Selon Le Figaro, la capitale cubaine, La Havane, vit au rythme des tensions économiques et des pénuries, dans un climat où l’angoisse quotidienne s’installe durablement. Entre coupures d’électricité, restrictions et une défiance accrue envers les institutions, les habitants navigueraient entre résignation et colère sourde, comme en témoignent les récits familiaux recueillis par nos confrères.

Ce qu'il faut retenir

  • Une explosion dans le quartier du Vedado à La Havane a provoqué une panique passagère, confondue à tort avec une attaque étrangère
  • Les Cubains, sous pression économique, expriment une inquiétude croissante face à l’avenir du système socialiste
  • Les sanctions américaines aggravent la crise, avec la suspension des paiements par cartes Visa et Mastercard
  • Le groupe hôtelier espagnol Meliá annonce l’arrêt de ses activités à Cuba

La Havane sous tension : entre coupures d’électricité et rumeurs infondées

Un jeudi soir, vers 20 heures, une détonation assourdissante a retenti dans un restaurant du quartier du Vedado, à La Havane. Un éclair jaunâtre a zébré le ciel, provoquant une panique immédiate parmi les clients. Yaima*, une Havanaise métisse aux longs cheveux noirs, s’est jetée au sol, convaincue que « les Américains arrivaient », comme elle l’a confié plus tard à Le Figaro. Une femme, encore sous le choc, a murmuré : « Mes jambes tremblent. Je ne peux plus bouger ! ». Seule une personne, un retraité des Forces armées révolutionnaires (FAR) attablé avec un verre de rhum à la main, est restée impassible face à l’incident. Il s’agissait en réalité de l’explosion d’un transformateur, et non d’une invasion étrangère.

Pourtant, cet épisode illustre l’atmosphère électrique qui règne dans la capitale cubaine. Les Havanais tentent parfois de faire bonne figure, mais derrière les apparences, l’inquiétude est palpable. Ariel, le beau-père de Yaima, musicien de profession, fait partie de ceux qui considèrent que le pays est « en sursis ». Les tensions sociales, aggravées par la crise économique, alimentent un sentiment de précarité partagé par une grande partie de la population.

Un système économique à bout de souffle et des sanctions américaines dévastatrices

Depuis plusieurs mois, Cuba traverse une période particulièrement difficile. Les pénuries de nourriture, de carburant et de médicaments se multiplient, tandis que les coupures d’électricité deviennent récurrentes. Ces difficultés sont en grande partie attribuées aux sanctions imposées par les États-Unis, qui ont durci leur politique économique à l’encontre de l’île. Selon Le Figaro, les paiements par cartes Visa et Mastercard ont été suspendus en raison de ces mesures restrictives, aggravant encore les difficultés des Cubains pour accéder à des biens essentiels.

La situation s’est encore détériorée avec l’annonce du groupe hôtelier espagnol Meliá, qui a décidé de mettre un terme à ses activités touristiques à Cuba. Ce retrait illustre le désengagement progressif des acteurs internationaux, découragés par l’instabilité économique et politique du pays. Bref, la crise à Cuba ne se limite plus à des difficultés locales, mais s’inscrit dans un contexte régional et international de plus en plus défavorable.

Un quotidien marqué par la méfiance et l’incertitude

Dans les foyers cubains, la parole se libère davantage qu’en public, où la liberté d’expression reste très encadrée. Ariel, Yaima et leurs proches font partie de ces familles qui vivent au jour le jour, sans certitude sur l’avenir. « À Cuba, on ne parle pas de politique à voix haute, mais dans les maisons, les discussions sont vives », confie un proche de la famille. Les Cubains, habitués aux discours officiels, semblent désormais plus enclins à remettre en question le modèle socialiste qui les gouverne depuis des décennies.

Les tensions internes s’ajoutent aux pressions externes. Les groupes aéronavals américains, régulièrement déployés dans la région, alimentent les spéculations. Pourtant, malgré les rumeurs, aucune intervention militaire n’est à l’ordre du jour. Les autorités cubaines, de leur côté, tentent de minimiser l’impact de la crise, mais les faits sont têtus : les files d’attente devant les magasins, les prix exorbitants des denrées de base et l’absence de perspectives économiques pèsent lourdement sur la population.

Et maintenant ?

Les prochaines semaines pourraient être déterminantes pour Cuba. Les autorités devront trouver des solutions pour stabiliser l’économie et éviter une aggravation des tensions sociales. La levée partielle des sanctions américaines, si elle était envisagée, pourrait apporter un répit, mais rien n’est moins sûr. En attendant, la population cubaine reste en alerte, prête à faire face à de nouvelles épreuves.

La situation à Cuba illustre les défis auxquels sont confrontés les pays d’Amérique latine, pris en étau entre les pressions économiques, les tensions géopolitiques et les aspirations démocratiques de leurs populations. Reste à savoir si le gouvernement cubain parviendra à inverser la tendance, ou si le pays sombrera davantage dans l’instabilité.

Les sanctions américaines contre Cuba, en place depuis des décennies, ont été renforcées sous l’administration Trump et maintenues sous Biden. Elles visent principalement à faire pression sur le gouvernement cubain pour qu’il adopte des réformes démocratiques et respecte les droits de l’homme. Cependant, ces mesures sont critiquées pour leur impact sur la population civile, qui subit de plein fouet les conséquences économiques de l’embargo.