Vingt-huit ans après leur dernière confrontation en Coupe du monde, la France et le Paraguay se retrouvent samedi 12 juillet 2026 à l’occasion des huitièmes de finale à Philadelphie. En 1998, au stade Félix-Bollaert de Lens, les Bleus avaient déjà éliminé l’Albirroja sous les yeux d’une nation en liesse. Selon Franceinfo - Sport, ce match du 28 juin 1998 reste un jalon historique du football tricolore, bien au-delà du simple résultat sportif.
Ce qu'il faut retenir
- Victoire française 1-0 contre le Paraguay en prolongation, grâce à un but en or de Laurent Blanc.
- Quart de finale puis première étoile pour les Bleus, après un parcours marqué par des innovations tactiques et des joueurs devenus légendaires.
- Un été 1998 rythmé par l’affaire Festina, la victoire de la France à la Coupe du monde et la culture populaire de l’époque.
- Lapsus de Jacques Chirac lors de la réception des Bleus à l’Élysée le 14 juillet 1998.
- Un contexte technologique et médiatique radicalement différent de celui de 2026.
Un match serré et une prolongation tendue
Le 28 juin 1998, au stade Félix-Bollaert de Lens, la France et le Paraguay s’affrontent en huitièmes de finale de la Coupe du monde. Le match, marqué par une défense paraguayenne solide et un gardien emblématique, José Luis Chilavert, se solde par un score nul et vierge à la fin du temps réglementaire. C’est dans la prolongation, sous le régime du but en or, que Laurent Blanc, milieu de terrain des Bleus, inscrit le but décisif à la 114e minute. Une frappe qui entre dans la légende et offre à la France une qualification pour les quarts de finale.
Le soulagement est immense. Le commentateur Thierry Gilardi, sur Canal+, marque les esprits en lançant : « La lumière est venue de Laurent Blanc ! » Une phrase qui résonne encore aujourd’hui comme l’un des moments forts de l’histoire du football français. Ce but en or, aujourd’hui disparu des règles, avait alors permis aux Bleus de poursuivre leur parcours vers le titre mondial.
Une équipe de France en pleine construction
En 1998, l’équipe de France, dirigée par Aimé Jacquet, compte déjà dans ses rangs des joueurs qui marqueront l’histoire. Parmi eux, Zinedine Zidane, futur Ballon d’Or, ou encore Lilian Thuram, Fabien Barthez et Didier Deschamps, alors capitaine. Des Bleus vêtus de maillots bleus aux bandes rouges et blanches, un symbole qui deviendra mythique après la victoire finale. Didier Deschamps, qui portera plus tard le costume de sélectionneur, arbore alors le brassard de capitaine. Une génération dorée, encore en devenir, mais déjà porteuse d’un style de jeu efficace et pragmatique.
Le parcours des Bleus en 1998 est jalonné de performances solides. Après la victoire contre le Paraguay, la France élimine l’Italie en quarts de finale (0-0, 4 tab 3), puis la Croatie en demi-finales (2-1). Le 12 juillet, au Stade de France, les Bleus s’imposent face au Brésil (3-0) et décrochent leur première étoile. Un exploit qui marquera à jamais l’histoire du sport français.
Un été 1998 sous le signe de la fête et de la culture populaire
L’été 1998 est bien plus qu’une Coupe du monde pour la France. C’est une année charnière, où se mêlent sport, politique et culture. Le 14 juillet 1998, les Champs-Élysées à Paris sont noirs de monde pour célébrer la victoire des Bleus. La température atteint 34°C ce jour-là, et les supporters défilent sous les klaxons des Renault Clio et Peugeot 206, des modèles emblématiques de l’époque.
Côté politique, Jacques Chirac, alors président de la République, accueille l’équipe de France sur le parvis de l’Élysée. Lors de son discours, il commet un lapsus en déclarant : « le plus beau cadeau : l’équipe de France et la coupe de France ». Une phrase qui restera dans les annales, entre humour et émotion. À la même période, la France est également marquée par des événements comme l’affaire Festina au Tour de France, qui éclate quelques semaines plus tôt, ou encore le départ de Geri Halliwell des Spice Girls.
Une France en mutation technologique et médiatique
En 1998, la France est en pleine mutation technologique. Les écrans de télévision sont encore lourds et encombrants, et Internet commence tout juste à se démocratiser. Google, fondé en 1998, n’en est qu’à ses débuts, tandis que les baladeurs CD et les Game Boy Color dominent le marché du divertissement portable. Les chaînes de télévision, comme Canal+, proposent des programmes qui marquent la culture populaire : « Les Guignols de l’info » parodient avec brio la cohabitation entre Jacques Chirac et Lionel Jospin, tandis que la série « Friends » et les Pokémons commencent à séduire le public français.
Côté musique, la bande originale de l’été 1998 est marquée par des tubes comme « My Heart Will Go On » de Céline Dion, « I Will Survive » ou encore « La tribu de Dana » de Manau. Les fans de football entonnent « I Will Survive » pour célébrer la première étoile des Bleus, avant que ce chant ne devienne un hymne populaire. À l’époque, les mélodies sont écoutées sur des baladeurs CD, bien avant l’ère du streaming et des plateformes numériques.
Alors que les réseaux sociaux et les plateformes de streaming dominent désormais l’expérience sportive, le match de 1998 rappelle une époque où le football était un phénomène de société. Un été où une nation entière s’est unie autour de ses couleurs, avant que Kylian Mbappé, alors âgé de quelques mois, ne devienne plus tard l’un des artisans de la deuxième étoile.
Le but en or, qui permettait de clore un match en prolongation dès qu’un but était marqué, a été abandonné par la FIFA en 2004. Cette règle, introduite pour réduire la durée des matchs, était controversée car elle pouvait favoriser une équipe défensive plutôt qu’une autre. Depuis, les prolongations se jouent en deux mi-temps de 15 minutes, suivies éventuellement d’une séance de tirs au but si nécessaire.