Alors que la Zambie se prépare à désigner son prochain président, les candidats en lice pour l’élection de ce jeudi 13 août 2026 axent leurs campagnes sur les défis économiques du pays. Le président sortant Hakainde Hichilema, en quête d’un second mandat, affronte Brian Mundubile, figure de l’opposition, dans un scrutin présenté comme particulièrement serré par les observateurs. Selon RFI, les électeurs zambiens devront trancher entre deux visions pour l’avenir économique d’une nation où la croissance reste fragile malgré des ressources naturelles abondantes.
Comme le rapporte RFI, cette élection intervient dans un contexte où l’économie zambienne, malgré ses richesses en cuivre, fait face à des pressions inflationnistes et à un endettement public élevé. Les deux principaux candidats ont placé la question économique au cœur de leurs discours, promettant tour à tour des réformes structurelles, une meilleure gestion des finances publiques et des mesures pour soutenir le pouvoir d’achat des ménages.
Ce qu'il faut retenir
- Le scrutin présidentiel en Zambie se tiendra ce jeudi 13 août 2026, opposant le président sortant Hakainde Hichilema au leader de l’opposition Brian Mundubile.
- L’économie zambienne, malgré ses ressources en cuivre, reste marquée par une croissance fragile, une inflation élevée et un endettement public important.
- Les candidats ont fait de la question économique un pilier central de leur campagne, avec des promesses de réformes et de soutien au pouvoir d’achat.
Un scrutin sous haute tension
Cette élection intervient dans un climat politique tendu, où la crédibilité des institutions électorales et la transparence du processus sont scrutées par la communauté internationale. Selon RFI, les sondages disponibles avant la suspension des enquêtes d’opinion pour la campagne montrent une course très serrée entre les deux principaux candidats. Hakainde Hichilema, au pouvoir depuis 2021, mise sur son bilan économique tout en reconnaissant les défis persistants.
De son côté, Brian Mundubile, leader du Parti patriotique unifié (UPF), accuse l’exécutif sortant de mauvaise gestion et promet une relance économique fondée sur une réduction drastique des dépenses publiques et une réforme fiscale ambitieuse. Les observateurs soulignent que la capacité de chacun des candidats à rassembler au-delà de son camp sera déterminante pour l’issue du vote.
L’économie zambienne, miroir des promesses électorales
La Zambie, pays d’Afrique australe riche en minerais, peine à transformer ses ressources naturelles en croissance inclusive. Malgré une croissance moyenne de 4 % ces dernières années, le pays reste confronté à un taux de chômage élevé chez les jeunes et à des inégalités sociales marquées. D’après RFI, les deux candidats ont promis d’accélérer la diversification économique, notamment en développant les secteurs de l’agriculture et des énergies renouvelables.
Le président sortant a mis en avant les réformes engagées pour attirer les investissements étrangers, comme l’ouverture du secteur minier à des partenaires privés. Quant à Brian Mundubile, il a promis de renégocier les contrats miniers jugés trop avantageux pour les multinationales et de réorienter les recettes vers les services publics. « La Zambie mérite mieux que des promesses vides », a-t-il déclaré lors d’un meeting à Lusaka, la capitale.
Un contexte régional sous tension
Cette élection présidentielle intervient alors que la Zambie, membre de la Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC), doit naviguer entre des partenariats économiques complexes et les pressions géopolitiques croissantes. Selon RFI, les tensions commerciales avec les voisins sud-africains et les incertitudes liées à la transition énergétique mondiale ajoutent une couche de complexité aux enjeux électoraux.
Les analystes soulignent que le prochain dirigeant zambien devra non seulement gérer les défis internes, mais aussi négocier avec des acteurs régionaux comme la République démocratique du Congo ou le Zimbabwe, avec lesquels les échanges commerciaux sont essentiels. La question de la stabilité politique et économique de la Zambie dépasse donc largement ses frontières.
Quelle que soit l’issue du vote, cette élection pourrait marquer un tournant pour la Zambie, pays qui tente de concilier croissance économique et justice sociale. Une chose est sûre : les défis à relever ne manqueront pas, pour le prochain locataire du palais présidentiel de Lusaka.
Le cuivre représente environ 70 % des exportations de la Zambie et environ 10 % de son PIB. Le pays est le deuxième producteur africain de ce minerai, essentiel pour les secteurs de l’électricité et des technologies. Sa volatilité des prix sur les marchés internationaux a un impact direct sur les finances publiques zambiennes.