Dans la nuit du 25 au 26 juillet 2026, SpaceX a mené à bien son 13e vol d'essai du système de lancement Super Heavy-Starship, selon Futura Sciences. Si l'étage supérieur du Starship a accompli l'intégralité de ses objectifs techniques, le booster Super Heavy a échoué à réaliser son amerrissage contrôlé dans le golfe du Mexique, illustrant à la fois les avancées et les limites actuelles de ce projet spatial ambitieux.
Ce qu'il faut retenir
- Le 13e vol d'essai du Starship, lancé depuis la Starbase au Texas, a permis de tester la version 3 (V3) du vaisseau spatial, haute de 124 mètres et propulsée par 33 moteurs Raptor.
- L'étage supérieur a réussi à déployer 20 satellites Starlink de troisième génération et à effectuer un amerrissage contrôlé au large de l'Australie après 1h05 de vol.
- Le booster Super Heavy, en revanche, n'a pu rallumer que 5 de ses 13 moteurs prévus lors de la phase de freinage, entraînant un amerrissage « dur » dans le golfe du Mexique.
- Ce vol fait suite à plusieurs reports : une tentative avortée le 16 juillet en raison d'une défaillance de quatre moteurs, puis des conditions météorologiques défavorables.
Un décollage après plusieurs reports techniques et météorologiques
Le lancement, initialement prévu le 16 juillet 2026, avait été interrompu à la dernière seconde en raison de la défaillance de quatre moteurs Raptor au démarrage, selon les informations communiquées par SpaceX. Un premier report avait été décidé pour le 24 juillet, avant d'être repoussé à nouveau de 24 heures en raison de la présence de nuages bas au-dessus de la Starbase. C'est finalement dans la nuit du 25 au 26 juillet, sous un ciel dégagé, que le Starship a pu décoller avec succès à 06h05, heure française.
Ce vol marquait le deuxième essai de la version 3 (V3) du Starship, conçue pour corriger les problèmes rencontrés lors du vol inaugural de mai 2026. À l'époque, le booster avait manqué sa cible d'atterrissage, tandis que l'étage supérieur avait subi un arrêt prématuré de ses moteurs. Pour ce 13e essai, SpaceX visait à valider plusieurs innovations, dont le déploiement de satellites Starlink en orbite et la capacité de rallumage des moteurs en vol.
Le Starship remplit tous ses objectifs, contrairement au booster Super Heavy
Une fois en trajectoire suborbitale, l'étage supérieur du Starship a déployé avec succès 20 satellites Starlink de troisième génération, chacun équipé de caméras pour analyser l'état des tuiles du bouclier thermique et l'intégrité générale du vaisseau. Ce système de largage, comparé à un distributeur « Pez » par les ingénieurs, a permis de tester pour la première fois en conditions réelles cette capacité de déploiement en vol.
Avant sa rentrée atmosphérique, le Starship a également démontré sa capacité à rallumer un de ses moteurs Raptor en orbite, une manœuvre essentielle pour les futures missions lunaires et martiennes. Le vaisseau a ensuite effectué une rentrée atmosphérique stabilisée, avant de réaliser un amerrissage contrôlé au nord-ouest de l'Australie, 1h05 après le décollage. Selon Elon Musk, cette phase critique s'est déroulée sans encombre, confirmant la fiabilité croissante de l'étage supérieur.
« Le Starship a montré une fiabilité accrue sur ses fonctions critiques : propulsion, déploiement de charge utile, rallumage moteur et rentrée atmosphérique », a déclaré Elon Musk sur X (ex-Twitter).
Le booster Super Heavy confronté à des défis persistants lors du freinage
Alors que l'étage supérieur a accompli sa mission sans faille, le booster Super Heavy a rencontré des difficultés majeures lors de sa phase de descente. Après avoir effectué sa manœuvre de retournement pour amorcer sa rentrée, seuls 10 des 13 moteurs prévus pour le freinage ont réussi à se rallumer. Trois pannes supplémentaires ont ensuite réduit ce nombre à cinq moteurs en fonctionnement au moment de l'amerrissage.
Ce dysfonctionnement a provoqué un impact à une vitesse supérieure à celle prévue, qualifiée d'« amerrissage dur » par SpaceX. Normalement, le booster est conçu pour revenir se poser directement sur sa tour de lancement, où des bras mécaniques géants, surnommés les « chopsticks », le rattraperaient en plein vol. Cependant, pour ces premiers essais de la version 3, SpaceX a choisi de privilégier la prudence en optant pour un amerrissage dans le golfe du Mexique, au prix de la perte du booster. Cette stratégie permet d'éviter de risquer les infrastructures au sol en cas d'incident.
Des conditions de vol optimales pour un essai technique exigeant
Le décollage du Starship V3 s'est déroulé sous des conditions météorologiques idéales, avec un ciel dégagé et une absence de vents violents. La poussée générée par les 33 moteurs Raptor, fonctionnant au méthane, a atteint près de 7 260 tonnes, faisant de ce lanceur le plus puissant jamais construit. Malgré ces performances, le vol a rappelé les défis techniques encore à surmonter avant d'envisager un retour du booster vers sa tour de lancement.
SpaceX a indiqué que les données recueillies lors de cet essai, notamment sur le comportement des moteurs et la stabilité du vaisseau, seront cruciales pour les prochains vols. La société n'a pas précisé de date pour le prochain essai, mais a confirmé que les améliorations apportées à la version 3 devraient permettre d'affiner les performances du système dans les mois à venir.
Pour rappel, le Starship est destiné à jouer un rôle central dans les missions lunaires du programme Artemis et les futurs projets d'exploration martienne. La réussite de ces vols d'essai reste donc un enjeu stratégique pour SpaceX, qui continue d'investir massivement dans le développement de sa fusée réutilisable.
Pour ces premiers vols de la version 3, SpaceX a préféré limiter les risques pour ses infrastructures au sol. Un amerrissage dans le golfe du Mexique permet d'éviter qu'un éventuel incident lors du freinage n'endommage la tour de lancement ou les « chopsticks », ces bras mécaniques conçus pour rattraper le booster en plein vol.
SpaceX devrait analyser les données recueillies lors de ce vol, notamment sur le comportement des moteurs et la stabilité du vaisseau, avant de planifier les prochains essais. L'objectif est d'améliorer les performances du booster Super Heavy, en particulier lors de la phase de freinage, pour envisager un retour vers la tour de lancement.