Un écrin culturel majeur prend forme en Normandie. Selon Le Figaro, la Fondation Gandur a choisi les architectes italiens Barozzi Veiga pour concevoir son musée dédié aux collections de son fondateur, Jean-Claude Gandur. Ce projet, d’un coût de 150 millions d’euros, s’implantera sur six hectares aux abords du Mémorial de Caen et devrait ouvrir ses portes à l’été 2031.

Ce qu'il faut retenir

  • Un musée de 150 millions d’euros, financé par le milliardaire Jean-Claude Gandur, prendra place près du Mémorial de Caen.
  • Le cabinet Barozzi Veiga, spécialiste des musées et salles de concert, a été retenu après une année de réflexion.
  • L’ouverture est prévue pour l’été 2031, avec un premier coup de pioche attendu en 2028.
  • Le projet mise sur l’intégration de la nature dans l’architecture, inspirée de lieux comme le musée Louisiana à Copenhague ou l’île d’art de Naoshima.

Le milliardaire Jean-Claude Gandur, fondateur de la Fondation, a exprimé sa satisfaction quant au choix des architectes. « Ce lundi 4 mai est un grand jour pour moi », a-t-il déclaré. « Ce n’est pas tous les jours qu’on révèle les noms des architectes choisis pour créer l’écrin près du Mémorial de Caen qui renfermera toutes mes collections pour plusieurs générations à venir ». Après une année de réflexion entre trois cabinets d’architectes — les Norvégiens Snohetta, les Irlandais Grafton et les Italo-Espagnols Barozzi Veiga —, c’est finalement ces derniers qui ont été sélectionnés.

Barozzi Veiga n’en est pas à son coup d’essai. Le cabinet, reconnu pour ses réalisations comme la Philharmonie de Prague ou le musée des beaux-arts de Lausanne, a imaginé un projet où la nature dialogue avec l’architecture. Comme le soulignent les concepteurs, l’expérience des visiteurs sera rythmée par une promenade au cœur d’un espace vert. « Depuis le Mémorial, les visiteurs traverseront une petite forêt, puis arriveront sur une prairie vallonnée avec des bassins d’eau et des sculptures… » précise le communiqué.

Un musée conçu pour s’intégrer au territoire normand

L’emplacement retenu, à proximité immédiate du Mémorial de Caen, n’est pas anodin. Ce choix s’inscrit dans une volonté de créer un pôle culturel et mémoriel cohérent, tout en valorisant le patrimoine local. Le projet prévoit une intégration paysagère soignée, avec des espaces naturels préservés et des œuvres d’art disséminées sur le site. Autant dire que le futur musée ne se contentera pas d’être un simple bâtiment, mais un lieu de vie où architecture et environnement se répondent.

Côté calendrier, les travaux devraient démarrer au premier semestre 2028, après une phase de conception détaillée. Si tout se déroule comme prévu, l’inauguration aura lieu en 2031, soit trois ans après l’ouverture du Musée Albert-Kahn à Boulogne-Billancourt, autre projet culturel ambitieux porté par un mécène privé. — Un délai qui reflète l’ampleur du chantier, tant sur le plan architectural qu’organisationnel.

Un mécénat d’exception au service de la culture

Le projet de la Fondation Gandur s’ajoute à une série d’initiatives portées par des collectionneurs privés en France. Depuis plusieurs années, ces mécènes redynamisent le paysage culturel en finançant des institutions d’envergure. À titre d’exemple, la récente inauguration du musée Hector Guimard à Paris, dédié à l’artiste de l’Art nouveau, illustre cette tendance. Ces initiatives, bien que parfois controversées, contribuent à élargir l’offre culturelle et à diversifier les publics.

Dans le cas présent, Jean-Claude Gandur, dont la fortune est liée à des activités dans les secteurs de l’énergie et de la finance, a fait le choix de léguer une partie de ses collections à la postérité. Sa Fondation, basée à Genève, possède des œuvres majeures couvrant plusieurs siècles et civilisations, de la peinture classique aux arts décoratifs. Le futur musée de Caen deviendra ainsi le premier à exposer l’intégralité de ces collections en France.

Et maintenant ?

Les prochaines étapes seront déterminantes. D’ici à 2028, le cabinet Barozzi Veiga devra finaliser les plans et obtenir les autorisations administratives nécessaires. Les riverains, notamment ceux du Mémorial, pourraient être consultés pour s’assurer que le projet s’intègre harmonieusement dans le paysage local. Bref, le compte à rebours est lancé pour ce qui promet d’être l’un des chantiers culturels les plus attendus de la décennie en Normandie.

Reste à voir si le calendrier sera respecté. Entre les aléas des grands projets et les défis techniques, la route est encore longue. Une chose est sûre : ce musée, s’il voit le jour comme prévu, marquera durablement le patrimoine architectural et culturel de la région.

Le musée accueillera l’intégralité des collections de la Fondation Gandur, qui couvrent plusieurs siècles et civilisations. Cela inclut des peintures classiques, des arts décoratifs et d’autres pièces majeures, selon les informations communiquées par le milliardaire lui-même.