir sur le continent.

XPeng assemble ses modèles en Autriche via Magna Steyr pour éviter les droits de douane de l’UE sur les importations chinoises, qui peuvent atteindre 27,4 %. Cette méthode permet de contourner partiellement ces taxes, même si elle limite la capacité de production.