À seulement 25 ans, Yuvelis Natalia Morales Blanco, militante écologiste colombienne, s’est vu décerner le prestigieux prix Goldman, souvent considéré comme le « prix Nobel de l’écologie ». Selon Reporterre, cette distinction récompense son engagement sans faille contre l’exploitation des énergies fossiles, notamment la fracturation hydraulique, une méthode d’extraction controversée. La cérémonie de remise du prix s’est tenue ce mercredi 29 avril 2026 à Santa Marta, en Colombie, où la jeune femme a pris la parole lors de la première Conférence internationale sur la transition énergétique en Amérique latine.
Ce qu'il faut retenir
- Yuvelis Natalia Morales Blanco, militante colombienne de 25 ans, a reçu le prix Goldman pour son combat contre la fracturation hydraulique.
- Elle est la fille de pêcheurs artisanaux et revendique ses origines fluviales dans son engagement écologique.
- Elle déclare : « Aujourd’hui marque le début de la fin des énergies fossiles ».
- La remise du prix s’est déroulée à Santa Marta (Colombie) lors d’une conférence sur la transition énergétique.
- Son action s’inscrit dans le cadre d’une lutte plus large contre l’exploitation des ressources fossiles en Amérique latine.
Un prix Goldman pour une lutte concrète
Le prix Goldman, créé en 1989, est l’une des plus hautes distinctions internationales dans le domaine de la protection de l’environnement. Selon Reporterre, Yuvelis Morales a été récompensée pour son rôle clé dans la mobilisation contre la fracturation hydraulique en Colombie, une technique d’extraction de gaz et de pétrole particulièrement dévastatrice pour les écosystèmes locaux. Son engagement a permis de sensibiliser l’opinion publique et les autorités aux risques environnementaux et sociaux liés à cette pratique.
Âgée de 25 ans seulement, elle incarne une nouvelle génération de militants écologistes, déterminés à faire entendre leur voix face aux industries polluantes. Son parcours est marqué par son ancrage dans les communautés locales, comme elle l’a rappelé à plusieurs reprises : « Je suis la fille de pêcheurs artisanaux, je suis la fille du fleuve ». Cette proximité avec les populations directement touchées par les projets extractifs renforce la légitimité de son combat.
Un message fort pour la transition énergétique
Lors de son discours à Santa Marta, Yuvelis Morales a marqué les esprits en déclarant : « Aujourd’hui marque le début de la fin des énergies fossiles ». Cette affirmation s’inscrit dans un contexte où les négociations climatiques internationales peinent à aboutir à des engagements concrets. Son optimisme tranche avec le pessimisme ambiant, alors que de nombreux pays continuent de miser sur les énergies fossiles malgré les alertes des scientifiques.
Son prix survient à un moment charnière pour la Colombie, un pays riche en ressources naturelles mais aussi en conflits environnementaux. La fracturation hydraulique y est un sujet hautement sensible, notamment dans les régions comme le Magdalena Medio, où les communautés locales dénoncent des atteintes à leur mode de vie et à leur environnement. Son action s’ajoute à celle d’autres militants, comme Francia Márquez, vice-présidente colombienne et figure de proue de la défense des droits environnementaux.
Son combat rappelle aussi l’urgence d’agir face à la crise climatique, alors que les rapports du GIEC multiplient les alertes sur les conséquences irréversibles d’un réchauffement dépassant 1,5°C. Son message résonne particulièrement en Colombie, où les projets miniers et pétroliers continuent de menacer la biodiversité et les droits des communautés autochtones.
Une reconnaissance qui dépasse les frontières
Le prix Goldman, qui récompense chaque année six militants écologistes à travers le monde, met en lumière des luttes souvent méconnues. Selon Reporterre, Yuvelis Morales rejoint une liste prestigieuse de lauréats, dont des figures comme Berta Cáceres, assassinée en 2016 pour son opposition à un barrage hydroélectrique au Honduras. Son élection souligne l’importance croissante des voix locales dans la défense de l’environnement.
En Colombie, son prix pourrait aussi servir de levier pour faire pression sur le gouvernement, alors que le pays reste dépendant des revenus liés aux hydrocarbures. Les ONG environnementales espèrent que cette distinction servira à renforcer les politiques publiques en faveur des énergies renouvelables et à protéger les écosystèmes menacés.
Le prix Goldman, créé en 1989 par les philanthropes Richard et Rhoda Goldman, récompense chaque année six militants écologistes à travers le monde. Considéré comme l’une des plus hautes distinctions dans le domaine, il met en lumière des luttes locales souvent ignorées par les grands médias. Son nom de « Nobel de l’écologie » vient de son prestige et de son impact similaire aux prix Nobel, bien qu’il ne s’agisse pas d’une distinction officielle.