Selon RFI, l’olivier, arbre au cœur de l’identité palestinienne, voit ses surfaces cultivées se réduire comme peau de chagrin dans la bande de Gaza depuis le début du conflit, déclenché le 7 octobre 2023 après les attaques du Hamas en Israël. Autrefois pilier de l’économie locale et élément central de la tradition culinaire, l’oliveraie gazouie aujourd’hui sous les bombes et les destructions, dans un contexte où Israël fait l’objet d’accusations de génocide devant la Cour internationale de Justice.

Ce qu'il faut retenir

  • Les surfaces d’oliveraies à Gaza ont fortement diminué depuis le début de la guerre il y a deux ans et demi.
  • L’olivier représente pour les Palestiniens une source de revenus, un symbole culturel et un marqueur de résistance face à l’occupation.
  • Les accusations de génocide portées contre Israël devant la CIJ ajoutent une dimension juridique au conflit.
  • La production d’huile d’olive, autrefois florissante, est aujourd’hui sévèrement impactée par les destructions et l’impossibilité d’accéder aux terres.

Un arbre chargé de sens pour le peuple palestinien

Pour les habitants de Gaza, l’olivier n’est pas seulement une culture : c’est un symbole d’enracinement sur une terre souvent disputée. Selon RFI, cet arbre millénaire incarne la résistance et la fierté nationale des Palestiniens. Il rythme aussi la vie quotidienne, des repas familiaux aux échanges économiques locaux. « L’olivier, c’est notre histoire, notre mémoire », rappelle un agriculteur de Khan Younis, cité par RFI. 80 % des terres agricoles de Gaza étaient autrefois dédiées à l’olivier, selon les estimations de l’Autorité palestinienne avant le conflit.

Des superficies en chute libre depuis le 7 octobre 2023

Depuis le déclenchement des hostilités, les destructions massives et l’impossibilité d’accéder aux champs ont réduit comme peau de chagrin les surfaces plantées. RFI indique que plus de 40 % des oliveraies ont été endommagées ou détruites, que ce soit par les bombardements, les bulldozers ou l’abandon faute de moyens de culture. « On ne peut plus entretenir nos arbres, et même si on le pouvait, on n’a plus accès à nos terres », témoigne un producteur de Rafah sous couvert d’anonymat. Les restrictions de mouvement imposées par l’armée israélienne ont aussi empêché les agriculteurs de se rendre dans leurs vergers, souvent situés près de la frontière ou dans des zones déclarées « zones tampons ».

Un secteur économique en ruine

Avant la guerre, l’huile d’olive palestinienne, notamment celle de Cisjordanie, était exportée vers l’Europe et le Moyen-Orient. Aujourd’hui, la production est quasi à l’arrêt. Selon les chiffres de la Chambre de commerce de Gaza, les exportations d’huile d’olive ont chuté de 90 % depuis 2023. Les prix ont explosé, rendant ce produit inaccessible pour une grande partie de la population. « On produisait 12 000 tonnes d’huile d’olive par an avant la guerre, aujourd’hui, on en est à quelques centaines », précise un responsable de la Coopérative agricole de Gaza à RFI. Cette crise aggrave une situation humanitaire déjà catastrophique, où plus de 80 % de la population dépend de l’aide internationale.

Contexte international : l’ombre du génocide et de la Cour pénale

Le conflit à Gaza s’inscrit dans un cadre juridique international de plus en plus tendu. Depuis le 29 décembre 2023, l’Afrique du Sud a déposé une plainte contre Israël devant la Cour internationale de Justice (CIJ) pour « génocide » et violations du droit international. Une procédure qui, si elle aboutissait, pourrait entraîner des sanctions ou des obligations de réparation. Israël rejette ces accusations, affirmant mener une guerre légitime contre le Hamas. Pourtant, les destructions massives de terres agricoles, comme celles des oliveraies, alimentent les critiques sur l’impact humanitaire et environnemental du conflit.

Et maintenant ?

À court terme, la reprise des activités agricoles semble improbable sans un cessez-le-feu durable. Les organisations humanitaires appellent à la protection des civils et des infrastructures essentielles, mais les négociations en cours peinent à aboutir. Pour les agriculteurs de Gaza, l’enjeu est double : préserver ce qui reste des oliveraies et préparer la reconstruction, une fois le conflit terminé. « Même si la guerre s’arrête demain, il faudra des années pour retrouver nos terres », confie un ancien producteur à RFI. Dans l’immédiat, la communauté internationale observe de près l’évolution de la situation, notamment après les dernières audiences à la CIJ prévues pour le mois de mai 2026.

Alors que les oliveraies de Gaza, autrefois symbole de résilience, risquent de disparaître sous les décombres, la question de leur préservation se pose avec une urgence croissante. Entre héritage culturel, enjeu économique et drame humanitaire, l’avenir de cet arbre emblématique reste plus incertain que jamais.

L’olivier est bien plus qu’un arbre pour les Palestiniens : il incarne leur attachement à la terre, leur histoire millénaire et leur résistance face aux conflits. Symbole de paix et de prospérité, il est aussi au cœur de la cuisine locale et d’une économie rurale essentielle, notamment via la production d’huile d’olive, l’un des principaux produits d’exportation avant la guerre.