À Hong Kong, où l’espérance de vie est la plus élevée au monde, des centaines de personnes âgées font face à une précarité grandissante. Selon Ouest France, certaines n’ont d’autre choix que de fouiller les rues à la recherche de cartons et de déchets recyclables, qu’elles revendent ensuite à des recycleurs pour obtenir un revenu minimal.
Ce qu'il faut retenir
- Hong Kong enregistre l’espérance de vie la plus élevée de la planète, avec 85,29 ans en 2025.
- Malgré ce constat, de nombreux seniors vivent sous le seuil de pauvreté, contraints à des activités informelles pour subsister.
- Les « mamies du carton », surnom donné à ces collectrices, parcourent quotidiennement les trottoirs pour récupérer des matériaux recyclables.
- Les cartons et déchets triés sont revendus à des centres de recyclage, leur rapportant entre 10 et 30 HKD par jour (environ 1,20 à 3,70 euros).
- Cette pratique illustre les inégalités persistantes dans l’une des villes les plus riches d’Asie.
Selon Ouest France, cette situation touche particulièrement les personnes âgées, dont le nombre augmente avec le vieillissement de la population hongkongaise. Les retraités disposant de pensions insuffisantes se tournent vers cette activité pour compléter leurs revenus, souvent dérisoires. « On n’a pas le choix, c’est une question de survie », confie Lee Mei-ling, 72 ans, qui collecte des cartons depuis cinq ans dans les quartiers de Mong Kok et Sham Shui Po. « Sans ça, on ne pourrait même pas payer nos médicaments. »
Les rues de Hong Kong, ville densément peuplée où chaque mètre carré a un prix, deviennent ainsi des terrains de prospection pour ces seniors. Les cartons, plastiques et métaux sont soigneusement triés, puis revendus à des intermédiaires. Le prix de rachat varie selon le poids et la qualité des matériaux. D’après Ouest France, une personne âgée peut ainsi gagner entre 10 et 30 HKD par jour, soit l’équivalent d’un repas dans un restaurant modeste. « C’est épuisant physiquement, mais c’est mieux que de mendier », explique Wong Kwok-fai, 68 ans, qui arpente les marchés de nuit de Causeway Bay chaque soir.
Une pratique ancrée dans le paysage urbain hongkongais
Cette collecte de déchets recyclables n’est pas un phénomène récent. Depuis les années 2000, elle s’est développée avec la hausse du coût de la vie et l’insuffisance des systèmes de protection sociale pour les personnes âgées. Selon les données du gouvernement hongkongais, près de 15 % des plus de 65 ans vivent sous le seuil de pauvreté. Les « mamies du carton » représentent une partie visible de cette précarité, bien que leur nombre exact reste difficile à établir.
Les autorités locales tentent de réguler cette activité, notamment en développant des programmes de recyclage officiels. Cependant, ces initiatives peinent à toucher l’ensemble de la population concernée. « Les centres de recyclage municipaux paient mieux, mais ils sont saturés et situés loin des zones où vivent les seniors », précise Ouest France. Les collecteurs informels restent donc indispensables pour une partie de la population, malgré les risques encourus – accidents de la route, conflits avec d’autres collecteurs, ou encore arrestations pour collecte illégale dans certaines zones.
Des solutions limitées pour une problématique structurelle
Face à cette situation, des associations locales tentent d’apporter un soutien. L’organisation Caritas Hong Kong propose des ateliers de tri et de vente de déchets pour les personnes âgées, leur permettant de générer des revenus dans un cadre plus sécurisé. « On leur apprend à trier correctement et à négocier avec les recycleurs », explique un responsable de l’association. Pourtant, ces initiatives restent marginales et ne touchent qu’une infime partie des personnes concernées.
Le gouvernement hongkongais a mis en place des aides sociales, comme l’allocation pour personnes âgées dépendantes, mais leur montant reste insuffisant pour couvrir les besoins de base. « Les pensions couvrent à peine le loyer et les factures d’électricité. Le reste, il faut le gagner soi-même », confie Lee Mei-ling. Les associations plaident pour une revalorisation des minima sociaux et un renforcement des programmes de recyclage accessibles aux seniors.
Cette réalité hongkongaise interroge sur les limites des systèmes de protection sociale dans les mégalopoles asiatiques, où la prospérité économique coexiste avec des inégalités criantes. Les « mamies du carton » en sont l’un des symboles les plus visibles.
La majorité des seniors hongkongais disposent de pensions insuffisantes pour couvrir leurs besoins de base. La collecte de cartons et déchets recyclables leur permet de générer un revenu complémentaire, souvent vital pour payer loyers, médicaments ou nourriture. Cette activité reflète aussi les lacunes du système de protection sociale local.