Le 8 mai 1945 restera dans l’Histoire comme la date de la capitulation sans condition de l’Allemagne nazie, mettant fin à près de six années de conflit en Europe. Selon Le Figaro, cette cérémonie solennelle, organisée à Berlin à la demande expresse de Staline, a marqué l’aboutissement d’une guerre qui avait dévasté le continent et causé la mort de plus de 40 millions de personnes.
Ce qu’il faut retenir
- Le maréchal Wilhelm Keitel, chef du haut commandement allemand (OKW), signe la capitulation totale et inconditionnelle de l’Allemagne le 8 mai 1945 à Berlin.
- La cérémonie se déroule en présence des Alliés, notamment des Soviétiques, qui imposent une reddition sans négociation possible.
- Cette signature intervient après des mois de défaites militaires allemandes, marquées par la jonction des troupes américaines et soviétiques sur l’Elbe en avril 1945.
- Avant cette date, des tentatives de négociation séparée, comme celles de Hermann Göring ou Heinrich Himmler, avaient échoué en raison des tensions entre les Alliés.
- La capitulation est suivie, dans la nuit du 8 au 9 mai, par l’arrêt des combats en Europe, mettant un terme officiel à la Seconde Guerre mondiale sur ce continent.
Un contexte militaire et politique tendu
En janvier 1945, l’Allemagne nazie, encerclée par les Alliés, tente une dernière contre-offensive dans les Ardennes. Cette offensive, connue sous le nom de « bataille des Ardennes », échoue en quelques semaines, confirmant l’essoufflement des forces allemandes. À l’est, l’Armée rouge soviétique progresse inexorablement vers Berlin, tandis que les troupes occidentales, menées par les Américains, franchissent le Rhin en mars.
Dans ce contexte, certains responsables nazis, comme le maréchal Erich von Manstein, envisagent une résistance « pour l’honneur » face aux Occidentaux, tout en négociant avec les Soviétiques. Cependant, ces projets sont rapidement balayés par la réalité des défaites. Le 30 avril 1945, Adolf Hitler se suicide dans son bunker berlinois, laissant le IIIe Reich sans direction claire. Son successeur désigné, l’amiral Karl Dönitz, tente de négocier une paix séparée avec les Alliés occidentaux, mais en vain.
Les manœuvres désespérées des derniers dirigeants nazis
Avant la chute de Berlin, Hermann Göring, qui se trouve en Bavière à l’ouest, tente de prendre le pouvoir en proposant à Hitler de le remplacer par un télégramme. Mais cette initiative lui vaut d’être arrêté et exclu de toutes ses fonctions par le Führer. Quant à Heinrich Himmler, il engage des pourparlers secrets avec les Alliés occidentaux via la Suède, proposant une reddition partielle pour sauver l’Allemagne de l’occupation soviétique. Les Britanniques et les Américains, soucieux de ne pas froisser Staline, rejettent ces offres.
Le 2 mai 1945, Berlin tombe aux mains de l’Armée rouge. Les Soviétiques, qui ont subi des pertes colossales lors de la bataille de la ville, imposent une reddition sans condition. Les derniers noyaux de résistance allemande, encerclés dans la capitale, sont réduits à néant. C’est dans ce contexte que le maréchal Keitel est convoqué à Berlin pour signer l’acte de capitulation.
La cérémonie historique du 8 mai 1945
La cérémonie de signature se déroule dans une salle de la banlieue de Berlin, à Karlshorst. Elle est présidée par le maréchal Georgy Joukov pour l’Union soviétique et le maréchal Arthur Tedder pour les Alliés occidentaux. Le maréchal Keitel, chef du haut commandement allemand, signe à deux reprises le document de reddition : une première fois le 7 mai à Reims, sous l’autorité du général Dwight D. Eisenhower, puis une seconde fois le 8 mai à Berlin pour satisfaire les exigences soviétiques.
« En ma qualité de représentant du haut commandement allemand, je déclare que l’Allemagne nazie capitule sans condition devant les forces des Nations unies. »
L’acte de capitulation entre en vigueur à 23h01 heure locale, mettant fin officiellement aux hostilités en Europe. Dans la nuit, les combats cessent sur tout le front, même si des poches de résistance isolées persistent quelques jours encore, notamment en Tchécoslovaquie.
Les conséquences immédiates de la capitulation
Dès le 9 mai 1945, les gouvernements alliés annoncent la fin de la guerre en Europe. À Londres, à Paris et à Washington, des foules en liesse célèbrent la victoire, marquant la fin d’un conflit qui a profondément marqué le XXe siècle. En France, le général Charles de Gaulle proclame la fin des hostilités et appelle à la reconstruction nationale. À Berlin, la ville, en ruines, passe sous contrôle soviétique, tandis que l’Allemagne est divisée en quatre zones d’occupation, prélude à la Guerre froide.
Pour les survivants des camps de concentration, la nouvelle de la capitulation est un soulagement teinté d’amertume. Libérés progressivement par les Alliés, les rescapés, souvent réduits à l’état de squelettes, témoignent des crimes du régime nazi. À Auschwitz, libéré par l’Armée rouge le 27 janvier 1945, les Soviétiques découvrent l’horreur des camps et commencent à soigner les survivants.
La cérémonie de Berlin, bien que moins médiatisée que celle de Reims, reste un symbole fort de la fin de la Seconde Guerre mondiale en Europe. Elle consacre la victoire des Alliés, mais aussi les tensions naissantes entre les grandes puissances, annonçant déjà les contours de la Guerre froide.
Les Alliés ont imposé une double signature pour des raisons politiques. La première, signée le 7 mai à Reims, était destinée à acter immédiatement la fin des combats. La seconde, le 8 mai à Berlin, a été exigée par Staline pour marquer symboliquement la victoire soviétique et insister sur la capitulation sans condition de l’Allemagne.