La Française Lucie Leguay, âgée de 36 ans, s’apprête à diriger pour la première fois un opéra en tant que cheffe d’orchestre. Selon Le Monde, elle prendra la baguette pour la création mondiale de « Accabadora », une œuvre du compositeur italien Francesco Filidei. Cette nomination marque une étape notable dans sa carrière, alors qu’elle est reconnue jusqu’ici principalement comme instrumentiste.

Ce qu'il faut retenir

  • À 36 ans, Lucie Leguay dirigera la création mondiale de « Accabadora », un nouvel opéra de Francesco Filidei.
  • Cette première direction d’opéra intervient alors qu’elle est davantage connue comme pianiste.
  • L’œuvre sera donnée en première mondiale lors du Festival d’Aix-en-Provence, l’un des événements lyriques les plus prestigieux en France.
  • Francesco Filidei, compositeur italien, signe ici une nouvelle partition lyrique.

Lucie Leguay, originaire de France, s’est imposée ces dernières années comme une figure montante de la scène musicale internationale. Pianiste de formation, elle a multiplié les collaborations avec des ensembles prestigieux, tout en développant une carrière solo remarquée. Son passage à la direction d’orchestre pour « Accabadora » témoigne de sa polyvalence et de l’intérêt croissant des institutions pour des profils hybrides, capables de naviguer entre interprétation et direction. Selon Le Monde, cette opportunité s’inscrit dans le cadre d’une programmation ambitieuse pour l’édition 2026 du Festival d’Aix-en-Provence, réputé pour ses créations contemporaines et ses mises en scène audacieuses.

Francesco Filidei, compositeur italien né en 1973, est déjà une figure reconnue du paysage lyrique contemporain. Il a notamment collaboré avec des institutions comme l’Opéra de Paris, La Monnaie à Bruxelles ou encore le Teatro alla Scala de Milan. « Accabadora » constitue son troisième opéra après « Il mondo nuovo » (2015) et « La reine blonde » (2018), confirmant son attachement à des récits mêlant mythes et réalités sociales. Le livret, signé par le dramaturge Fabio Condemi, s’inspire librement d’un roman italien du XXe siècle, explorant des thèmes universels comme la mort et la rédemption.

« Ce projet représente pour moi une nouvelle aventure artistique. Diriger un opéra est un défi différent de l’instrument, mais tout aussi passionnant », a déclaré Lucie Leguay à Le Monde.

Le Festival d’Aix-en-Provence, qui se tiendra du 5 au 25 juillet 2026, accueillera ainsi une création majeure. Cet événement s’ajoute à une programmation éclectique, mêlant opéras classiques et œuvres contemporaines. Pour le public, cette première mondiale représente une occasion rare de découvrir une partition inédite, tandis que pour les professionnels, elle confirme l’attractivité du festival pour les compositeurs émergents et établis.

La direction de Lucie Leguay s’annonce donc comme l’un des temps forts de cette édition. Son parcours, marqué par une approche à la fois rigoureuse et intuitive de la musique, laisse présager une interprétation exigeante de cette œuvre complexe. Francesco Filidei, quant à lui, a salué « une cheffe qui comprend la dimension théâtrale de l’opéra, au-delà de sa dimension purement musicale ».

Et maintenant ?

Les répétitions pour « Accabadora » débuteront dès le printemps 2026, avec une distribution vocale encore confidentielle mais incluant des chanteurs issus des plus grandes scènes européennes. Le festival devrait dévoiler le nom des interprètes principaux dans les prochaines semaines. Quant à Lucie Leguay, cette direction pourrait ouvrir la voie à d’autres engagements dans le répertoire lyrique, même si elle a précisé vouloir continuer à développer son activité de pianiste.

Reste à voir comment le public et la critique réagiront à cette création, tant sur le plan musical que scénique. Une chose est sûre : cette première mondiale s’annonce comme un moment clé pour l’opéra contemporain en France, avec une cheffe à suivre de près.

Francesco Filidei est un compositeur italien né en 1973, reconnu pour ses opéras et ses œuvres pour orchestre. Il a étudié au Conservatoire de Milan et à l’Ircam à Paris. Ses partitions, souvent marquées par une écriture exigeante et une recherche sonore poussée, ont été jouées dans les plus grandes salles d’Europe.