Selon BFM Business, le taux d'absence pour maladie a été nettement réduit dans l'usine allemande de Tesla. Mais ce résultat s'explique notamment par le gel du salaire de certains employés concernés. Cette pratique a permis à l'entreprise de réduire le nombre d'arrêts maladie, mais elle soulève des questions juridiques.
Ce qu'il faut retenir
- Le taux d'absentéisme pour maladie a été réduit de 17% à 5% dans l'usine allemande de Tesla.
- La pratique de gel des salaires pour les employés en arrêt maladie a été utilisée pour réduire les absences.
- Des spécialistes du droit du travail jugent que les mesures prises par Tesla pour limiter les arrêts maladie soulèvent des questions juridiques.
Le contexte
La « gigafactory » de Grünheide, au sud-est de Berlin, a connu un taux d'absentéisme pour maladie élevé, notamment en août 2024, où il avait grimpé jusqu'à 17%. Pour lutter contre ce phénomène, Tesla a envoyé des cadres sonner au domicile d'employés absents pour maladie, sans préavis, pour contrôler la réalité de leur arrêt maladie. Cette « patrouille maladie » avait alors permis de réduire à 9% le taux des absents.
Début 2025, un communiqué du puissant syndicat allemand IG Metall avait dénoncé une dégradation du climat social au sein de l'usine berlinoise de Tesla du fait de pratiques ciblant les salariés absents pour maladie. IG Metall assurait que l'entreprise avait souvent remis en question les certificats médicaux des employés concernés, leur demandant de divulguer leurs diagnostics et de lever le secret médical.
Les mesures prises par Tesla
Selon des documents transmis à Handelsblatt par plusieurs comités d'entreprise, Tesla aurait recommencé à cibler les salariés absents pour maladie dans son usine d'outre-Rhin. Des lettres ont été envoyées à certains employés en arrêt maladie pour les informer que leur salaire serait gelé, similaire à des courriers qui avaient déjà été envoyés en 2024.
« Aucun nouveau versement de salaire en raison d'une éventuelle prolongation de l'arrêt maladie », indique l'une de ses lettres. L'entreprise assure que la maladie déclarée par le salarié n'est pas nouvelle et qu'il n'a pas le droit au maintien de son salaire. « Nous partons donc du principe que vous êtes en situation de prolongation d'arrêt maladie et nous contestons la guérison de la maladie pour laquelle vous avez obtenu un certificat médical, ainsi que l'apparition d'une nouvelle […] maladie », écrit l'entreprise.
Les questions juridiques
En Allemagne, un salarié en arrêt maladie peut prétendre à un maintien de son salaire, versé par l'employeur, pendant six semaines – au-delà, des indemnités sont versées par sa caisse d'assurance maladie. S'il est encore arrêté pour la même maladie, le maintien du salaire par l'employeur n’est possible que s'il a depuis repris le travail pendant six mois consécutifs ou si douze mois se sont écoulés depuis le premier arrêt, explique en effet la Chambre des travailleurs du land de Sarre (Arbeitskammer des Saarlandes).
Toutefois, s'il tombe malade pour une autre raison, « il a droit de nouveau à un maintien de salaire allant jusqu’à une période de six semaines », précise-t-elle. Dans la lettre consultée par Handelsblatt, Tesla affirme que le salarié doit prouver que sa maladie est récente et réclame que l'employé dévoile son dossier médical et que son médecin traitant lève le secret médical.
Il est important de rester informé sur cette situation et de suivre les développements futurs. Les enjeux sont importants, notamment en termes de protection des salariés et de respect des lois du travail.