Avec sept mois à peine avant l’élection présidentielle de 2027, un processus inédit va tenter de faire émerger des pistes concrètes pour répondre aux défis climatiques, économiques et sociaux du pays. Ouest France révèle que 150 Français, désignés par tirage au sort, vont se réunir de septembre 2026 à février 2027 à Paris, un week-end par mois. Leur mission : élaborer des propositions destinées à inspirer, voire à influencer, les programmes des candidats à l’Élysée.
Ce qu'il faut retenir
- 150 citoyens sélectionnés aléatoirement vont participer à des débats mensuels à Paris jusqu’en février 2027.
- Le projet, baptisé Un commun accord, est porté par l’ingénieur Jean-Marc Jancovici.
- Les propositions formulées pourraient servir de base aux programmes des candidats à la présidentielle de 2027.
- Un site internet permettra de suivre les débats à distance et d’y contribuer en ligne.
Un laboratoire d’idées citoyen pour éclairer la présidentielle
Ce dispositif s’inscrit dans une démarche visant à associer directement les citoyens à la réflexion sur les grands enjeux nationaux. Jean-Marc Jancovici, ingénieur spécialisé dans les questions climatiques et énergétiques, en est à l’origine. Son objectif : « donner la parole à des Français représentatifs de la diversité du pays pour qu’ils proposent des solutions pragmatiques et partagées », a-t-il indiqué à Ouest France. Les participants aborderont des thèmes aussi variés que le climat, l’emploi ou encore la transition économique, des sujets qui devraient peser lourd dans les débats électoraux.
Chaque session, organisée un week-end par mois, prendra la forme de tables rondes et d’ateliers. Les échanges seront encadrés par des experts et des facilitateurs, avec pour ambition de produire des recommandations claires et actionnables. « L’idée n’est pas de remplacer les partis politiques, mais de leur offrir un matériau neuf pour nourrir leurs programmes », précise Jancovici.
Une plateforme numérique pour élargir la participation
Pour que cette initiative dépasse le cadre des débats en présentiel, un site internet dédié sera mis en ligne dès le lancement du projet. Les internautes pourront ainsi suivre les discussions en direct, consulter les comptes-rendus des réunions et, pourquoi pas, soumettre leurs propres idées. « Cette dimension participative est essentielle, car elle permet d’élargir le cercle des contributeurs au-delà des 150 participants tirés au sort », souligne un porte-parole du projet.
Le site jouera également un rôle de vitrine pour les propositions finalisées. Une fois le cycle de débats achevé, elles seront compilées dans un document public, destiné à être diffusé auprès des partis politiques, des médias et des citoyens. L’enjeu ? Que ces pistes soient suffisamment robustes pour peser dans la campagne et, le cas échéant, inspirer des mesures concrètes.
Un pari sur la démocratie délibérative
Ce projet s’inscrit dans une tendance plus large de recours à la démocratie participative en France. Depuis plusieurs années, des dispositifs similaires ont été testés, comme la Convention citoyenne pour le climat en 2020. Cependant, le calendrier de Un commun accord le place en première ligne pour influencer le débat présidentiel. « Sept mois, c’est un délai serré, mais suffisamment long pour approfondir les sujets et produire des travaux aboutis », explique un observateur du projet.
Reste à savoir si les candidats à l’Élysée s’empareront de ces propositions. Aucune garantie n’existe, mais les organisateurs misent sur l’effet de légitimité que confère un processus aléatoire et transparent. « Quand 150 personnes tirées au sort s’accordent sur une solution, cela a une force particulière », note Jancovici.
Quoi qu’il en soit, cette initiative rappelle que la présidentielle ne se jouera pas seulement sur les estrades ou dans les meetings. Elle pourrait aussi se nourrir des travaux de citoyens ordinaires, réunis pour imaginer un avenir commun.
Jean-Marc Jancovici est un ingénieur et expert reconnu en questions climatiques et énergétiques, notamment connu pour ses prises de position sur la transition écologique. Son projet, Un commun accord, mise sur la légitimité d’un tirage au sort pour produire des propositions perçues comme neutres et représentatives. Si les candidats s’en emparent, elles pourraient influencer le débat public en amont du scrutin.